La roue des rêves

 
 

Japon, carnet de voyage 8

Itinéraire

Osaka - Kyoto - Osaka - Himeji - Shikoku - Kyushu - Osaka - Tokyo

Kilomètres japonais: 1'820

Itineraire japon

Shanghai, zone d’embarquement du ferry pour le Japon. Nous observons minutieusement les visages des passagers qui nous accompagnent pour ces 46 heures de bateau afin de repérer d’éventuels visages japonais. Curieux et impatients que nous étions d’arriver dans ce nouveau pays, attendu particulièrement par Julie depuis fort longtemps. Et les différences ne tardent pas à nous bondir aux yeux. Non pas par des faciès caractéristiques mais par le comportement des uns et des autres. Alors que les volubiles et audibles chinois ne passent pas inaperçus, une partie des passagers sont discrets, extrêmement polis et courtois. Ils sont japonais ! Contraste de culture, il nous apparaitra ensuite que de nombreux traits de culture j! aponaise se différencient largement des autres cultures asiatiques. Et ça, nous européens ou occidentaux, nous ne le voyons que de là-bas.

Errances japonaises

Cette fois, pas d’axe nord-sud ou est-ouest ni de trajet en ligne directe de A à B. Le point final de notre périple japonais n’est encore pas connu lorsque nous prenons la route depuis Kyoto ou nous avons passé 10 jours avec le papa et le frère de Julie. Nous nous trouvons au milieu de l’île principale (Honshu) et avons bien envie d’en voir les 2 bouts. Ce dilemme sera le point de départ de nos errances japonaises. Les nuits fraîches et la neige des montagnes du centre nous poussent dans un premier temps à mettre le cap au sud. Alors que 10 jours plus tôt nous avions fait route inverse depuis Osaka, nous nous retrouvons une nouvelle fois dans cette immense agglomération qui s’étend sur près de 100 kilomètres de Kyoto à Kobe en passant par Osaka où nous devons aller chercher nos visas russes. Notre patience est mise à rude épreuve par les feux de circulation incessants. On appellera ça le « stop and go » japonais. Celui-ci apparait environ tous les 300 mètres dans les agglomérations et au vu de l’inertie de notre lourd chargement, cela ne nous avantage guère… Avec ces jours de repos et de visites à Kyoto, nous avons eu la chance de découvrir une facette du Japon traditionnel, mais il reste tant à voir, à faire, à découvrir et à vivre. Nous sommes heureux de nous retrouver sur notre observatoire mobile et ne perdons rien du spectacle qui s’offre à nous.

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Nous roulons en direction d’Hiroshima, mais soudain l’île de Shikoku nous appelle lorsque nous nous trouvons près d’un pont y menant et nous y sommes comme aspirés. Nous y trouvons des montagnes verdoyantes, des zones de cultures importantes ainsi que de belles échappées sur la mer et les îles avoisinantes. Nous y subissons aussi notre première journée complète de douche japonaise où une pluie battante se déverse sur nous à tel point que le fond de nos sacoches étanches commence à se remplir d’eau et que nous finissions la journée tout « fripés » dans un brouillard épais nous obligeant à ralentir… même en vélo ! Nou! s aurons eu plusieurs occasions de tester ces journées de bains publics forcés. Un ferry nous emmène ensuite sur l’île de Kyushu, le portail vers l’occident du Japon où l’influence de l’ouest qu’il soit chinois où européen est soit disant le plus important, bien qu’invisible pour nous. Le passage sur cette île, plus attendu, ne nous aura pas déçus. Tout commence par la ville fumante de Beppu où les sources thermales sont omniprésentes. Nous en profitons pour tester dans le désordre, bains thermaux naturels, bains de vapeurs pour les jambes, pierres chauffantes, onsens traditionnels et parcours de fumerolles sulfureuses. Nous attaquons ensuite la partie plus montagneuse et volcanique de l’île. Et comme partout au Japon, nous roulons au milieu d’une dense forêt étalant toutes les palettes de vert sur les différentes strates q! ue nous pouvons observer. Et dans cette région somptueuse, nous versons des larmes de bonheur lorsque du sommet d’un col nous pouvons admirer un panorama unique de vertes vallées avec un arrière fond de majestueux volcans. Nous faisons vraiment dans le « happy riding ». Nous décidons alors de pousser vers le port le plus septentrional de l’île, Nagasaki. Nous y réalisons l’horreur que cette ville a vécu en 1945 lorsque la deuxième  bombe atomique y a explosé et détruit une grande partie de la ville.

