La roue des rêves

 
 

Sur la route de la maison - Carnet de voyage 9

Itinéraire

Helsinki (FI) - Jyväskylä (FI) - Turken (FI) - Stockholm (SE) - Örebro (SE) - Fredrickshavn (DK) - Holstebro (DK) - Freiburg (D) - Rapperswil (CH)

Kilomètres scandinaves : 1'215 km à vélo

Vélo / Train, bus, bateau

Itine raire saint pe tersburg maison 1

Il y a parfois des choses difficiles à finir. Finir ce carnet de voyage, c’est clôturer nos aventures, mettre un point final à notre voyage alors qu’attendre un peu, c’est le faire durer un peu plus longtemps. Après 3 mois, nous voilà prêts à faire ce pas, un pas de plus vers notre retour complet. Mais tout d’abord, commençons par un petit flash-back !

Saint-Pétersbourg, dans un café du Boulevard Nevski, café dans une main, tourte aux carottes dans l’autre

Img 8258Voilà, le saut est fait. Nous sommes en Russie, de retour en Occident. Nous sommes pantois ou hagards, perchés sur un haut tabouret d’un café du boulevard le plus fréquenté de la ville. Nous observons ce monde occidental que nous avions quitté il y a quelques mois. Les gens marchent, discutent, se regardent. Nous, on scrute en silence, on discerne, on observe, on ne reconnaît rien, ou plus. Les faciès des gens nous perturbent, ils sont bizarres, ils ont une drôle de forme et se ressemblent tous! Nous voyons les quelques touristes asiatiques comme des frères, comme enfin un peu de normalité. C’est alors que le serveur nous aborde en russe puis en anglais. On répond en inclinant la tête ! Notre langue se tord dans tous les sens, mais rien n’arrive. Nous sommes muets comme des carpes. A l’exception de notre apparence, nous reproduisons malgré nous tous les faits et gestes d’un touriste chinois ou japonais. Nous nous étions préparés depuis longtemps à revenir dans le monde occidental, mais nous n’avions pas imaginé voir ce monde avec un regard d’orient. Etrange et intéressante sensation, malheureusement ou heureusement éphémère. 3 jours plus tard, nous retrouvons nos marques (un peu) et surtout la parole (beaucoup).

Saint-Pétersbourg, la splendide

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Nous sommes subjugués dès notre arrivée par l’énormité et la beauté de cette ville. Ici, tout transpire l’histoire. Les pierres nous racontent les années glorieuses de la ville, ancienne capitale de l’empire russe. Pour une fois, nous laissons le vélo dans une auberge et arpentons la ville en vrais touristes. On marche, on observe, on s’émerveille. Il y a une atmosphère unique qui nous offre des effluves de fastueux bals d’époque, de transports en calèches, de promenades inspirantes et de gigantesques parcs soignés où on peut encore humer la trace de grands écrivains et artistes. Mais on y trouve aussi des bâtiments massifs, frontaux et démesurés proposant le meilleur du communisme. L’Europe fait incursion dans la ville par la mer Baltique, qui s’étire en de nombreux canaux entre les bâtiments, telles des racines prenant ancrage. L’appel du large se fait alors aussi sentir pour nous et nous embarquons après 3 jours de véritable plaisir dans un ferry nous emmenant vers nos prochaines aventures vélocipédiques.

Finlande, au pays des rennes

Dès nos premiers tours de pédale, nous réalisons que le regard qu’on nous porte a changé, passant de la curiosité en Asie à des regards très contrastés. Ici, nous sommes perçus soit comme de vaillants sportifs partant à l’assaut du Grand Nord, soit avec une dose entière de dédain comme des personnes « peu recommandables » venant gonfler le lot de gens marginalisés tels les clochards, alcooliques ou toxicomanes, malheureusement nombreux ici. Qu’importe, nous faisons notre chemin et partons en direction du Grand Nord, des rennes, du soleil de minuit et du père Noël. Notre premier arrêt dans un supermarché aura marqué un changement radical dans notre chargement: nous repartons avec un gros sac supplémentaire de nourriture, doublant notre capacité de stockage… et de déstockage. C’est que maintenant, nous voyageons à trois et la suffisance alimentaire semble (involontairement d’ailleurs) être un point primordial de l’équipe de pédalage.

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Sur la route, les villages se font rares, les lacs sont nombreux et la nuit s’écourte jusqu’à ne plus se faire. Nous roulons au milieu de forêts de pins s’étendant à perte de vue et bénéficions de couleurs incroyables lorsque le soleil daigne descendre sur les lacs les plus proches. Alors que nous pourrions rouler jour et « nuit », notre petit habitant modifie quelque peu l’appétit vélocipédique de toute l’équipe. La tant redoutée lassitude « pin-caillou-pin-lac-pin-caillou-pin » s’installe et le menu kilométrique gargantuesque planifié (près de 200 kilomètres par jour) est devenu indigeste. Notre rythme adapté nous permettant environ 50 kilomètres par jour, la seule semaine nécessaire à rejoindre le grand nord norvégien se transforme en 4 semaines !

