La roue des rêves

 
 

Chine, 7ème carnet de voyage

Itinéraire

Pingxiang - Nanning - Binyiang - Laibin - Liuzhou - Yangshuo - Guilin -- Shanghai

Kilomètres au compteur: 6'795 km

Chine 2

 C'est du chinois!

Nous voilà face à un des pays les plus attendus de notre voyage, la Chine. Après y avoir roulé près d’un mois en 2008, j’étais impatient de franchir une nouvelle fois la frontière de cet immense pays, à quelques milliers de kilomètres des routes empruntées la première fois. A l’exception de quelques mots habitant encore ma mémoire et de certains traits culturels connus, peu de chose ressemblent à ce que j’avais vécu. Ici, c’est un autre climat, d’autres paysages, d’autres ethnies minoritaires, à une autre saison et presque à un autre époque, tant les choses évoluent vite en 6 ans. Toujours est-il qu’en foulant les premiers hectomètres de route de la province semi-autonome du Guangxi, n! ous avons la sensation d’entrer tous les deux dans un autre monde. Nos habitudes et nos repères sont aussitôt balayés. Nous roulons par un temps pluvieux au milieu d’une succession de forêts verdoyantes, de petits villages, de parcelles cultivée à la terre rouge ocre et où nous assistons au défilé de drôles de panneaux ornés de caractères pour le moins artistiques. On identifie çà et là un chien à 5 pattes, des carrés à cheveux, des petits triangles avec des barres, des petites tours de garde ou des combinaisons plus improbables de signes inconnus au bataillon et impossible à décrire. Mais aucun de ces caractères ne nous permet d’émettre le son qui y correspond. Pire, lorsque nous nous lançons, à l’aide de notre guide de conversation, dans des diatribes sonnant bien (pour nous au moins), nous confrontons notre incapacité à reproduire phonétiquement les mots que nous aimerions aligner. Nous remarquons aussi rapidement que nos interlocuteurs ne peuvent pas comprendre nos élocutions si celles-ci ne sont pas prononcées exactement. Chaque caractère ayant 5 intonations possibles, l’usage de l’une ou l’autre change rapidement un mot en un autre. Ayant perdu l’usage de notre bouche, nous donnons dans les gesticulations de nos bras en ajoutant une touche de sons gutturaux du plus bel effet. Vraiment, on n’y comprend rien et nos interlocuteurs non-plus. C’est du chinois ! Une expression qui a certainement du naître de cette confrontation.   

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En campagne

Fort heureusement, c’est incapacité notoire ne saurait durer et nous intégrons quelques mots supplémentaires utiles à notre périple. Notre premier objectif est de rejoindre Nanning. Alors que les autoroutes semblent particulièrement flamboyantes (comme celles sur lesquelles je roulais en 2008…), les routes sont plus cabossées voire pour certaines sections laissées à l’abandon. Nous faisons donc des heures de montagnes russes sur ces routes ou les rares camions n’avance pas à la moitié de notre vitesse. Avec notre tandem chargé, nous sommes passablement chahutés et nous ne pouvons rouler bien vite… Mais dans ces routes  faisant des méandres au milieu de la campagne chinoise, nous sommes littéralement projetés dans la ! vie quotidienne de centaines de personnes arquées dans les plantations de canne à sucre ou les champs de riz. Nous croisons fréquemment des chars en bois tirés par des buffles ou des petits camions transportant le dur labeur des plantations vers l’usine voisine. Les nombreuses pauses que nous faisons nous permettent de découvrir un peu plus de la culture chinoise, de leurs sourires et de cette langue si différente. Il est même arrivé que nous puissions recevoir une traduction d’un enfant apprenant l’anglais à l’école. Mais bien souvent, la seule communication possible est le sourire. Et nous en sommes ravis ! Plus que de simples paroles, ils transmettent beaucoup d’émotions, d’encouragements et de sympathie.

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Mais tu vas où ?

