Nouvelle-Zélande, île du Nord, 3ème carnet de voyage

Itinéraire

Auckland – Coromandel – Whitianga – Tauranga – Rotorua – Taupo – Taumarunui – Stratford – New Plymouth – Wellington

Kilomètres au compteur: 3'392 km

Carte du parcours, île du Nord, NZ

 

Nouveau départ !

Auckland, 1er janvier 2014, 23h45, nous atterrissons enfin en Nouvelle-Zélande. Bien compromis dans un premier temps, notre voyage va pouvoir se poursuivre avec 2 semaines d’avance sur notre planning initial. Alors qu’un voyageur se définit, dans le présent, par le voyage qu’il réalise, nous réalisons en posant pied à terre, que nous avons désormais quitté définitivement nos tuniques de patient ou de voyageur en latence. Tout recommence. C’est un nouveau départ. Nous sommes ravis d’être là avant même d’avoir vu notre premier bout de pays.

Premières impressions

Alors que souvent l’arrivée dans un nouveau pays nous prive pour quelques instants de nos repères, ici nous nous sentons immédiatement comme à la maison. Les officiels nous demandent ce que nous allons faire et ponctuent facilement les conversations de « cooool ». Les contrôles stricts annoncés se ponctuent en cooool ! Nous comprenons plus ou moins tout ce que les gens nous disent et les habitudes de vie sont similaires aux nôtres. Seule une entrée dans le bus par la place du chauffeur fera exception (car ici on roule à gauche et le volant est donc à droite).
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Premiers kilomètres

Dès nos premiers mètres de route, nous sommes émerveillés par les paysages qui nous entourent. Des dizaines de petites îles vertes, des pâturages verts, des forêts de pins mélangés avec des palmiers ainsi que de la mangrove. Tout est vert et luxuriant mais aussi exempt de tout animal dangereux, aussi petit soit-il. Nous découvrons aussi dans les premiers kilomètres le profil des routes que nous emprunterons durant les 6 prochaines semaines. Km 8 néo-zélandais : ça monte sur 3 kilomètres à près de 12%. What ? Hé oui, ici les montées sont raides et nous sommes même parfois obligés de pousser le vélo en marchant. What ? Oui, on pousse et on comprend pourquoi les gens nous souhaitent bonne chance quand ils nous quittent après avoir appris quelle route nous allons emprunter. Donc ici, ça monte parfois fort, ça descend fort et le plat ressemble souvent à une succession de bosses. En dessert, dans les meilleurs jours, du vent ou de la pluie ponctue ce cocktail des plus éreintants. Why ? Ben parce que tous ces efforts en valent franchement la peine. Chaque 5 minutes (même dans le vent ou les montées), on change de paysage et il faut le dire c’est juste somptueux. Sans parler des encouragements à chaque arrêt où notre vélo attire les curieux et expressifs néo-zélandais qui prennent leur meilleur accent pour dire « What a bike », « Awesome », « Serious bike » et on en passe.

Faune et flore

La Nouvelle-Zélande par ses caractéristiques d’isolement particulières a vu se développer de nombreuses espèces endémiques. Ainsi près de 80% des espèces de faune et de flore ne se trouve nulle part ailleurs. Nombre d’oiseaux, devant l’absence de prédateurs ont perdu l’habitude puis la capacité de voler au cours des années! A l’arrivée des polynésiens vers 1300 puis des britanniques au 18ème siècle, l’équilibre naturel a commencé à se modifier. Les premiers mammifères sont amenés sur l’île, détruisant la végétation et les espèces locales. Aujourd’hui encore, une lutte intense est menée contre les lapins et les possums qui ont trouvé un milieu sans aucun prédateur et qui prolifèrent rapidement. Ils sont devenus les premiers ennemis publics car ils commençaient à menacer certaines forêts primaires. Dorénavant, un contrôle strict est opéré à l’entrée dans le pays tant par la mer que par les airs afin de prévenir toute introduction de nouveaux animaux ou plantes extérieurs, préservant ainsi les caractéristiques uniques de l’île.

