Carnet de route 2 - Pérou et le retour à la case départ


Lima – Mala : jour 29, 100 km, Camping Kawai, Forme : bonne, on sait encore pédaler

Après de longues heures de recherche sur blogs, forums et autres, nous nous décidons pour la Panaméricaine Sur (sud). Le stress du départ est bien présent…bon ben faut se lancer cette fois-ci ! On sent l’aventure frapper à la porte. Mélange de réjouissance et appréhension pour certainE. Il est 8h, dimanche matin. A priori on se dit en bons p’tits Suisses qu’il y aura moins de voitures un dimanche….hum ce n’est pas certain ! Après chargement devant l’hôtel et discussion avec le taxi qui fait la navette, on apprend qu’au Pérou il vaut mieux cacher son argent dans ses chaussures, ne pas s’arrêter où il n’y a personne et qu’il est mieux de demander sa route uniquement aux policiers (éviter de donner son itinéraire à quelqu’un de malveillant…). Ceci rassure immédiatement et met en confiance… :-/

Avant de partir on réalise que le plan nous permettant de sortir de la ville n’est malheureusement plus dans les parages… Nous nous sommes tellement focalisés sur le remontage du tandem que nous en avons oublié de définir notre sortie de ville. L’hôtel ne possède qu’un petit plan du quartier. On va devoir se débrouiller avec notre bon vieux Routard dont on arrache les plans en page. C’est parti ! On espère croiser quelques policiers en route histoire de pouvoir demander notre chemin :-D Après quelques mètres, on réalise que nous ne pouvons rouler qu’avec une seule vitesse… Ni une ni deux, halte pour voir ce qu’il se passe. La protection du dérailleur bloquait l’histoire, c’est tout bon, nous revoilà en route. On mettra 1h pour sortir de la ville. Bilan : demandé à 1 policier, 1 dame d’une station essence et un petit gars au bord de la route…

Beaucoup de gens nous klaxonnent pour nous encourager avec de grands sourires et grands signes. Globalement peu de traffic en ville (rien à voir avec ce que nous avons vécu à Madrid !). On se lance sur cette fameuse panaméricaine. Une voie royale finalement, 2 pistes par sens et une grande bande d’arrêt d’urgence qui sera dorénavant notre terrain de jeu J Il y a beaucoup de camions et cela roule vite… (plus de 100 km/h) mais on se sent en sécurité, les camions klaxonnent pour nous avertir de leur venue et pour nous saluer. Les premiers 30 km sont un peu difficiles…fort contraste entre cette capitale, Lima, qui se veut très propre et riche et la pauvreté qui est à ses portes. Bidonvilles ? Peut-être… Les maisons ne sont pas en cartons mais tout comme…les détritus jonchent les bords de la route. On ne peut s’empêcher de catégoriser ces maisons et cette façon de vivre comme « pauvre ». Plus que les soucis d’insécurité, à ce moment-là, on se sent tout petit, presque honteux d’être sur notre tandem et d’avoir ce que nous avons. Le contraste est tellement grand qu’on est pris par un tourbillon d’émotions. L’immersion lente et pleine du vélo nous plonge réellement dans le paysage. On n’est plus spectateur comme le passager d’un bus ou le conducteur d’une voiture de location (des cages dorées somme toute). L’espace d’un instant on aimerait être Atlas puis on range notre ethnocentrisme dans un tiroir et on pédale J. Le contraste avec la capitale reste néanmoins très fort…

Petit à petit les paysages changent pour une alternance de dunes et d’oasis. On croise beaucoup de chiens sur la route, morts ou vivants….à nouveau des images pas faciles à voir. L’avantage du tandem est de pouvoir fermer les yeux par moment :-D On roulera 90km avant de s’arrêter à Mala une petite ville où on passe la nuit au camping Kawai, repéré sur internet avant de partir. Ici on ne parle pas vraiment de camping mais de « campo », ni de « tienda » mais de « carpa ». Ce camp fait partie de la ligue pour la lecture de la bible. On paie 30 soles…10.- au bord de l’océan. Magnifique ! On a la plage pour nous au coucher de soleil…nuit quand même un peu stressante car certains n’aiment pas trop le bruits des vagues…et quand certains ont peur toute l’équipe tremble ;-D

Mala – Chincha Alta : jour 30, 100 km – Hospedaje, Forme : on souffre un peu de la pollution des villes

Pfiouuuu pas beaucoup dormi cette équipe de tourne et retourne sur leurs matelas pas assez gonflés…(habitués aux hôtels de Madrid et Lima, on a perdu la main). On lève le camp vers 8h. Au Pérou à cette période de l’année le soleil se lève vers 5h et se couche vers 19h, ce sont nos nouveaux horaires, en tout cas sous tente. :-D On reprend notre panaméricaine en direction de Paracas…155km. A nouveau alternance de dunes et d’oasis. Waooow, on revoit enfin l’océan pacifique ! L’émerveillement est de courte durée car on crève la seconde qui suit ! Caramba ! Toute l’équipe a fait un sacré saut…on se demande bien ce qui s’est passé…2 entailles dans le pneu et 4 trous dans la chambre à air…il est midi, 28°C au milieu des dunes ben ca tappe !!!! Mon as de la mécanique répare cette 2ème crevaison en deux temps 3 mouvements et on repart (4 trous en une fois= 2 méga bletz).