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C’est alors que les plateaux du vélo arrivent en fin de vie, tout comme notre envie de quête du grand nord... C’est décidé, dès aujourd’hui, depuis le centre de la Finlande, nous mettrons le cap en direction de la maison et cesserons de nous en éloigner. Comme Maman et Papa ours, nous réalisons que l’idée de notre jolie tanière est ce que nous désirons le plus pour notre petit ourson. Nous voilà donc sur un nouveau ferry nous emmenant à Stockholm cette fois.

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Suède, itinéraire imprévu

A notre arrivée à Stockholm, nous retrouvons un endroit que nous avions déjà foulé dans le passé. La ville nous avait déjà plu, elle reste aujourd’hui une perle à nos yeux. Dans l’attente des pièces de notre vélo, nous profitons pleinement de cette ville où nous nous sentons bien. Il règne ici une atmosphère joyeuse, de la joie de vivre qui fait plaisir à voir. On découvre aussi petit à petit les fragments de racines suédoises de Julie, son grand-père étant suédois d'origine. Alors que notre parcours devait passer dans le grand nord du pays, nous nous penchons sur les possibilités de rejoindre le Danemark et optons pour un itinéraire transverse nous menant à Göteborg où on pourra prendre un ferry pour le nord du Danemark. Tantôt sur des routes à faible trafic, tantôt sur de grands axes, nous traversons de nombreuses forêts et champs cultivés et longeons de grands lacs et bras de mer. Alors que les villages sont plutôt insignifiants si ce n’est pour leurs ravitaillements, nous tombons tour à tour sur de magnifiques petites villes comme Mariefred ou Örebro. Pures merveilles de route conjuguant au pluriel maisons colorées, petits châteaux, paysages verdoyants, rivières et lacs, ces petites bourgades sont également de véritables havres de paix. Un nouveau problème mécanique vient alors perturber notre marche ou notre roulage : la roue arrière marque des signes flagrants de détresse. Les assauts répétés du bitume et le poids combiné des deux pédaleurs (trois maintenant ;-)) et de leurs bagages ont eu raison de cette partie maîtresse de notre maison à deux roues. Au bout de leur épuisant travail, les rayons cèdent les uns après les autres, seuls ou collectivement (jusqu’à 4 rayons à l’heure). Ces démissions de masse nous affectent rapidement. A court de rayons, nous devons effectuer nos derniers kilomètres suédois en train jusqu’à la deuxième ville du pays, Göteborg. Nous retrouvons ici une activité humaine et industrielle importante qui contraste largement avec le centre de la Suède. Mais à peine avons-nous eu le temps de faire un tour de ville que notre ferry siffle déjà le départ pour la dernière ligne droite avant notre arrivée en Suisse.

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Danemark, première tentative de sédentarisation

Dès notre arrivée, nous constatons deux caractéristiques élémentaire du Danemark : c’est plat et il y a du vent ! Bonheur et désespoir du cyclo-voyageur chargé de lourd et volumineux bagages. Nous affrontons donc le vent ralentissant kilomètre après kilomètre notre arrivée chez ma sœur, habitant au nord du Danemark avec sa famille depuis plusieurs années. Cela faisait longtemps que nous nous réjouissions de notre passage chez eux, depuis avant le départ à vrai dire! Nous n’avions pas imaginé avant d’y être que cela allait être une simulation d’un micro-retour, nous préparant au grand retour chez nous. Aussitôt arrivés, nous sommes soudain à nouveau en mesure de discuter d’un passé commun avec quelqu’un, de nous confronter avec nos anciennes habitudes et d’expérimenter la sédentarisation, la vie quotidienne. Alors que seul le présent rythmait notre quotidien et les rencontres éphémères que nous faisions, le passé et le futur font à nouveau irruption dans notre vie. Etrange sensation. C’est aussi le dernier grand point de passage de notre périple, le dernier avant la maison. Dès lors, notre vue va se diriger vers le cap « home ». Cette fois, on y est. Le retour approche, vraiment ! Mélange d’appréhension et de réjouissance.

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Ces quelques jours de repos et de discussion auront aussi permis à notre fidèle transporteur de tenter d’enrayer la mutinerie des rayons en cours. Un passage éclair chez un vélociste nous permet de remettre tout le monde à sa place. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Quelques kilomètres plus loin, déjà, la mutinerie rayonne à nouveau… La Suisse s’éloigne temporellement, mais on veut la voir de plus près. Le problème sera résolu à l’aide d’un fameux « coup de train » en pleine diagonale. On arrive à Freiburg, aux portes de la Suisse. Le diagnostic de cette trop fameuse roue désormais est claquant ! La jante est devenue un peu ovale sous le poids de l’âge, une déformation irrémédiable, forçant les vaillants rayons à casser leur contrat de soutien. Mais paradoxalement, ce diagnostic nous encourage à garder notre patience car nous savons de quels maux souffre notre roue. Nous allons l’emmener jusqu’au bout de notre voyage.