 

Les Kiwis (l'humain)

De contact facile, les Kiwis nous approchent facilement, échangent quelques mots et repartent aussi promptement. Les formes d’usage de nos contrées sont quelque peu bouleversées par ici. Parfois, même pas de « salut » ou « bonjour », un inconnu peut simplement nous approcher par un « How are you ? » (Prononcé Hoyou…) ou « How was your day ? » littéralement « Comment ça va ? » ou « Comment était votre journée ? » sans s’embarrasser de salutations. Et cela, à l’arrivée dans un café comme dans un supermarché ou dans les toilettes d’un camping… D’abord empruntés, dorénavant nous répondons d’une belle tirade nous emmenant à une minute d’où nous sommes partis. Et bien souvent, la discussion ainsi initiée s’arrête aussitôt et chacun poursuit sa route. Tous les jours, nous avons de mini-discussions avec des dizaines de personnes nous permettant ici et là de grappiller de nouvelles impressions ou expériences du « kiwi way of life ».  Bien souvent, aussi, nous faisons face à un flot de paroles similaire à celui d’une mauvaise réception radio. Bien que notre compréhension de l’anglais soit très bonne nous sommes contraints parfois de faire résonner des « What ? ». Alors l’accent local est atténué et nous commençons à mieux capter notre interlocuteur.

Histoire

La Nouvelle-Zélande n’a été habitée par l’homme que tardivement lorsque les premiers polynésiens sont arrivés vers 1300. Ils y ont développé une culture spécifique, dite la culture maori. Les deux îles n’apparaissent sur les cartes occidentales qu’en 1642, découvertes par les hollandais. Mais ce n’est qu’en 1769 que le capitaine britannique James Cook explore les côtes en vue d’une éventuelle colonisation. Dès lors des conflits entre nouveaux arrivants et maoris se succèdent jusqu’au traité de Waitangi en 1840 donnant des droits équivalents aux britanniques et maoris. Ils cohabitent et commercent dans une relative quiétude jusqu'à la guerre civile de 1860 provoquée par l’augmentation substantielle du nombre de colons et des conflits territoriaux qui en découlent. Le gouvernement confisque alors un grand nombre de territoires maoris.

En 1970, devant la contestation maorie naissante, le gouvernement envisage des dédommagements pour les violations du traité de paix de 1840 et redonne certaines terres sacrées ou des avantages financiers aux maoris. De nos jours, 13% de la population totale est d’origine maorie. Ils vivent dans une grande partie du pays et sont intégrés de façon très hétérogène.

Mais où sont passés les moutons ?

La Nouvelle-Zélande est connue pour ses collines parsemées de moutons. Cependant, depuis une dizaine d’années, les moutons ont cédé leur place aux vaches, devenues plus lucratives. En fait, ce changement est lié au succès de l’entreprise Fonterra qui transforme le lait en poudre et le vend dans le monde entier (la Nouvelle-Zélande est le plus grand exportateur de lait en poudre au monde). Le déficit en protéine constaté dans de nombreux pays provoque la croissance de ce marché. Il est notamment inséré dans la masse de nombreux biscuits. Alors que les vaches peuvent paître toute l’année dans les champs, peu de moyens sont nécessaires aux fermes (dîtes « dairy farms »).  Celles-ci sont composées d’un troupeau de près de 450 vaches, d’une salle de traite toute simple (pas de bâtiment pouvant toutes les abriter), d’une villa (pour abriter le paysan), d’un quad pour mener les vaches dans les champs et d’étendues d’herbes à perte de vue. Ici pas besoin de récolter du fourrage pour l’hiver. Tout se passe dans les champs 365 jours par an. L’industrie du lait kiwi a donc un énorme avantage compétitif  en comparaison avec de nombreux pays. De plus, le lait en poudre étant plus facile à transporter (meilleure conservation et poids restreint), il est tout à fait adapté pour l’exportation dans le monde entier. L’industrie de la vache a donc de beaux jours devant elle. Les moutons n’ont qu’à bien se tenir et resterons cantonnés aux pentes les plus abruptes pour quelques temps encore. On notera quand même que le pays comporte 12 moutons par habitant contre 2 vaches soit respectivement 42 millions et 7 millions…
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Sur la route