Halte assez rapide pour manger après notre première course poursuite par un chien….non non c’est pas de tout repos les routes péruviennes… J à nouveau on fait facile du 50 km/h et une bonne giclée d’eau sur le museau ralenti le molosse…(ils sont tous assez costauds par ici…). Canis costaudus :-D la plupart des chiens errant cherchent de quoi se nourrir plutôt que nos mollets qui sont plus l’affaire des chiens qui défendent leur territoire lorsque l’on passe près des habitations. A 13h on s’arrête dans une petite gargote avec des pâtes comme plat du jour, des Tallarines (pas sûr du tout du nom) et on nous demande le prix de notre tandem…hum en réfléchissant rapidement et bien on sort un timide 1000 soles (300.-), le salaire moyen étant de 750 dollars/mois. On est juste, le serveur ne paraît pas étonné du tout. On demande à son fils qui semble intrigué par ce sacré engin combien coûte un vélo ici : « Quanto una bici aqui ? 500 soles ! On est pile dedans sauf qu’on est un peu loco (fou) de payer 1000 soles pour 1 vélo alors qu’on en aurait 2 pour le même prix….:-D

On roulera finalement jusqu’à Chincha Alta, Paracas étant encore trop loin pour aujourd’hui. On s’arrête dans une hospedaje où le propriétaire nous dit qu’il nous a pris pour 2 autres cyclistes français venus il y  a 2 mois environ. On est les bienvenus. 20 soles pour planter notre carpa (tente) en sécurité et il nous donne une clé d’une chambre pour avoir accès aux wc et douche. C’est parfait il est 16h :D

Chincha alta – Paracas : jour 31, 70 km Hostal el Amigo, Forme : poussières et gaz d’échappements en plein nasaux

Bien dormi ! A 7h30 on est prêts à lever le camp. On discute encore un peu avec notre tenancier qui nous raconte qu’une famille d’allemands est venue il y a quelques temps et que comme nous ils n’avaient besoin de rien (pas de chambre) eux avaient pris leur « casa » avec douche etc…ils faisaient aussi le même parcours, tout pareil sauf qu’ils venaient de l’Equateur et passaient au Venezuela…. :-D on a payé notre hôte qui semblait finalement ne plus vouloir de nos sous…s’agissait-il vraiment du proprio ou simplement un employé…on ne saura jamais et qu’importe…

La traversée de la ville fût épique !! Le bas-côté étant criblé de nid de poules, de piétons et parfois même de voitures venant à contresens ça rigole pas trop. Heureusement que le conducteur du tandem est un as de la conduite et qu’il a plusieurs années d’expériences derrière lui (c’est une question qui revient souvent et qu’on ne comprend pas toujours voir jamais du premier coup…déjà à Madrid on nous demandait depuis combien de temps ou depuis quel âge on faisait du vélo….On est muy muy expérimenté surtout moi qui suis bien contente de n’avoir qu’à pédaler :-DDD). Petite halte à la sortie de la ville pour reprendre des forces…juste le temps de dire ouf avant « wouf » une horde de chiens de l’autre côté de la route nous aboient contre….cette fois-ci on teste notre sifflet ultrason qui a l’air de marcher…il part la queue entre les pattes (bon 2-3 camions sont passés en klaxonnant alors difficile de juger de la portée de notre attirail L).

Quelque chose me dit qu’on aura d’autres occasions pour le tester…On arrive à Paracas vers 12h, parfait pour le bord de mer et les ceviche (plat typique de poissons et fruits de mer crus avec oignon et beaucoup de citron vert = bacterial killer). Ville touristique… on n’aime pas (surtout une épicerie qui voulait nous faire 4x fois les prix…on ne nous aura pas ! On laisse tout sur le comptoir et on part…). C’est pour les lions de mers sur les îles Ballestras qu’on est ici…demain départ en bateau à 8h.

Paracas – Subtanjalla : jour 32, camping dans un restaurant El Catador «1er dream hosts péruviens» Forme : bonne

Nous voilà sur un bateau rempli de gringos en direction des îles Ballestras ! Il est 8h. La mer n’est pas trop agitée. Edgar qui aime définitivement plus la terre que la mer rigole moyennement. Les habitants de ces îles nous attendent…cormorans, pélicans, lions de mer et une espèce en voie de disparition : le pingouin de Humbolt ! Non sans surprise le guano y foisonne (récolté et ensuite utilisé comme fertilisant, 2'000 tonnes tous les 5-7 ans). Par contre y foisonne aussi toute la pollution liée aux nombreux bateau à moteur remplis de touristes qui viennent observer la petite équipe. On est navrés d’avoir cautionné ce phénomène. Nos poumons en prennent aussi un coup. On rejoint terre ferme et nous réjouissons de reprendre la route en direction du sud où d’autres lions de mer nous attendent.

Départ vers midi pour Ica. La route est longue avec une cinquantaine de km en belle ligne droite dans le désert…l’alternance avec les oasis se fait rare voir pas du tout…On s’arrête un peu avant la ville d’Ica dans un restaurant, El Catador (le sommelier) qui propose visites de cave et dégustation de pisco (alcool local fait à base de raisin). On demande si on peut y dormir avant d’accepter la dégustation. Rouler après avoir bu des verres de pisco pas top…Bien sûr que l’on peut dormir là ! Quelle question ! lls nous proposent de nous installer devant le resto sur la petite terrasse mais vu qu’il fait grand jour et que cela donne sur la route du village on est moyennement chaud…entre deux on fait la connaissance de Jhoel qui parle français et est un des guide pour les visites. Il me montre un autre endroit tout en m’expliquant qu’ils sont une petite coopérative. Hum, là c’est un peu plus tranquille mais on reste méga visible : dans un shop du village. On lui demande si ce n’est pas dangereux. Il ne comprend tout simplement pas notre question ! Dangereux ? Finalement, on demande pour dormir dans le restaurant qui est fermé la nuit et on aurait accès aux toilettes et lavabos à qui mieux mieux ? Il va demander au patron qui est d’accord. Youpie ! :-D Après on fait un cirque pas possible avec les différents endroits : ici ou là, par ici par là…Ils devaient bien se marrer en voyant ces deux français (on a décidé d’être français pour quelques temps en laissant la Suisse et ses clichés…ça coince un peu quand on en vient à nous demander de quelle région de France nous venons et que nous nous regardons pour nous demander d’où l’on vient, façon Dupont & Dupond… :-D).