Après un passage à Nanning, petite ville de 2 millions d’habitants, nous fixons le cap vers Guilin et ses innombrables pics karstiques. Chaque jour nous décidons de la route à prendre, petite ou grande, avec ou sans asphalte, avec ou sans circulation. Et suivant l’envie ou l’humeur, nous nous retrouvons sur l’une ou l’autre avec à chaque fois son lot de surprises. Un jour alors que nous avons opté pour une très petite route correspondant à un raccourci de quelque 30 kilomètre sur notre carte, nous nous retrouvons sur une mauvaise piste se dégradant peu à peu sous une pluie battante. Les trous géants initiaux se transforment en étangs et le reste de la piste en bourbier. Nous avançons péniblement avec nos roues plutôt &eacute! ;troites et le poids de notre chargement. Véritable exercice de dextérité, nous manquons de peu de devoir rebrousser chemin lorsque la couche de boue couvrant la route devient trop épaisse pour maintenir le vélo debout sans s’enfoncer et tomber.Img 5176 Nous arrivons alors dans un petit village ou la route est à nouveau asphaltée mais où cette dernière semble se diviser en dizaines d’embranchements. Nous voilà donc à demander notre route aux habitants tous les 200 mètres. Souvent, on nous explique dans des tirades sans fin en chinois que nous devons aller probablement là, là, là et là. Nous bluffons un peu en répétant quelques mots mais nous retenons surtout la direction indiquée initiale! ment avec la main. Parfois, nous sommes épinglés et les gens remarquent que nous ne comprenons rien. Alors, ils prennent un papier et écrivent ce qu’ils viennent de nous expliquer en caractères chinois, car ça, au moins, nous devrions le comprendre. Tout se passe bien jusqu’au moment où pour la même destination, lorsque nous changeons d’interlocuteur, on passe du nord au sud ou de l’est à l’ouest en l’espace de quelques instant. Certains parlent de route fermée, d’autres nous disent que la rivière est infranchissable, d’autre nous envoient ailleurs et nous finissons par nous demander si notre destination leur est connue lorsque après 2 heures de ballotage de gauche et de droite, nous repassons par la même route qu’au tout début. Sachant que même si la personne ne connait pas la destination, elle vous pointera une direction pour ne pa! s perdre la face, nous commençons à sérieusement douter de notre stratégie. Nous voilà embourbé dans un trait de culture chinois et cela est nettement plus embêtant que la mauvaise route que nous avons empruntée pour y venir. Mais finalement, usant de notre boussole, nous prenons le bon cap, fonçons jusqu’à la rivière dans une dernière tentative et demandons non-pas notre destination mais juste pour traverser la rivière. Et comme par magie, on nous indique une pente abrupte descendant vers un petit bateau pour le passage. Nous sommes sortis de l’embourbement physique et culturel. Nous nous promettons alors de ne pas reprendreImg 5583 de si petites routes. Mais pas moins de quelques jours plus tard, nous craquons à nouveau!  devant une petite route passant au milieu de pics karstiques et nous nous retrouvons dans une situation similaire où cette fois nous rebroussons chemin après 2 heures d’errance. Nous nous perdons plus facilement en demandant notre route qu’en gérant par nous-même l’inconnue mais comme disait Nicolas Bouvier « En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence ». Et effectivement ces errances, presque invisibles sur la carte, nous ont permis de nombreux contacts et plongé encore plus dans la culture chinoise.