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A ce moment-là, il est temps pour nous de changer de cap et de nous orienter vers Tokyo qui sera finalement notre porte de sortie du Japon. Nous avions hésité à ajouter un petit détour par la Corée du Sud à notre plan initial de nous rendre en Russie par voie maritime puis d’emprunter le transsibérien pour nous rapprocher de l’Europe. Mais suite à d’innombrables tergiversations, nous avons opté pour un vol nous emmenant directement à St.-Pétersbourg depuis Tokyo. Plus rapide, moins cher, sans problèmes pour mettre le vélo et surtout avec la possibilité de nous rendre en ville de Tokyo. Nous passons donc une nuit sur le ferry pour nous retrouver à Osaka, pour la troisième f! ois. Sur cette dernière portion de route nous emmenant jusqu’à Tokyo, nous rêvons du Mt. Fuji, véritable icône du pays. Pas de chance pour nous, bien que nous soyons passés au pied de son cône, il restera bien calfeutré derrière de gros nuages. Notre entrée dans l’agglomération tokyoïte génère chez nous quelques craintes de 100 kilomètres de « stop and go » mais il n’en aura rien été. Plus la ville se densifie, plus les autoroutes prennent de la hauteur en absorbant une grande partie du trafic. On roule dans Tokyo, une des plus grandes villes du monde, sans avoir besoin de s’arrêter et pratiquement sans trafic. Après 1'820 km au Japon, nous arrivons à l’aéroport et nous savons déjà que nous n’allons pas dire nos « adieux » mais bien des « au revoir » à ce pays que nous avons tant apprécié.

Une journée de vélo au Japon ?

Tout commence généralement dans un parc public du centre d’une ville ou d’un village. Nous voilà réveillés de bon matin par les promeneurs, les coureurs, les sessions de tai-chi ou autres swing-golf mobiles. Le parc public est un véritable poumon de bien-être dès le jour levé et on apprécie voir tous ces gens s’activer pour éveiller leur corps dès notre premier regard porté hors de la tente. Nous profitons de ces instants pour déjeuner tranquillement et faire notre paquetage journalier sous l’œil discret de nos nouveaux voisins. De rares curieux osent accompagner leurs salutations de quelques questions sur les raisons de notre présence au Japon. Nous nous délectons de ! ces moments de partage. A noter que le camping dans les parcs publics est toléré ici, notamment pour les jeunes de passage. Le risque, contrairement à nos contrées, est nul. Délinquance, alcooliques ou clochards sont absents. Seul le bruit des balles de swing-golf nous aura poussé à plier rapidement notre matériel au milieu du jeu déjà débuté tout autour de nous. La journée commence donc dans un mode très agréable. Sur la route, nous pouvons ensuite observer le bal des écoliers en uniforme se rendant à Img 8020l’école. Nous voilà lancés pour la journée. Près de midi, nous faisons halte dans un restaurant en bord de route. On complète notre palette de dégustation de la cuisine japonaise à mesure que nous avançons dans le pays. Celle-ci est étonnante de diversité, de goûts inconnus et de légumes étranges pour un prix défiant toute envie de se lancer dans la cuisson de nos propres pâtes ou riz habituels. On se régale. Mais déjà notre envie d’en voir plus nous renvoie sur la route pour l’après-midi. Tout au long de notre parcours, nous croisons distributeurs de boissons (même au sommet des cols en pleine forêt) et « convenience stores » qui comme leur nom l’indique proposent tout ce dont nous avons besoin pour terrasser l’arrivée de fringales. Nous filons ainsi jusqu’au soir venu à travers villes, villages, ports, champs et forêts. Vient alors la récompense finale du cyclovoyageur au Japon : le bain japonais ! Appellé « onsen » dans sa version source thermale ou « sento » dans la version eau chauffée, ils sont le lieu de tout un pan de vie japonais. Séparés homme-femme et nus, on y vient en famille pour se détendre ou pour la toilette quotidienne. Nous y découvrons aussi le véritable plaisir de nous savonner longuement. Pour une fois, contrairement à la douche utilitaire de chez nous, il faut vraiment prendre du temps pour se savonner, se frotter à l’aide de linges, etc… Propres comme des sous neufs, nous nous dirigeons ensuite dans le parc le plus proche pour y établir notre campement. Petite popote et grands moments, voilà la fin de notre journée japonaise.

