Carnet de voyage, Pérou

Itinéraire

Lima - Chincha Alta - Paracas - Ica - Nasca - Camanà - Arequipa - STOP --> Lima --> Suisse

Au compteur: 2'568 km

Un pied dans l’inconnu

Nous vous avions quitté à Madrid juste avant quelques jours de pause bienvenus. Nous avons ensuite pris notre envol vers une destination jusqu’alors inconnue pour nous : l’Amérique du Sud. Les transitions lentes propres au vélo ne sont pas possible dans tous les cas et c’est bien par avion que nous sommes arrivés à Lima, Pérou. Dès les premiers instants nous sommes en pleine découverte. Tels de petits enfants, nous ouvrons grand les yeux et enregistrons les informations dans un merveilleux désordre. Notre ambition de voyageur sera de mettre bout à bout ces pièces de puzzle géant et de le compléter. Et alors nous nous serons construits une vision de ce pays. Bienvenue au Pérou.

Nous profitons des premiers jours à Lima pour nous familiariser avec la cuisine locale, la culture et les us et coutumes de ce pays. Encore une fois, tels des enfants, nous observons et reproduisant ce que nous voyons dans un mimétisme peu crédible. Mais de simples réflexes tels que passer ses services sur une tranche de citron avant de les utiliser pour y détruire les bactéries nous épargnerons probablement des mauvaises surprises. Nous découvrons le centre de Lima qui nous parait très propre à l’exception de la pollution et plutôt exempt de bâtisses incontournables. En fait, c’est une ville toute jeune qui n’a été fondée qu'après l’arrivée des espagnols en 1535 (voir encadré « on vous raconte l’histoire » ci-dessous). Nous nous laissons doucement emporter dans les rues jusqu’à l’arrivée dans un marché couvert ou les allées regorgent de curiosités. Des fruits par dizaines et en tous genres (le Pérou bénéficie d’une des plus grandes variété de fruits au monde, issus des terres si différentes s’étendant de l’Amazonie aux plateaux andins), de drôles de morceaux de viande suspendus en devanture des étals (on triche un peu en observant les morceaux voisins pour voir à quel animal ils appartiennent) ou des ruelles où fourmillent des visages encore inconnus pour nous et qui semblent tous se ressembler. A chaque clignement d’œil, une nouvelle pièce de notre puzzle péruvien est créée.

De retour à l’hôtel, la reconstitution de notre outil de transport complétement démonté pour l’avion nous signale les choses sérieuses qui approchent. Nous allons devoir sortir de notre sédentarisation. Allons-nous réussir à reprendre notre vie de bohème ? Comment allons-nous gérer l’insécurité de ce pays, nous qui sommes exposés et vulnérables sur la route ? Par anticipation, nous faisons un rapide inventaire des objets qui nous sont chers parmi notre chargement et la conclusion claque : aucun… Et les marchands de « gringos » sont plutôt rare par ici, nous voilà rassurés, ou pas… Devant l’hôtel, on nous conseille de ne faire confiance qu’aux policiers pour nous indiquer la route… Paranoïa ou non, les avis divergent fortement entre chacun, péruvien ou non, la perception de sécurité est vraiment hautement subjective…