La gentillesse de Jhoel nous touche. Il nous apporte 2-3 paravents pour que l’on puisse avoir un peu d’intimité et nous dit que l’on peut s’installer tranquillement avant la visite. On sent que l’on fait différemment et que nos attentes sont elles aussi différentes J En route pour la visite d’une cave artisanale de pisco ! La cave date de 1856. On y voit une presse de 150 ans, des jarres en terre cuite pour la fermentation du vin, les cuves etc. Le pressage du raisin se fait encore avec les pieds J On aurait bien aimé essayer mais la récolte est de fin février à début mars. 4l de vin pour 1l de pisco. Place à la dégustation ! 4 piscos différents, le perfecto amor (couleur ambre), le borgoña, un pisco citron au miel et une crème de pisco. Jhoel nous dit qu’il parle mieux français après une bouteille de pisco…résultat il n’a bu qu’un demi-verre et nous parlons en espagnol…Nous discutons des différences entre la France (on aimerait bien parler de notre pays que l’on connait franchement mieux…) et du Pérou. Des différences entre la capitale et les villages. Sa femme est de Chincha Alta mais originaire de Bordeaux. Il nous demande nos métiers respectifs. En disant que je suis biologiste, tout devient clair…JE tiens la culotte et nous avons pu partir ensemble (j’ai pu emmener Edgar) :-D travailler dans l’électricité verte ou pas n’est pas gage de $$. On rigole bien. Nous lui parlons de notre rêve de faire un tour du monde en tandem et de notre « voyage de noce ».  Il rigole en nous disant qu’il faut faire des bébés labellisés « made in Perù » :-) Nous manquons une occasion de filmer un rêve péruvien mais à nouveau sortir la caméra casserait tout….On discuterait bien encore un peu mais il nous libère en nous disant de faire comme chez nous.

On file préparer notre repas. Polenta au maggi ! Il vient voir si tout se passe bien et observe un peu notre attirail. Nous demande ce que l’on va manger. Je lui montre notre bouteille de polente en lui expliquant que c’est de la semoule de maïs. Sa réaction : « du maïs pour les poulets ?!?! 1 sole …» voilà cette fois on peut arrêter avec notre paranoïa d’Européens….on est deux petits français bien sales, qui voyagent avec UNE bicyclette alors qu’on pourrait en avoir deux pour le même prix et en plus on mange du maïs pour pollos (poulets). La polenta prête, Jhoel revient avec un autre petit gars qui n’en revient pas de cette mixture pour poulets. Je leur explique que c’est italien et qu’on la mange avec du lapin par exemple. Il s’inquiète de notre manque de protéine et dit à Jhoel qu’on est « loco ». Je rigole et lui dis que j’ai compris…on rigole bien de nos différences. A Chincha Alta ils mangent des chats, à Aréquipa des cochons d’Inde, par chez nous des lapins et on se gave de semoule de maïs pour poulets :-D Quelques minutes plus tard ils nous amènent une assiette de Lomo saltado (bœuf sauté), des biscuits et 2 oranges pour la route de demain. On est touché par leur hospitalité. On ne sait pas comment les remercier mis à part en le leur disant du fond du cœur. Rencontre avec nos premiers « dream hosts » péruviens. On décide de leur envoyer une photo avant de quitter le continent. Jhoel nous explique encore comment utiliser l’eau pour nous laver dans les toilettes du resto. Pas de douche bien évidemment mais des grands bassins d’eau à l’entrée des toilettes avec pichets (comme en Asie du sud-est). Y a plus qu’à s’asperger :-D

Subtanjalla – Palpa : jour 33, 99 km, Hospedaje « Los Cocos », entrée dans les zones de dunes ou franc désert…Forme : on sent l’air sec sec sec qui commence à tout dessécher au niveau respiratoire…

Nuit tranquille :-D On est accueilli par le sourire de la femme de ménage en sortant le museau de la tente. Elle nous amène de l’eau chaude et du thé ! Puis nous propose un « cafécito », adorable on l’appellerait bien « mamacita » :-D Il est 7h on reprend la route.

Objectif du jour Nasca à 150 km. Traverser la ville d’Ica à 6km de là nous rempli les poumons de bons vieux gaz d’échappements. Bien que roulant avec un bandeau couvrant nez et bouche, ça irrite ! On oublie assez vite nos poumons car tracés par 2 chiens en sortie de ville. Pris un peu par surprise on a de la peine à prendre de la vitesse. Un des deux lascars nous suit sur quelques dizaines de mètres. Les giclées d’eau le surprennent un peu mais il nous piste encore. On remarque que les mollets d’Edgar seraient plus accessibles que les miens protégés, eux, par le chargement arrière. On finit par le semer ! Hum…le Dazer (sifflet ultrason) aurait été plus accessible dans une poche que dans la sacoche avant. Après 20 km, on commence notre traversée du désert de Nasca…on imagine une alternance de dunes et oasis comme vus précédemment. Que neni ! Une belle ligne droite de 50 km ( !) nous attend de pied ferme. Plus on avance, plus nous nous faisons à l’idée que notre destination de ce soir ne sera pas Nasca. Nos estomacs commencent à se manifester, il est 11h. Déjà quelques heures de route. Par chance une gargote au milieu de cette étendue de sable apparaît. Non ce n’est pas un mirage. :-D Nos gosiers secs ne demandent pas leur reste pour s’y arrêter ! Inca cola et eau nous requinquent un peu. On discute avec un chauffeur en pause qui nous demande jusqu’où nous allons. « Nazca ?!...ç%&* ! noche ! » bref on y arrivera pas avant la nuit…on s’y était préparé. Etant tout deux assez opiniâtres et aimant aller jusqu’au bout de nous-mêmes, pas toujours évident de revoir nos objectifs de la journée à la baisse. Les conditions climatiques étant radicalement différentes de chez nous, l’air sec de chez sec et nos muqueuses n’appréciant pas trop, nous décidons de les écouter et de viser Palpa pour poser notre campement.

Quelques kilomètres plus loin nous croisons deux cyclo !! Wouhouhouhou on n’est pas les seuls « loco » sur cette Panaméricaine :-D ils vont dans le sens inverse. Ni une ni deux on traverse et allons à leur rencontre. Christian et Mai, deux argentins, ralliant Buenos Aires au Mexique comme premier objectif (ils ne savent pas combien de temps ils partent et ont des envies européennes). Cette rencontre inespérée (on en rêvait !) nous permet d’échanger nos impressions respectives sur le Pérou. Ils viennent de l’Altiplano entre Cuzco et Nasca. Nous leur expliquons notre parcours et les plans pour la suite, longer la côte jusqu’à Arequipa. Ils nous confirment que c’est une bonne option en matière d’acclimatation. Il est 13h, nous ne pouvons leur cacher que ce qui les attend dans la direction d’Ica ne sera pas des plus verdoyant…Eux nous disent qu’en direction de Nasca il n’y a qu’une oasis Palpa où nous trouverons où nous loger. A force de lire le Routard et leurs conseils sécuritaires, on se pose beaucoup de question face au camping sauvage. A nouveau, ils nous disent que le Pérou ès muy tranquillo ! Ils font du wild camp tous les soirs en demandant toujours aux habitants s’ils peuvent camper à côté de leur habitation, sans problème. Bon cette fois on devrait être rassurés :-D On échange nos adresses et nous réjouissons de pouvoir les accueillir en Suisse une fois peut-être.