Ayant six semaines pour rallier Auckland à Christchurch, nous avons tracé un itinéraire du nord au sud et reliant de nombreux points d’intérêt. Nous avons débuté par une sortie d’Auckland en… ferry pour rejoindre la magnifique péninsule de Coromandel. Nous avons ensuite rejoint le centre « fumeux » de l’île du nord à Rotorua où geysers et lacs de soufre donnent une atmosphère olfactive « d’œufs pourris ». Du tout petit lac jaune aux grands lacs bleu ou émeraude, cette région donne dans la panoplie de couleurs aquatiques. La route du monde oublié (« forgotten world highway ») nous a mené ensuite sur la côte ouest où trône le volcan Taranaki. Ce fût deux jours de pur plaisir loin de la dense circulation habituelle. Des moutons garnissent les milliers de monts verts et la route se perd en méandres comme si elle ne menait nulle part. Puis soudain, nous faisons face au mont Taranaki. Un cône volcanique presque parfait entourée de mer au nord, à l’ouest et au sud. Notre hôte « warmshowers » (site communautaire où les membres proposent d’offrir une douche chaude aux cyclo-voyageurs de passage) nous propose de gravir le sommet (2'518m d’altitude) avec son assistance experte (125 ascension au compteur…). Cette montagne est réputée dangereuse en cas de mauvais temps et sa situation isolée face à la mer de Tasmanie l’expose à des changements de temps aléatoires et rapides. Il faut donc bien choisir son jour et être équipé en conséquence au cas où cela devait mal tourner. Deux jours plus tard, une fenêtre météo, la première de l’année, est annoncée. On commence donc la montée tout d’abord dans la forêt primaire puis des buissons, de l’herbe et enfin la roche volcanique et le lapilli (fragments de roche volcanique). Une ascension qui demande à nos muscles de cyclistes des efforts qu’ils n’avaient plus eus l’occasion d’effectuer depuis des mois. Nous arrivons au sommet avec l’impression d’être au sommet d’un monde. La forêt entoure le cône dans une rondeur presque parfaite. Les terres qui s’ensuivent sont vertes pâles et dédiées aux fameuses « dairy farms » ou à l’industrie du lait. Enfin, la mer de Tasmanie enserre le cône sur trois cotés tout en rondeur. Presque irréel. Les courbatures nous poursuivront ensuite pendant près d’une semaine. Nos muscles ne sont vraiment plus habitués à la marche !
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Circulation difficile

Le trafic très dense sur certaines routes rend la vie des cyclistes très dure. Ainsi, il n’est pas rare que nous ne puissions plus nous parler pendant des dizaines de kilomètres en raison du balai incessant des voitures. Comme il n’y a pas d’autoroute et que les routes sont peu nombreuses, il est fréquent que nous devions partager la route avec d’autres convois. Et malheureusement, ici, le cycliste figure en dernière position des pouvoirs de la route. Les maîtres camions, roulant à près de 100 km/h et pesant plus de 50 tonnes, ne prennent pas toujours la peine de nous dépasser avec plus de trente centimètres d’écart. Nous en sommes quitte pour des montées d’adrénaline subites qui sont encore amplifiées lorsque nous avons un fort vent latéral et que plusieurs camions se suivent. Alors la concentration sur le maintien du guidon et sur le rétroviseur est totale. Ce fût largement suffisant pour nous voir renoncer à rouler sur les routes réputées comme les plus dangereuses au sud de l’île du Nord. On prend le bus pour rejoindre la capitale Wellington puis le ferry pour l’île du Sud. On nous en parle depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande. On la dit plus belle, avec des routes panoramiques impressionnantes, dotée d’une chaîne de montagne magnifique (d’ailleurs appelée « les Alpes du Sud ») et qui plus est avec une circulation limitée. On s’en réjouit. Affaire à suivre !
51 D'autres photos ainsi que le détail de nos carnets de route au quotidien sont en ligne sur notre site http://www.la-roue-des-reves.com/!
On remercie chaleureusement tous nos sponsors particuliers et entreprises qui soutiennent notre aventure.

 

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Commentaires (2)

1. Arlenevak 22/07/2017

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2. Zeller 03/02/2014

Chers Edgar et Julie,
Nous sommes heureux de vous voir en forme et de lire vos belles aventures, un grand merci pour les photos, c'est magnifique.
Amitiés et bonne route. Anne-Marie et Michel Zeller

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