1, 2, 3 et hop on plonge dans l’inconnu. C’est parti. Nous fonçons dans cette immense ville avec notre « petit » tandem. Sans carte de la ville entière, c’est la boussole qui nous guide ainsi que quelques policiers qui assurent la sécurité des routes… On trouve la route Panaméricaine qui traverse les Amériques de l’Alaska à la terre de feu. Nous nous y engageons. C’est une 2 voies type « autoroute » avec un magnifique accotement que nous ferons nôtre, le temps de notre passage. On traverse la périphérie de Lima où s’enchaine des quartiers aux maisons rudimentaires pour certaines composées uniquement de 4 « murs » en roseaux et sans toit. Des monticules d’ordures jonchent les rues et se prolongent jusque sur la panaméricaine. Cela contraste grandement avec le centre-ville bien rangé. Depuis notre observatoire à roulette, nous ne sommes pas uniquement face à une image telle que nous la capterions derrière une vitre ou sur une photo, mais nous nous trouvons bien au milieu de celle-ci et notre modeste vitesse nous permet de saisir regards, mouvements et odeurs. Nous nous sentons tristes. En même temps, nos sentiments ethnocentriques nous énervent. Notre tristesse plaide pour une normalité où chacun a un toit et des conditions de vies dites « décentes », calquées sur la nôtre. Mais est-ce vraiment ce dont ils auraient envie ou besoin pour leur propre estime ou leur propre bonheur ?  Nous quittons Lima sur ces interrogations et ce contraste saisissant. A chaque opulence son revers de médaille. Désormais, 1'000 kilomètres de côte de l’océan pacifique s’offrent à nous. Nous sommes contents d’avoir repris la route mais que ce fut dur de quitter notre cage dorée en pleine zone de confort.

On vous raconte l’histoire...

Depuis chez nous, l’histoire du Pérou se résume aux seuls Incas et leurs extraordinaires chemins de communication en haute montagne mais surtout la cité perdue des Incas, le Machu Pichu.

Petit rattrapage :

Les peuples Sud-Américains sont les descendants de peuples préhistoriques venus d’Asie. Bon ca c’était il y a très longtemps.

Par la suite, plusieurs civilisations se sont développées dans les différentes régions du Pérou. De nombreuses prouesse technique sont réalisées pour s’adapter à la vie dans le désert ou sur les hauts plateaux. On recense notamment des réseaux d’irrigation très ingénieux ou des culture en terrasse permettant d’augmenter peu à peu la résistance des plantes à l’altitude.

Lorsque la tribu inca a commencé a prendre son essor, elle a petit à petit étendu son influence sur les autres peuples pour arriver à une domination qui s’étendait de la Colombie actuelle au milieu du Chili couvrant pratiquement l’entier de la cordillière des Andes, de l’océan pacifique à l’Amazonie. Cette période dura toutefois moins d’un siècle de 1438 à 1532. Le début de la conquête espagnole en 1528 mettra fin à l’empire. Dès lors, le Pérou est exploité pendant près de 3 siècles au profit des riches rois espagnols. Mais peu à peu, la contestation voit le jour et sous l’impulsion de révolutionnaires tels que Bolivar, l’indépendance du Pérou est proclamée en 1821. Les créoles (espagnols nés aux colonies) profitent de la situation pour dominer et maintenir le peuple et particulièrement les indiens éloignés du pouvoir. Ainsi, de nombreux régimes inégalitaires se succèdent jusqu’à nos jours. Cependant, même si les problèmes sociaux, économique ou diplomatiques ne sont pas tous résolu, les choses évoluent doucement vers la stabilité.

 

Paracas, l’Ile aux oiseaux 

Longeant des dunes, puis traversant de petites oasis, des villages dans le désert ou d’immenses étendues de fabriques de poulets en batterie en plein milieu du sable, nous faisons notre route jusqu’à Paracas où nous désirons faire une demi-journée de tourisme sur les Iles Ballestras. Ces îles sont une petite merveille à quelques kilomètres des côtes. Des dizaines de milliers de cormorans, de mouettes et de pélicans accompagnent en chantant les siestes interminables des loups de mer ou les pas chancelants des tous petits pinguins de Humbolt. Les oiseaux sont si nombreux ici qu’on recense une couche de plusieurs mètres de déjections sur chacune des îles. L’expression « noir de monde » prend tout son sens ici. Impressionnant. La visite s’effectue en bateau et ceux-ci sont malheureusement nombreux. En résulte un air d’une densité de pollution qui n’avait plus été égalée depuis Lima. Nouveau contraste mais cette fois nous en sommes aussi directement la cause. Désolé petit loup de mer, tu es tellement beau que nous n’avons pas pu nous empêcher de venir te voir. ;-/