C’est reparti ! 1h plus tard nous voici à Rio Grande à quelques kilomètres de Palpa. Une « Oasis c’est bon, c’est bon ! » comme dirait Carlos :-D On s’arrête dans une gargotte pour manger, il est 14h. Au menu le plat du jour : soupe de légumes, suivie d’un poulet et pour accompagner le tout une Chicha Morada, boisson locale à base d’eau de cuisson de maïs rouge fermentée avec de la canelle. Excellent !!!! Quelques kilomètres plus loin on arrive à Palpa où on se jette littéralement dans la première hospedaje « Los Cocos » on y obtient une chambre double pour 50 soles (18.-) trop cher mais on est trop fatigués pour négocier. Il n’est pas tard, 16h. On aurait eu encore 2 bonnes heures de route devant nous avant le coucher du soleil mais impossible de rejoindre Nasca avant la nuit et la perspective d’un campement en milieu du désert ne nous enchante guère…Hop hop hop on se prépare une solution de réhydratation (1l d’eau, 8 cuillères de sucre, 1 cuillère de sel et on a même 2 oranges offertes par Jhoel !) on ne peut pas dire que cela soit délicieux mais on sait que cela va nous faire le plus grand bien. Une petite popotte sur la terrasse avec le peu d’essence qu’il nous reste et on file au lit. Il est 19h…de vraies petites poules !

Palpa – Nasca : jour 34, 50 km, Hostal Lima (déconseillé) bienvenue dans une ville en cuvette au milieu du désert. 2 jours de pause prévus…(à éviter !) Forme : ça se gâte

Quel bonheur de se réveiller avec les narines moins sèches :-D on plie le matos et on file ! Dernier 50 km avant Nasca où 2 jours de pause nous attendent. Wouhou on en rêve. Cette fois-ci on ne se fera plus avoir et on décide de « dîner » à 10h au prochain village. Chicharroñ (porc mariné et bouilli puis frit) et tamalès (roulade de polenta enveloppée dans une feuille de bananier et cuite à la vapeur). On engage la discussion avec la table d’à côté :-D 3 jeunes et leurs papas en vacances pour quelques jours. Habitants de Lima, un des jeunes parle français. On se lance dans des discussions économico-philosophiques sur la crise européenne qu’ils appellent ici au Pérou « la crise du Champagne ! ». Comme c’est juste ! Ils rigolent bien quand on leur explique notre voyage qui est une sorte de luna de miel…on passe pour de drôles de zigotos. Ils nous demandent si c’est courant comme lune de miel en Europe… :-DDDD là c’est nous qui rions. Allez savoir pourquoi nous sommes à cet instant à nouveau français et en bons Dupont & Dupond nous voilà pris au piège dans nos manques de connaissances sur notre nouveau pays....  « Nous partons en France pour 2 mois l’année prochaine. Quelles régions nous conseilleriez-vous de visiter ? » ahahahahah ça nous apprendra. Euh…Paris…Chamonix… :-D on aimerait mieux parler de notre chère Suisse :-D on hésite à glisser il  y a un chouette pays juste à côté qu’il ne faut pas louper. Sympathique rencontre et chouette moment de partage ! On se remet en route pour Nasca.

Un immense plateau désertique qui pourrait rappeler certains endroits du Sahara nous attend. C’est ici que l’on peut voir les fameuses et mystérieuses lignes de Nasca classées au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1994. Des géoglyphes gigantesques tracés dans ce désert entre le premier millénaire avant J.-C. et l’an 900 par la civilisation « Nazca ». D’une profondeur de 10 à 30 cm, elles auraient été tracées par de « simples » déplacements de cailloux. Multitudes de formes diverses, allant du dessin géométrique à la figure animale, dont la signification reste encore à ce jour un mystère…Selon certains archéologues, les Nazca se seraient servis de ces lignes comme parcours ou lieux de cérémonies dédiées aux divinités de l’eau. Mais on ne peut parler de ces géoglyphes sans mentionner Maria Reiche, mathématicienne allemande qui aura consacré plus de 50 ans de sa vie à étudier la signification de ces lignes. Une dévotion sans limite. Elle y voit le plus grand calendrier astronomique du monde, certaines lignes étant dans l’axe du soleil couchant au moment des solstices et des équinoxes tandis que certaines formes animales correspondent à des constellations après juxtaposition (comme le singe la grande ourse). Selon une autre de ses hypothèses de recherche, les lignes représenteraient  une carte du réseau hydraulique souterrain. Mystère ! Aucune hypothèse à ce jour n’a été validée, le mystère reste donc entier. Revenons à nos deux petits cyclo perdus là au milieu….A 3 km de route après notre repas nous avons la possibilité d’observer 2-3 figures grâce à un mirador placé au bord de la panam. Ni une ni deux on y monte. Bof c’est pas top…le meilleur moyen de les observer reste des tours en avion à 120$...on verra. Certains dans l’équipe ont le vertige et ne sont donc pas très chaud… :-D Par contre ici ça tappe ! On reprend la route.