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Culture japonaise

Le Japon possède une des cultures les plus fortes que nous connaissons. Elle a pris sa source en partie sur les mêmes fondements philosophiques que la culture chinoise mais ne cesse depuis d’évoluer et de s’en différencier. Notamment au cours d’une longue période d’isolement par rapport au monde extérieur sous le shogunat Tokugawa (1603-1867). Cette culture ancestrale forte, puissante et complexe, régit la vie des japonais en de nombreux points, notamment pour les aspects de la vie publique. Ainsi, le code des bonnes manières est un des éléments essentiels de la culture. Alors que dans nos sociétés on enseigne culpabilité et moralité des actes en cas de non-respect des règles, la société japonaise raisonne plutôt en culture de la honte, qui prévient un individu de sortir du cadre par crainte de se faire remarquer et/ou d’être jugé par ses pairs. Ces fortes spécificités culturelles sont enseignées dès les premières classes d'école où les enfants apprennent à se comporter en « bons japonais ». C’est aussi la source d’un fort sentiment d’appartenance. Il n’est donc habituellement pas facile pour un « étranger » de s’intégrer sur le long terme et la population étrangère est quasi nulle (près de 2%).

Et nous dans tout ça ? Nous nous délectons de toutes ces spécificités bien japonaises et tentons de « japoniser » notre comportement. Le plus remarquable est la signalisation du respect qui accompagne les salutations et qui nous voit donc incliner la tête très fréquemment. La langue en elle-même est, pour nous, plus compréhensible que le chinois car composée de sons qu’il nous est possible de reproduire. Mais sa forme écrite reste très difficile à déchiffrer. Surtout que 3 formes d’écritures différentes sont utilisées selon le contexte. Lorsque nous demandons notre route, l’engagement des japonais est total et ils n’hésitent pas &agrav! e; nous accompagner un bout pour nous montrer le chemin. La notion de service public est importante et passe au-dessus de toute considération personnelle. Nous observons ainsi des dizaines de traits et habitudes ancrées dans le comportement des gens au quotidien et sommes surpris de leur apparente uniformité et constance. Dès que nous agissons de façon plus « conforme », nous avons presque la sensation de nous sentir, nous-même, japonais. Le Japon possède une culture et un art de vivre unique et s’y frotter c’est l’apprécier. Nous sommes véritablement conquis par cette culture.  

Les rencontres

Réservés, polis et discrets, il n’est habituellement pas facile d’entrer en contact avec les japonais. Notre tandem nous offre cependant des opportunités uniques de passer les barrières. Nous sommes donc privilégiés de pouvoir conter un bout de notre voyage sur la route, lors d’arrêt au supermarché, dans le ferry ou dans les bains publics ! Nos explications en « anglo-franponais » génèrent chez nos interlocuteurs une gamme entière de sons gutturaux exprimant en « ahhh » et en « ohhh » leur étonnement et leur surprise. Mais c’est lorsque le mot « honeymoon » apparait dans notre récit que les exclamat! ions deviennent totales. Alors, chacun se dresse bien droit et joint les deux mains en de frénétique micro-applaudissements toujours accompagnés de sons d’extase. Mais soudain, bien souvent, l’envie irrépressible de partager ce qu’ils viennent d’apprendre les emporte quelques mètres plus loin jusqu’au premier venu. Ce dernier reçoit donc les explications complètes que nous venons de donner et la sympathie conjointe de nos 2 interlocuteurs accompagne notre départ.

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Parmi les nombreuses rencontres, une a particulièrement marqué nos esprits. Nous faisons la connaissance d’Akira, un cycliste de passage, au pied du Mt. Fuji. Un échange qui nous aura vu (dans le désordre) : discuter à bâtons rompus sur la culture japonaise, rouler 90 kilomètres avec lui, visiter un temple, recevoir des dizaines de présents, dormir chez lui à la japonaise (tatami – futon), manger d’excellents sushis, faire un tour dans un onsen multicolore et en fourgonnette de police (plus de détails dans nos carnets de route en cliquant ici). Cette rencontre ne cesse de nous rappele! r le début d’une citation de Jean-Jacques Rousseau disant « L’homme est fondamentalement bon ». Nos expériences japonaises nous ont clairement fait oublier la fin de cette dernière : « et c’est la société qui le déprave ».

D'autres photos ainsi que le détail de nos carnets de route au quotidien sont en ligne sur notre site http://www.la-roue-des-reves.com/!
On remercie chaleureusement tous nos sponsors, particuliers et entreprises, qui soutiennent notre aventure!

Sponsors

 

 

 
Commentaires (3)

1. Arlenevak 22/07/2017

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2. DorothyMoG 19/07/2017

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3. Sandell (site web) 17/08/2014

Alors que vous êtes déjà rentrés, je termine de lire votre dernier carnet de voyage sur le Japon. C'était un vrai plaisir de s'imaginer en vacances dans un si beau pays.... Je ne pensais pas que les japonais étaient si aimables et si différents de notre société occidentale, ceci malgré leur amour du capitalisme et de la consommation. J'ai beaucoup aimé imaginer les onsens... drôles de coutumes !!!!

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