 

Le désert : au bout de la chaleur, l’ennui

A la sortie de Paracas, notre route quitte l’océan pour quelques centaines de kilomètres. Nous découvrons alors des zones à proprement parler désertiques, de longues lignes droites entourées d’étendues de sable sans véritable montagne à l’horizon ni vue sur l’océan. Ici le soleil tape plus fort, la température augmente rapidement, l’air est sec et chargé de poussière et nos voix se perdent comme « étouffées » dans le désert. Nous roulons bien protégé avec pantalon, manches longues, casquette avec chèche et un bandeau protégeant la bouche et le nez et nous hydratons au maximum. Mais malgré tout, nos gorges s’assèchent, nous attrapons des coups de soleil à chaque zone non couverte (et pour certains même à travers les habits !) et notre motivation vacille devant ces interminables lignes droite. Nos organismes souffrent et nous rêvons alors de vert, de pluie et de frais mais recevons pour seule stimulation un solide vent de face… Julie n’hésitera pas à comparer ces portions à des heures de vélo d’appartement : tête dans le guidon, gros effort, transpiration maximale et rien à voir… Tout est dit.

Les rencontres

Nous sommes tout de même récompensés par de belles images et surtout par de belles rencontres. Ainsi, le soir venu alors que nous cherchons un endroit où dormir, nous nous retrouvons à l’entrée d’un restaurant proposant des dégustations de Pisco, un distillat de vin, spécialité péruvienne originaire de la région de l’oasis d’Ica. Curieux d’en savoir plus, nous leur demandons où nous pourrions poser notre tente. Peu après, voilà notre tente installée en plein restaurant, fermé le soir. Jhoel, qui reçoit habituellement les visiteurs nous propose une visite du domaine et du processus de fabrication du Pisco en… français. Nous partons donc à la découverte de ce breuvage faisant la fierté de nombreux péruviens. Passage dans les vignes, à la zone de pressoir où le raisin et foulé avec les pieds, devant les jarres en terre cuite qui recueillent le moult pendant deux semaines et enfin le four à distillation qui permet de récolter le breuvage. On fini le tour avec une dégustation du produit final et de belles discussions. Plus tard, alors que nous préparons notre polenta du soir, il reviendra vers nous pour observer nos préparations. Il ne cache pas sa surprise de nous voir manger du maïs qu’ici ils donnent aux poulet ! Ses collègues nous dirons que nous ne mangeons pas équilibré. Sales, n’ayant pas les moyens d’acheter 2 vélos ni de prendre une chambre d’hôtel, le coup du maïs pour poulet achèvera chez eux la visions de 2 pauvres voyageurs fatigués. Un peu plus tard, ils nous servent un petit plat, des fruits, des biscuits et de l’eau. Avant notre départ (6h pour éviter la chaleur…), ils auront pris soin de nous faire servir thé chaud et petits pains. Tellement gentil. Difficile à décrire nos sentiments lors de nos premiers coups de pédale du matin. Nous sommes vraiment touchés.

Le lendemain, alors que nous roulons dans une portion rectiligne de près de 40km dans le désert, nous apercevons une forme inhabituelle qui approche. A chaque coup de pédale, l’image se précise et ce n’est pas un mirage mais bien 2 cyclistes… Sans hésiter nous nous arrêtons avec un large sourire. May et Christian, argentins, roulent en direction du nord avec pour destination le Mexique mais sans garantir de ne pas continuer plus loin. Ils viennent de redescendre des hauts plateaux andins et se réjouissent de retrouver l’océan 5 mois après leur départ de Buenos Aires. Nous discutons de beaucoup de choses, enfin surtout eux qui sont d’un flot intarrissable de mots espagnols que nous commençons quand même à mieux comprendre (un peu…). Nous échangeons aussi de précieuses informations sur les routes à venir pour eux et pour nous. Quel bien ca nous fait. Nous repartons tout motivés chacun dans notre direction.