Monotone et sec, on pourrait presque s’endormir à l’arrière du tandem…pédalage machinal. Heureusement qu’une mini tornade vient nous réveiller un peu à quelques kilomètres de la ville de Nasca. Nous voilà propulsés dans un pédalage frénétique ! :-D Aaaaah ben ça réveille ! Et hop une autre petite montée d’adrénaline à l’entrée de la ville, qui croisons-nous ? On vous laisse deviner ? Un « Wouf ! », à nouveau le Dazer n’est pas à portée de main…bon enfin à Nasca où on ne peut retenir notre « Ouf ! ». Hum….on a parlé un peu vite…cette ville de 20'000 habitants regorge de pollution, le centre est bruyant et….ben sacré nom de bleu il y fait sec !!!! Il est 12h, on prend un hostal pour 2 nuits pour essayer d’y faire nos jours de pause tant attendus…on se rend compte assez vite de notre erreur…Chouette rencontre toutefois le soir dans un resto de la ville où nous faisons la connaissance du propriétaire qui nous explique les choses à voir dans le coin, nous parle de la route qui monte sur l’Altiplano pour rejoindre Cuzco (on hésite sacrément à monter en altitude et quitter la Panaméricaine Sur et ses zones arides…) et nous demande de lui envoyer de nos nouvelles, des photos, des impressions sur ce que nous découvrirons. On y manquera pas ! :-D

Nasca – Nasca : jour 35, 0 km. L’enfer de Nasca sa pollution, sa poussière qui s’infiltre partout et son air sec Forme : les poumons sont pleins et on ne rêve que de partir…

1ère nuit de pause….aie aie aie…la réception gardée par le fils de la maison s’est transformée de 23h à 5h du matin (lever du jour) en lieu de tournage ou de prise de sono d’un film de David Lynch…Tv à coin, entrecoupé de rires hilares puis de silences, de déplacement de meubles, d’escapades sur le toit et rebelote les rires hilares…ça nous transcende ! On hésite à prendre le bus le soir même pour n’importe quelle destination tant qu’il nous emmène loin de cette ville. On se lève et on file déjeuner après avoir fait une halte à la pharmacie pour acheter un expectorant. La santé se fait petite. Aucun problème pour passer le tandem dans la soute du bus, on pourrait donc rouler à 4 roues vers de nouvelles aventures ! Mais allez savoir pourquoi ces deux opiniâtres de cyclo sont quand même titillés par la suite de la panaméricaine…Notre ami Robin, qui a déjà roulé sur ce tronçon en 2010, nous confirme que nous avons passé le plus dur et que le plus beau reste à venir ! A 90 km de Nasca, on rejoindrait la côte pacifique où s’offrirait à nous une alternance de dunes de sable, de terres volcaniques et d’oasis. Beaucoup plus sauvage, les villages se feraient plus rares et on y verrait des lions de mers :-D Hum…on verra comment vont les poumons, la gorge et les oreilles demain matin mais notre décision semble prise. Avant de se coucher on s’assure que le veilleur se tiendra à carreau cette nuit-ci.

Nasca – Camanà : jour 36, 400 km (48 km à vélo et le reste en camion !) 1er camion « dream traveller », Forme : ça se complique, difficultés à respirer, l’air est archi sec

Plus ou moins bien dormis, on packte et on prend la route ! Le prochain village nous attend à 90 km, réserve d’eau ok. Après 38 km et un vilain vent de face, on décide de prendre un camion. Tout en gardant l’alternative d’un retour à Nasca pour prendre un bus qui partirait vers 11h pour Arequipa (notre prochaine grande halte). Quelques essais peu fructifiant nous font réaliser que nous ne sommes pas positionnés au bon endroit. 10 km plus loin, non loin d’un croisement de route nous arrêtons Mickaël. Notre camionneur sauveur avec lequel nous allons passer toute la journée ! Riche expérience ! Il nous dit que c’est ok pour mettre notre vélo à l’arrière ainsi que nos sacoches (il transporte des pièces métalliques pour une mine en construction à Cuzco) et hop on monte ! Il y a deux sièges et une banquette-lit à l’arrière. On apprend qu’il roule 16h/jour, 6 jours sur 7 ! On parle de tout, de sa famille, de notre pays, du Pérou, des différences culturelles, de la politique péruvienne…héhéhé on dirait bien qu’on a progressé en espagnol ! L’italien et le français nous aident bien ;-) On traverse les paysages tant attendus en camion à l’abri de la poussière…nos poumons sont ravis ! Et on a un guide local qui nous fait remarquer ce que nous pourrions louper. Des fabriques d’huiles d’olives à un dauphin échoué sur la plage ! Petite halte inopinée vers 11h pour déguster ces fameuses olives ! Et hop au bord de la route on plonge nos mains dans des coupelles d’olives. Délicieuses ! Mickaël nous commande aussi des cafés. Il n’est pas question de payer quoi que ce soit ! Nous sommes ses amigos ! :-D Les paysages sont magnifiques, cols avec des vues plongeantes sur l’océan. On aimerait trop être sur notre tandem…Halte dans une petite gargotte pour manger une assiette de chicharroñ de lapa (on ne sait pas ce qu’on a mangé…). Une assiette pour 3. On aimerait payer et inviter notre camionneur mis toujours impossible…Il nous dit que nous l’inviterons quand il viendra en Suisse :-D On arrive finalement à Camanà à la tombée de la nuit.

Mickaël nous dépose à la sortie de la ville dans un petit hostal tranquille loin du fourmillement et de la pollution. L’air est toujours sec et la peine à respirer se fait sentir…je lui demande à tout hasard si il y a un hôpital dans cette ville. Nous échangeons nos numéros de téléphone et il nous invite cordialement chez lui à Lima si nous repassons par la capitale. Une fois notre chargement déballé et installé, nous décidons de quand même tester l’hôpital de Camanà. Il n’est pas tard, 19h et on préfère s’y prendre maintenant qu’en pleine nuit ! Ni une ni deux nous voilà en train d’expliquer que nous devons aller à l’hôpital que j’ai de la peine à respirer. Le petit gars de l’hôtel a l’air un peu pris de panique et cela n’a pas l’air si simple. Il aimerait nous y emmener (le centre est à 2 km) mais ne peut pas laisser son hôtel. On opte donc pour un taxi local, c’est-à-dire des particuliers que tu hèles dans la rue. A peine sur la route, une voiture nous klaxonne et s’arrête. Un couple. On demande quand même au gars de l’hôtel si tout est ok, ils échangent leurs numéros et c’est parti direction le centre de Camanà.