La Suisse ou le plaisir du Suisse-allemand

Lorsque j’étais rentré de mon précédant voyage à vélo, le beuglement des vaches et le son des cloches dans le métro de l’aéroport de Zürich avaient fait apparaître quelques larmes d’émotion sur mes joues. Cette fois, nous sommes ébahis d’être enchantés et émus d’entendre des gens parler Suisse-allemand autour de nous ! Pour la première fois depuis des semaines, le paysage devient vallonné et les Alpes apparaissent au loin. Nous avions longuement parlé en roulant dans les quatre coins du monde sur le fait qu’il existait dans notre si petit pays des endroits où nous n'étions jamais allés ! Nous décidons donc de faire un petit tour de Suisse avant d’arriver à la maison et venant de si loin, nous réalisons vite que cela se fait très rapidement! On profite ainsi de s’acclimater doucement en remontant le Rhin depuis Bâle jusqu’à Schaffhouse puis en coupant dans les vertes collines de l’arrière pays zurichois et saint-gallois jusqu’en Appenzell. Perchés à plus de 1'000 mètres d’altitude, nous nous émerveillons pleinement de ce panorama exceptionnel !

Appenzell



Mais voilà, l’été disparaît soudain pour quelques jours, le ciel s’assombrit, la neige s’approche, une pluie froide et continuelle nous refroidit et un épais brouillard enveloppe tous ces merveilleux paysages. Tout comme un mirage qui disparait ! Dès lors, les réjouissances alpines à venir sont reportées en raison de la neige.

Nous voilà donc arrivés aux portes de chez nous, prêts à faire cette fois le grand saut de la sédentarité. Notre arrivée prévue le 26 juillet nous laisse toutefois encore un peu de temps pour nous accrocher à notre vie de nomade. Nous profitons de nos dernières nuits sous tente sans nous réjouir de retrouver notre appartement. Notre véritable maison est devenue notre tente. Cet espace restreint est notre petit cocon, l’air y est pur, les matelas durs à souhait, le sommeil facile. Peut-être est-ce là, la transition la plus difficile ? Nous reviendrons sur le sujet très prochainement. Il ne nous reste plus que quelques coups de pédales avant notre arrivée. Nous connaissons maintenant chaque petite bosse de la route, chaque montée, chaque virage. Nous avons du plaisir à retrouver notre lac, le Lavaux, les vignes et dans quelques kilomètres nous retrouverons aussi avec bonheur notre famille, nos amis, pourtant un petit pincement vient entraver cette réjouissance : cette fois, notre rêve arrive à sa fin ! Allons-nous nous réveiller brutalement ? Notre questionnement reste rapidement en suspens. Nous voici sur le point de rendez-vous !!!

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Un grand merci pour nous avoir suivi tout au long de notre aventure. Notre voyage n'aurait pas été pareil sans vous et nous sommes très heureux d'avoir pu partager un maximum avec notre fidèle équipe du porte-bagage.
 
Si, ne serait-ce que quelques minutes, vous vous êtes sentis à l'arrière de notre tandem alors notre voyage est une réussite! Comme nous disions avant de prendre la route :
 
"Quant à l’émerveillement nous espérons qu’il sera le troisième voyageur sur notre tandem ! Cette capacité à s’émerveiller nous est chère et nous désirons la partager avec les gens qui nous suivront. A quand remonte votre dernier émerveillement ? Si nous arrivons, ne serait-ce qu’une seule fois, à transmettre notre émerveillement par nos récits de voyage alors notre but sera atteint." 

Nous vous souhaitons déjà de belles fêtes et si vous désirez partager notre aventure, jetez un oeil à nos calendriers 2015. Vous pouvez passer commande sur le site ou en répondant directement à cet email.

On remercie chaleureusement encore tout nos sponsors qui ont soutenu notre aventure!

Sponsors
 
 
 
Commentaires (5)

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5. caroline et stéphane 20/12/2014

Ah là là là, je viens tout juste de découvrir votre suite après avoir remis la main (enfin ...) sur la carte que vous nous aviez laisser un soir de passage dans notre maison de Marcoux. Je n'ai pas encore eu le temps de parcourir toutes vos aventures mais vous semblez pleinement heureux de votre périple. Sans internet à la maison, l'égarement de votre carte de visite et pris dans le train train quotidien, on avait jamais pris le temps de vous envoyer un petit message .... Juste un petit coucou à vous de France, votre passage chez nous et notre deuxième rencontre insolite perdu au milieu de tout ou de rien (comme on veut) nous a laissé un bon souvenir !
Passez de bonnes fêtes de fin d'année
Stéphane, Caroline, Cléo et Lili

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