Alors que nous nous apprêtons à entrer dans la dernière portion désertique avant Nasca, nous faisons halte dans un petit restaurant en bord de route. Nous échangeons rapidement quelques mots avec une famille péruvienne de Lima assise juste à coté. Un des fils parle français et joue l’interprête. Nous partons aussitôt dans une discussion à bâtons rompus. Aux questions géographiques s’ajoutent rapidement des questions politiques ou économiques. Le père nous demande alors ce que nous pensons de la crise en Europe. Puis nous explique qu’au Pérou, ils nomment cette crise la « crise du champagne ». C’est à dire lorsque les européens ne peuvent plus boire de champagne ou consommer des futilités non-essentielles à leur vie. Il nous demande alors si les gens les plus touchés par la crise en Europe sont plus pauvre que la moyenne des péruviens. Nous reconnaissons aisément que ce n’est pas le cas au vu du puzzle du Pérou que nous avons déjà pu assembler. Il faut bien avouer que cette formulation de crise du champagne prend beaucoup de sens lorsque notre regard part d’ici.

Nasca : on plonge dans le mystère, la poussière et la galère

Point de passage obligé de la Panaméricaine sud, Nasca doit sa renommée au mystère qui entoure les immenses formes géométiques tracées au milieu de son désert, l’un des plus sec au monde (voir encadré ci-dessous).  Notre route passant justement au milieu de celles-ci, nous nous arrêtons pour tenter de les admirer depuis un mirador posté en bord de route. Haut de 20 mètres, il ne permet que de deviner 2 figures et un petit bout de ces lignes. Nous repartons un peu frustrés de ce bref aperçu. Les lignes ne s’observent pleinement que depuis un avion au prix exorbitant, ce ne sera pas pour nous. A notre arrivée à Nasca, nous profitons de nous rendre au planétarium où nous pouvons découvrir les lignes « d’en haut » et où nous sommes plongés en plein mystère. On trouve cela incroyable que des connaissances accumulées par cette civilisation dépassent encore aujourd’hui les chercheurs. Nous faisons un jour de pause dans cette petite ville où la poussière règne en maître. A chaque passage de voiture, des nuages jaunes se lèvent, créant une fine couche de poussière en quelques heures dans chaque maison. Nous faisons face à un dilemme : Julie ayant de la peine à respirer (comme de nombreux touristes ne faisant pas de vélo d’ailleurs), nous hésitons à continuer notre route par les régions plus vertes de la Cordillière des Andes dès à présent avec une montée de 100km qui nous emmènerais directement à 4'000 mètre d’altitude ou à continuer les 500 kilomètres de côte avant de faire une acclimatation plus progressive à l’altitude. Avec le léger mieux du jour de pause, nous choisissons tout de même cette deuxième option. Mais après 50 kilomètres, la toux redouble, le vent de face se lève et nous sommes à nouveau au milieu d’immenses étendues de sable… Nous devrions retrouver l’océan pacifique dans 60 kilomètres mais nous préférons tenter de faire du stop, par précaution. Ce qui suivra nous aura donné raison.

Les lignes de Nasca

Tracées dans le désert entre le premier millénaire avant J-C et l’an 900 de notre ère par la civilisation Nasca à l’aide d’un simple déplacement de pierre, ces formes représentent des centaines de figures animales, anthropoïdes ou végétales ainsi que des lignes longues de plusieurs kilomètres partant et se croisant dans tous les sens.  Elles s’étendent sur près de 500 km2. Elles ont été conservées grâce aux caractéristiques climatiques exceptionnelles de cette région avec une absence quasi totale de précipitation, de vent et de sable. Leur signification reste un mystère à ce jour. Elles ont certainement été le lieu de cultes mais pourrait aussi avoir des explications astrophysiques ou seraient une carte des réseaux d’eau souterrain. Après des années d’étude, le mystère reste encore entier. Extraordinaire civilisation Nasca qui possédait des connaissances que nous ne sommes pas en mesure de comprendre encore aujourd’hui…