Ohohoho comme il ne fait pas bon d’être malade hors de chez soi…expérience intéressante mais que nous éviterions bien volontiers si c’était à refaire…En arrivant en ville, notre « taxi » nous dépose devant les urgences et nous dit qu’ils nous attendent. Le bâtiment est gardé par un policier. On entre et sommes immédiatement pris en charge. Inutile de préciser que c’est rudimentaire…les infirmières me demandent ce que j’ai, on explique. A voir rien d’alarmant. L’empathie n’a pas de place dans cet endroit…et pour dire vrai je crains un peu chaque manipulation. Le médecin ORL arrive et m’ausculte. Une bonne inflammation rhino-pharyngo-laryngo-trachéo-bronchique :-D cortisone et antibiotique par voie orale (échappés à la perfusion ouf !)  Ahhh on se réjouit que ça désenfle avec la cortisone :-D on repart après avoir dû payer 10 soles à l’infirmière…3CHF la consultation ! En sortant on retrouve nos amis « taxi », on passe leur dire qu’on va à la pharmacie juste à l’angle. Mais il n’est pas question de nous y laisser aller à pied ! Pourtant c’est à 50m…est-ce que ce quartier est glauque ? En tous cas à peine entrés ils verrouillent les portes !? On leur demande de s’arrêter devant la pharmacie mais ils continuent….pour nous emmener dans une autre qui semble meilleure :-D Contents d’arriver finalement à l’hôtel où on appelle le staff médical paternel de Vionnaz qui rassure les troupes un peu inquiètes par tout ce tohu-bohu ! Comme tout doit arriver en même temps une surprise nous guette…

Tourista – La roue des rêves 1 : 0….manquait plus que ça ! :-D

Camanà - Arequipa : jour 37, 160 km en bus, Forme : sous antibio et cortisone

Ça va mieux ! Un peu…on ne se sent pas d’entamer la montée vers Arequipa en tandem alors on opte pour un bus local qui part vers 11h. Il est 10h15…ouach on s’active ! On arrive juste à temps en ville pour embarquer dans un bus de la compagnie Flores (on en a vu passer de ces bus à toute allure sur la Panaméricaine… !). On fait rire avec notre chargement et le tandem. Pas de problème pour le mettre en soute. Pas besoin de préciser qu’il n’y a pas de touristes…Le bon touriste, lui, opte généralement pour un trajet avec un bus de la compagnie Santa Cruz tout confort et surtout avec balise GPS…hé oui il paraît que les bus de touristes se font détourner par des complices et attaquer par des bandits de grands chemins….qui sait ! En tous cas cette compagnie a tout compris pour faire payer leurs sièges 10x plus chers ! :-D Nous, on a payé 10 soles/pers pour 170 km :-D 3h de route sans halte mais possibilité d’acheter un petit chicharroñ grâce à une marchande qui monte dans le bus pour quelques kilomètres, juste le temps de vendre ses victuailles. Pour info aux femmes, cyclistes ou non cyclistes, qui nous suivent…le Pibella (urinoir féminin) est une révolution ! :-D Pratique et indispensable à ce type de voyage, même en bus ! Un peu plus compliqué mais on se passera de détails ;-)

Après quelques heures de bus local (très local :-D), nous voici arrivés à Arequipa (Agripa pour certaine (inside joke)) ! A en croire notre vieil ami « le Routard », la gare des bus est non sans dangers… les taxis auraient « parfois » la tendance de vous emmenez en dehors (vraiment en dehors) des sentiers battus… et si nous nous tenions à leurs recommendations nous devrions circuler uniquement dans les alentours de la Plaza des Armas en plein centre historique, éviter le sud de cette place et tous les quartiers périphériques…euh oui…on peut se téléporter depuis la gare des bus ? Bus local dit gare routière locale :-D Ni une ni deux Edgar fonce à l’avant du bus pour être dans les premiers à descendre. Il est vrai qu’avec nos 8 sacoches et demi et notre tandem nous ne passons pas inaperçus. Hop hop hop on sort le tout et commençons à accrocher les sacoches sur le vélo. Ne prêtant guère attention au « muchas maletas, muchas maletas….taxi, taxi ? » d’une petite dame, je rigole et lui dis « si, si muchas maletas ma….BICICLETAAAAS ! ».  Héhéhé on va pas me la faire :-D On quitte la gare et demandons assez rapidement à un policier la direction du centre-ville.  On a bien un plan mais uniquement du centre… On décide de se fier à notre boussole et de rester sur les grandes artères, plus safe mais malheureusement plus polluées. Nous faisons un rapide tour de ville, Plaza des Armas, vestige de la colonisation espagnole. Arequipa ne sous séduit pas d’emblée…on a hâte d’être dans les Andes et sentir un peu plus l’empreinte Quechua. Une fois une bonne carte reçue à l’office du tourisme et le téléphone passé à nos 2ème dream hosts péruviens, Martha et Hans, nous filons vers le sud de la ville.

Arequipa – Arequipa : jour 38 – 44 - 1 semaine,  Forme : sur le déclin…

Quel plaisir d’être accueillis ainsi ! Missionnaires depuis plus de 15 ans au Pérou, ils nous font part des différents projets auxquels ils participent (http://kaesers.inperu.ch/). Nous sommes nourris-logés jusqu’à ce que j’aille mieux. Nous nous sentons comme à la maison et avons beaucoup de plaisir à partager des discussions animées. Nous nous plaisons à refaire le monde en 4 langues (suisse-allemand, français, allemand et même espagnol). Nos polyglottes nous laisseront un magnifique souvenir d’Arequipa, ville et environs, que nous n’aurons malheureusement pas la chance de pouvoir visiter tant mon état périclite.

Arequipa – Lima : jour 45, 1000km en bus, Forme : no comment

La sonnette d’alarme a été tirée, suite à quelques emails échangés avec un médecin spécialiste de l’altitude au CHUV, nous décidons de retourner à Lima. 2 itinéraires s’offraient à nous, le Lac Titicaca à 350km de vélo ou le Machu Picchu à plusieurs heures de bus….les altitudes de ces destinations dépassant 3000m, elles nous sont déconseillées.  Les choses s’accélèrent et en moins de 4h nous voilà dans un bus en direction de la capitale à 15h.  Les douleurs dans la poitrine, les difficultés à respirer et surtout la peine à marcher ne nous rassurent pas mais nous restons confiant et savons que ce bus ne peut nous amener que vers du « meilleur ». L’idée de se faire soigner à l’hôpital de Camanà est… comment dire ? Pas des plus réjouissante… J A Lima nous aurons au moins le choix entre différentes cliniques ou hôpitaux.