Hospitalité chinoise

Nous avons eu la chance d’être invités plusieurs fois durant notre passage en Chine. Et à chaque fois nous vivons et ressentons la culture chinoise avec plaisir. Bien que connaissant certains traits et codes de la culture chinoise, nous nous retrouvons vite dépassés par l’envie de bien faire de tout le monde et parfois, nous fonçons droit dans l’imbroglio culturel ou linguistique. Nos hôtes désirent avant tout nous rendre « heureux » et ils engagent leur honneur pour atteindre ce but. Une chance pour nous, heureux d’être bichonnés de la sorte et qui ne cessons de sourire et de dire que nous sommes heureux, à la pleine satisfaction de nos hôtes. Mais nous commettons de nombreux impairs mettant à jour tour à tour des traits de ! cette culture unique notamment concernant l’étiquette de table, les codes de boissons, la tenue à l’intérieur d’une maison ou les principes d’échange interpersonnels. Nous apprenons beaucoup, mais sommes encore très loin d’arriver à agir de façon appropriée. L’attention que nous portons à intégrer les us et coutumes nous aide à gagner l’estime de nos interlocuteurs malgré nos erreurs constantes, qui les font d’ailleurs parfois bien rigoler. Cette culture millénaire si différente de la nôtre ne se laisse pas assimiler facilement, au plus grand plaisir des voyageurs que nous sommes. Avant d’être un pays à voir, à manger ou à boire, la Chine est pour nous un pays qui se vit. Nous profitons alors pleinement des avantages du voyage en vélo pour nous imprégner de cette culture à la première occasion. Mais comme disent certains spécialistes, pour bien comprendre la culture chinoise, il faut se plonger dans l’histoire de la Chine. Et c’est vrai qu’il est rare de rencontrer un pays dont l’histoire plutôt récente impacte autant la vie présente des gens. On prendra pour exemple les politiques de Mao qui donne des familles à près de 10 enfants (1949 : politique d’industrialisation avec le slogan « une bouche deux bras ») et la mesure de l’enfant unique qui s’en est suivie (dès 1979). Ainsi, nos contemporains chinois ont près de 10 oncles et tante mais aucun frère ou sœur véritable. Ils remplacent le mot « cousin » par « frère »…  D’autre faits historiques tels que l’arrêt des explorations maritimes (1400, alors que des bateaux chi! nois était arrivé sur les côtes africaines) et la concentration sur les forces et valeurs de l’intérieur ont créé une culture unique et forte. On notera aussi que là où les bases constitutionnelles de nos cultures sont principalement chrétiennes, les fondements, ici, se basent sur des aspects moins religieux et plus philosophiques. Autant de particularités qui n’ont pas cessé de nos intriguer et que nous rêvons déjà d’approfondir à notre prochain passage dans ce pays.

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La Chine en mouvement

Si grande et si peuplée, la Chine est devenue durant les dernières décennies une puissance économique majeure. L’activité à proximité des villes y est bouillonnante. Forte d’une croissance impressionnante, certaines villes construisent des quartiers entiers de nouveaux gratte-ciel en une seule fois pour accueillir de nouveaux habitants. Nous nous sentons tout petits avec notre pourtant gros vélo. A mesure que nous avançons dans les villes, nous avons une sensation d’écrasement et sommes absorbés par le trafic. Mais ce qui nous choque le plus reste le niveau de pollution sans conteste le plus élevé que nous ayons rencontré. Durant tout notre périple chinois, nous n’avons pas eu l’occasion de voir le soleil en raison d’un smog persistant au-dessus de nos têtes et même parfois autour de nous, tel un brouillard jaune, dans certaines villes industrielles. Problème mondial du siècle, la pollution frappe particulièrement la Chine où industries et charbon ont une place importante. L’impact sur la santé de la population est d’ailleurs déjà très important. Nous nous sommes beaucoup interrogés sur les raisons qui permettent d’arriver à cette débâcle mais aussi pourquoi peu de choses sont entreprises pour réduire son amplification. Les débats animés sur le tandem n’ont pas permis d’aboutir à une conclusion probante mais nous devons concéder que la délocalisation en Chine des industries énergivores occidentales nous révolte quelque peu. Nous qui avons de l’air pur à la maison, nous nous disions que les enfants du coin n’avaient pas moins de droit que ceux de chez nous. Mais ça, c’est encore un autre débat.

Après avoir atteint Guilin, nous avons pris le train pour couvrir le reste de la distance énorme nous séparant de Shanghai et le ferry qui nous emmène à Osaka. Le soleil, que nous voyons d’ailleurs pour la première fois depuis un mois, se couche sur la mer de Chine. Demain, nous tournerons la tête et nous verrons le pays du soleil levant, le Japon.

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D'autres photos ainsi que le détail de nos carnets de route au quotidien sont en ligne sur notre site http://www.la-roue-des-reves.com/!
On remercie chaleureusement tous nos sponsors, particuliers et entreprises, qui soutiennent notre aventure!

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Commentaires (4)

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