Nous prenons place dans un camion transportant des constructions métalliques pour une mine de Cusco. Michael, le chauffeur roule 16 heures par jour, 6 jours sur 7. Il est très content de notre compagnie et nous invite à déguster des spécialités locales le long de la route. Nous traversons de magnifiques paysage et regrettons de ne pas être sur notre vélo. 350km plus loin, nous voilà à Camana dernière ville avant la montée sur Arequipa (2’400m d’altitude). Nous sommes toujours dans des régions très sèches et désertiques. Et Julie a malheureusement de plus en plus de peine à respirer. Selon un médecin local, elle aurait une broncho-ryhno-laryngite. Nous décidons donc de prendre le bus pour Arequipa afin de pouvoir récupérer chez des amis de la famille, Hans et Martha, vivant au Pérou comme missionnaires depuis 18 ans (plus d'infos sur leurs projets ici). Nous y sommes reçu comme à la maison et nous nous plaisons à refaire le monde en 4 langues (suisse-allemand, allemand, français et même espagnol) et apprenons énormément sur le Pérou "vu de l'intérieur". Hyper sympa. Nous espérons une récupération rapide de Julie afin de pouvoir nous rendre sur les hauts plateaux. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas et après une semaine son état empire. Nous ne savons pas trop ce qui se passe mais elle a toujours de la peine à respirer, a d’un coup de grandes fatigues et n’arrive plus marcher. Nous repartons en bus en direction de Lima afin de récupérer à basse altitude et dans un climat plus humide. Mais la spirale ne s’arrête pas et nous nous retrouvons à l’hôpital, aux urgences puis au soins intensifs. Les diagnostics potentiels font frissonner. 3 jours plus tard, alors que le pire a pu être exclu mais que son état n’est toujours pas mieux, nous sommes rapidement rapatriés en Suisse pour la suite des examens (plus d'informations sur le sujet dans notre 2ème carnet de route). Nous ne verrons pas les hauts plateaux andins et c’est sans regret au vu des circonstances. Nous n’avons pas pu terminer de façonner les pièces de notre puzzle péruvien, il restera donc ouvert encore quelque temps... Alors nous te disons cher Pérou, au revoir.

La Suisse, prêt au nouveau départ

Après 2 semaines et de nombreux examens, tout va mieux. Julie marche à nouveau et les douleurs s’estompent gentiment. Pas directement lié au vélo ni à l'altitude, ses problèmes respiratoires sont maintenant résolus. Nous pouvons de nouveau songer à notre voyage et à la suite que nous voulons lui donner. Initialement nous prévoyions de nous rendre en Nouvelle-Zélande au mois de janvier. Nous partirons donc directement pour les antipodes. Le bout de notre rêve d’Amérique du Sud manquant sera précieusement gardé pour un autre voyage. La roue des rêves prendra donc un nouveau départ le 31 décembre. Nous sommes content de pouvoir repartir. Bientôt les nouvelles des antipodes. Affaire à suivre…


D'autres photos ainsi que le détail de nos carnets de route au quotidien sont en ligne sur notre site www.la-roue-des-reves.com ! Vous y trouverez même une petite sélection de photos de certains lieux que nous n'avons malheureusement pas pû vous faire découvrir nous-mêmes. Des amis y sont allés et vous proposent un petit extrait de ces belles régions! Vidéo à venir d'ici quelques jours !
On remercie tous nos sponsors particuliers et entreprises qui soutiennent notre aventure.

 

 

 

Commentaires (5)

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Quelles aventures !
Nous avons lu avec passion vos récits malgré tout avec une certaine inquiétude. Challenge, défi pour une aventure hors du commun à la force de la pédale ... et risques maîtrisés pour continuer la route avec plaisir. Tous nos vœux pour 2014 en santé surtout pour Julie.... et Edgar bien sûr, vive les rencontres chaleureuses qui colorent nos vies et courage pour la suite de votre expédition. Bizoux Luc et Isabelle

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