Lima – Lima : jour 46 – 51, la joie des hôpitaux péruviens, Forme : no comment

Arrivée à 8h, le trajet s’est très bien déroulé. Je suis toutefois toujours aussi faible et Edgar doit malheureusement charger le vélo sans mon aide. Quelques coups de pédale plus loin, on se rend compte que la forme marathonienne n’est pas encore de retour….le climat est certes beaucoup mieux mais le souffle est toujours court et je remets les pieds sur la barre. Ceci permet de décrocher quelques sourires à notre passage en ville. Pour ceux qui me connaissent, il n’y a pas besoin de préciser que ce n’est pas évident de monter ces pieds sur cette barre et que je préfèrerais mille fois pédaler à tombeau ouvert…mais là il faut que j’écoute mon corps qui me dit que quelque chose ne va pas….Une fois les affaires dans la chambre d’hôtel, on prend un taxi pour une clinique, la Clinica anglo-americana… On n’est plus deux cyclos en quête d’aventures et de découvertes qui arpentent les Andes mais bien deux touristes à Lima en quête de soins… et c’est « vachement » moins chouette. On recommande pas trop J On passe en urgence. Radiographie des poumons, prise de sang, et masque à oxygène. Tout est ok. Pas d’œdème pulmonaire (en lien avec l’altitude), pas d’embolie pulmonaire (test D-dimère). On repart contents. L’oxygène m’a fait beaucoup de bien !

Le lendemain matin les difficultés à respirer et à marcher sont toujours présentes… Que faire ? Envisager devoir retourner dans cette clinique ne m’enchante guère… On songe à rentrer en Suisse. On appelle donc notre assurance maladie et après discussion avec un médecin en ligne nous devons nous rendre à l’évidence : prendre l’avion ainsi n’est pas recommandé. Il faut donc éliminer tout risque d’embolie pulmonaire… L’assurance nous conseille une clinique avec laquelle ils travaillent : la Clinica El Golf. On prend notre courage à 1000 mains et on s’y rend. Si c’était à refaire, je prendrais l’avion pour la Suisse ce jour-ci et m’éviterais toute une série d’investigations plus ou moins invasives, des heures aux urgences et aux soins intensifs… Mais l’éternel retour de Nietsche n’étant pas encore en vigueur, le choix est vite fait ! On découvre donc la Clinica El Golf… Abracadabra bienvenue dans une clinique des années 50 :-D J’avoue que dans ces circonstances mon ethnocentrisme a de la peine à rester dans ma poche (pourtant j’essaie de l’y pousser mais il ressort de plus belle !). Le premier dilemme réside dans le simple fait d’être « admis ». Nous aurions pu passer 1h aux admissions à essayer d’expliquer avec notre plus bel espagnol ce qu’il se passait mais parfois quelques larmes suffisent pour être rapidement pris en charge. Wouhou aux urgences un médecin parle anglais ! Après avoir fait une première consultation en espagnol en arrivant à la clinique, on mesure assez vite l’importance du rapport médecin-patient...

On nous explique qu’ils vont faire quelques tests pour éliminer tous risques d’embolie pulmonaire (c’est pas ce qui avait déjà été fait hier ?). Ok....c’est parti ! 1ère prise de sang : tout est parfait je suis dans les « gold standard »….à voir ça sert de faire du sport ;-) 1er scanner : parfait, good lungs ! 1ère prise de sang artérielle (une grande première ! Vous avez déjà testé ? Quand l’infirmier (ce ne sont pas des médecins qui font ça au Pérou) qui va vous piquer vous dit que ça va faire mal… ben après l’effet de surprise vous y croyez volontiers les yeux fermés !) : là on ne nous dit rien… mais on me met sous oxygène et… on nous annonce la venue d’un spécialiste, un pneumologue… qui ne parle pas anglais ! Il m’ausculte et là je comprends que ce n’est que THE spécialiste qui a le droit ou l’habitude d’ausculter sous les habits. Jusqu’à maintenant toutes les auscultations ont été faites sur les habits….étonnant ! Il parle vite le grand spécialiste….blablablabla blabalabla « Cusco » et de grands sourires. Bon ça semble aller… On s’imagine presque partir bientôt pour Cusco !

On demande au médecin assistant parlant anglais ce qu’il se passe. Et là… coup de théâtre ! Il nous annonce que nous devons rester 4-5 jours à l’hôpital, qu’ils suspectent une embolie pulmonaire ! Mais encore et toujours cette embolie ?! Bon…on est surpris et ne comprenons pas grand chose. Je vois encore une cardiologue qui nous explique que la situation est grave. Bien que je sois en pleine santé, la prise d’une pilule contraceptive et le long voyage en avion (bien qu’il y ait de ça 2 semaines et que ce fût suivi de nombreuses heures en vélo) engendrent des risques de thrombose… qui pourrait être la cause d’une embolie pulmonaire. On doit donc vérifier. Ok, c’est l’examen le moins invasif avec quelqu’un qui parle anglais, presque que du bonheur ! Un « super » coeur et de super veines :-D Bon elle a l’air beaucoup plus confiante face à ces risques d’embolie et à dire vrai nous aussi. On ose s’imaginer repartir bientôt et sortir sous peu de cette clinique… Hohohoho grave erreur. On nous garde encore ! Il est minuit. On demande s’il est possible d’avoir une chambre pour la nuit. Suite au passage de la femme de ménage et de son ami l’aspirateur qui ont fait virevolter toute la poussière aux alentours, on commence à en avoir un peu marre du lit des urgences péruviennes. Enfin ! On me déplace avec la bombonne d’O2. Aaah j’imagine une chambre en privé… Vous avez certainement deviné que ce n’est pas tout à fait ce qui m’attend…

S’en suit une séparation franche et rapide avec mon mari, je pars pour les soins intensifs ! Il est difficile de décrire le désarroi que l’on ressent dans ces situations où finalement les barrières de la langue sont telles qu’on ne peut pas nous expliquer ce qu’il se passe. Chacun fait face aux difficultés à sa manière. Pour ma part, le rire s’est imposé assez naturellement dans ce service de soins intensifs J Il me faudra attendre 11 longues heures pour retrouver Edgar, les heures de visite n’étant qu’à midi demain. La nuit fût longue, séparés par une mince paroi de béton, chacun fera une gymnastique de paupières de son côté, avec ses inquiétudes.  A force de demander à me voir, Edgar peut quand même entrer pour me donner mes lunettes et quelques affaires à 8h. Il aura profité d’une partie de la nuit pour rejoindre la chambre d’hôtel (inutilisée) où nous avons déposé nos affaires. Le plus gros y restera jusqu’à ma sortie de l’hôpital. Ce matin les médecins semblent confiants, mon état est stable. Je dois quand même faire une tomographie gamma avec un sympathique marqueur radioactif… 14h le verdict tombe… je n’ai rien ! Pas d’embolie. Ouf ! Et… nous pouvons sortir aujourd’hui ! Pas de transition en médecine générale comme annoncé en début de matinée.

Il nous faudra 7h pour pouvoir sortir… Entre 14h et 20h, je reste allongée dans l’attente de pouvoir partir… Toutes les formalités administratives et surtout le paiement doivent être réglés avant. On refuse de m’enlever le venflon alors inutile et je reçois même un repas à 18h… Il faut que je prenne des forces pour sortir (le repas était commandé à 14h30)… On ne peut que rire dans ces situations. Edgar, de son côté commence à « monter les tours », l’attente est interminable. Impossible de faire reconnaître notre caisse maladie par la clinique qui ne veut pas entrer en matière (alors que cette clinique nous a été justement recommandée par notre caisse… allez comprendre !). Nous finissons par payer tous les frais d’hospitalisation. Le venflon enlevé, je me lève et hop m’habille pour prendre la poudre d’escampette ! Hors de question que je reste une seconde de plus ici. Il est 21h et nous devons encore chercher un endroit où dormir. Un aide-soignant insiste pour nous accompagner en taxi afin de nous aider à trouver un hôtel. Lima est dangereuse la nuit selon lui. Après 1h et de nombreux hôtels complets, on a enfin une chambre ! Ah ça fait du bien !

Nous resterons encore 3 jours à Lima avant de nous faire rapatrier.  Bien que je sois en parfaite santé, la difficulté à marcher et les douleurs dans la poitrine persistent. En voyant mes analyses de sang faites en entrant à l’hôpital (notamment un taux de sodium bas et une gazométrie indiquant une PO2  < 50…), la Rega décide d’organiser un rapatriement vers la Suisse pour y faire des examens complémentaires. Voyager en business class ne nous paraît pas nécessaire dans un premier temps. Mais une fois que nous y sommes, je dois reconnaître que 15h de vol en position assise auraient été difficiles.

Lima – La Suisssssse ! : jour 52, Forme : Youpie 

Qui aurait cru que la roue des rêves voyagerait en business :-D On en profite pour relâcher la pression et nous reposer un peu. Champagne, menu tout en fioriture, petite trousse métrosexuelle, tout y est. On est chouchoutés semblerait-il ? Nous, on a hâte de toucher le sol suisse….

La Suissssssse

Quel bonheur de retrouver nos familles !  Nous sommes accueillis chez mon père dans le Chablais où nous prenons nos quartiers (notre appartement étant sous-loué jusqu’à notre retour…). La première semaine sera remplie d’heures de sommeil. La roue des rêves en jet lag et en post-traumatique se repose… Mais on ne peut cacher qu’elle pense déjà à repartir ! Eh oui, il en faut plus pour nous refroidir ! On a même imaginé une alternative en tandem mi-couché dans le « pire » des cas. Cependant, pire il n’y aura pas, car nous allons vers du meilleur. Toutes les analyses effectuées sont parfaites. On ne saura jamais exactement ce qu’il s’est passé dans le désert de Nasca. Une hyponatrémie liée à une intoxication à l’eau + une allergie de contact semblent être les hypothèses qui font le plus de sens. Rien n’explique la gazométrie artérielle et ici les médecins s’accordent à la déclarer probablement erronée.

Ce que nous sommes par contre certains : aucun lien avec l’effort physique ni avec l’altitude. J’étais en parfaite santé en partant et parfaitement entraînée. Les moyennes à 100km/jour sont loin d’être gargantuesques pour nous jeunes cyclos et l’altitude de 2500m d’Arequipa a de la peine à endosser la responsabilité d’une hypoxémie pareille…

Nous ajoutons donc un mystère de plus à Nasca, ce qu’il s’est passé au Pérou restera au Pérou. Nous avons décidé de repartir le 31 décembre pour la Nouvelle-Zélande ! L’Amérique du Sud restera à l’état de rêve pour le moment…Nous ne sommes pas déçus, ni frustrés juste impatients de pouvoir à nouveau battre son sol avec nos roues et qui sait peut-être y emmener des moitiés de nous-mêmes avec un 3-roues ou deux 2-roues… Affaire à suivre d’ici quelques années !

Commentaires (9)

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6. Novella (site web) 20/12/2013

Cher Edgar, Chère Julie,

Bravo pour votre parcours et votre courage dans ses inconvenues de voyage. Passez de belles fêtes et vivement de nouvelles aventures.
Bonnes fêtes et bonne route!

Cordialement,
Novella

7. Soledad 15/12/2013

Chers Julie et Edgar, bravo pour votre courage et un grand merci pour tous les détails et toutes ces belles photos que vous partagez avec nous, elles sont époustouflantes. Je vous souhaite de merveilleuses fêtes avant de repartir dans d'autres horizons et de continuer à me faire rêver. J'ai hâte de lire vos prochaines aventures. Amitiés. Soledad

8. Michel et Jacky MONNIER 15/12/2013

Chers Julie et Edgar,

Merci pour vos news, bravo pour votre avancée malgré les pépins de Julie. La décision du retour à la case départ
a du être difficile, mais sage (l'incertitude (diagnostic)) est anxiogène et dans ces condition la remise à zéro est
la meilleure chose à faire. Il y a beaucoup de place pour les impressions à venir...Bonne route
Michel et Jacky

9. Zeller Anne-Marie 14/12/2013

Chers Julie et Edgar, un tout grand merci pour les nouvelles, que d'aventures incroyables, merci pour tous les détails, on vit un peu émotionnellement ce qui vous arrive et surtout nous sommes heureux que Julie soit bien remise et pour votre re départ le 31, en attendant on vous souhaite un joyeux Noël et une bonne et heureuse année, pleine de belles choses à vivre. Amitiés. Anne-Marie et Michel

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