Japon - 3ème partie

Osaka - Tokyo


Carte japon 3

 

Jour 85 : Osaka – Kashihara – 63 km

Nous voici de retour à Osaka ! Ah, on l'aie cette ville. Enfin, pas tant que ça avec la pluie qui re-pointe son nez. Par chance, nous tombons sur une laverie. Mais quelle laverie !

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Il y a même un séchoir pour chaussures ! Ni une, ni deux, nos habits détrempés d'hier filent dans les tambours et nos chaussures là où senteurs de pieds cyclos ne devraient pas sévir.

C’est sans pluie que nous repartons mais avec une motivation en berne en raison des longs kilomètres de trafic qu’il nous reste à parcourir pour sortir de la ville. Sans parler des feux interminables et répétés. La journée sera rythmée par des hauts et des bas aussi bien questions bosses qu’humeurs. Après quelques hésitations à filer au nord sur Nara, on décide de garder notre cap est et de dormir à Ischiara. Un magnifique et gigantesque parc des sports s’offre à nous pour la nuit. 


Jour 86 : Kashihara – Ise – 121 km

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Premiers rayons de soleil et hop on sort de la tente. Le parc est déjà bien animé alors qu’il n’est que 6h. Comme à l’accoutumée, l’équipe déjeune à… 1,5 mètre de la tente alors que parait-il un magnifique jardin de roses ne serait pas très loin. On explique aux quelques curieux matinaux notre voyage. On reçoit même un trèfle à 4 feuilles. Et voilà, une amulette en plus comme diraient certains. Nous partons pour une longue série de bosses qui nous donnera le plaisir d’une belle descente avec vent dans le dos.

Aussitôt que nous retrouvons la mer, de fortes bourrasques visant plein sud, nous poussent à plus de 40km/h vers notre destination du soir. Malgré tout c’est un peu secs qu’on arrive vers 19h au camping sélectionné dans notre guide. Surprise, on se heurte pour la première fois à ce qu’on appellera l’inflexibilité japonaise… ! Les horaires sont les horaires… nous sommes 1h après la fermeture il est donc tout à fait impossible de faire un check-in. Le camping est pourtant vide…. On se dit que ce n’est en tout cas pas ici qu’ils ont besoin d’argent :-D C’est un peu penauds que l’on repart vers un autre camping à « seulement » 10 km. Frustrant… on ne nous a même pas demandé d’où l’on venait, où l’on allait et si on avait l’envie et la force de rajouter 10 km à nos 110 km. Un peu d’humanité et d’empathie voyons !

Tout ceci est bien vite oublié en arrivant au camping Moon Beach. Le propriétaire nous accueille à bras ouverts ! Après une bonne douche chaude, on dormira comme des petits pachas.

Jour 87 : Ise – Hamamatsu – 120 km

Dernier ferry japonais ? Peut-être bien, qui sait ! En tout cas on en est à notre 6ème ! A bord, on remarque du coin de l’œil un autre « visage pâle »… (C’est assez rare pour le remarquer).

-         Avec un grand coup de coude, Dupond : « Hey t’as vu le gars là-bas ! C’est peut-être un cyclo ?! ».

-         Dupont, sortant la tête de son « natel » (on est parfois connecté…) : « Hum…mouais….tu crois ? Ou un touriste. »

-         Un brin agacée : « mais tu rigoles ! Je suis sûre que c’est un cyclo ! Qu’est-ce qu’un touriste viendrait faire à… Ise et en plus prendre le ferry ?!? »...

Img 8028On rencontre Adam, cyclo-voyageur pour 1 année… au Japon ! La classe, 1 an dans ce magnifique pays ! Il est allemand, ingénieur, sa copine habite Tokyo, et il a un matos de fou sur son vélo ! Il nous raconte que ce n’est pas la première fois qu’il roule au Japon mais que cette fois il est un peu plus lourd….80kg vélo+bagages ! Certaines sont impressionnées et d’autres sont sceptiques quant au poids de la bête ;-) Toujours est-il que sa fixation caméra fait envie :-D Il avoue être un peu « geek » et pourrait nous parler des heures de matos technique ! C’est un peu mal barre avec Dupond et Dupont qui ne savent jamais le nombre de dents qu’il y a sur les pignons et qui restent imperméables à tout langage technique…  Il nous recommande un camping à Hamamatsu pour la nuit. Midi, 60 km à faire, ça devrait bien le faire !

La route est magnifique ! Toujours ces points de vue sur la mer et ses îles. On repense avec le sourire à la Nouvelle-Zélande. 

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Vers 17h, en approche d’Hamamatsu, on se fait « happer » par un panneau nous laissant miroiter un onsen ! Assez vite perdus, le mot « spa » ayant tout aussi vite dû se transformer en caractères kanji malheureusement incompréhensibles pour nous (pour l’instant !), on demande notre route à un cycliste. Hey on est au Japon je vous rappelle….voilà-t-il pas qu’il nous accompagne à Hamamatsu pour nous montrer un onsen + un parc sympa où dormir !

Plusieurs événements nous font croire qu’on devait vraiment y arriver ce soir à Hamamatsu…. On tombe nez à nez avec Adam ! Il n’aurait pas pu nous louper, interpellé de vive voix par certaines qui sont ravies de pouvoir partager ses nouveaux tips ! Bô il savait déjà qu’il y avait un onsen ! :-D On se donnera rendez-vous plus tard au camping qui est à seulement 200m… Suivi d’une étonnante rencontre dans le onsen pour certains ! C’est avec un octogénaire que notre itinéraire de voyage sera partagé… en japonais ! Il faut imaginer un bassin avec 50 cm d’eau recouvrant à peine le nombril en position assise et 4 hommes dans une promiscuité certaine… Tout commence par ces simples mots : « America ?! », « No America ! Swisso !!! ». S’en suit une longue discussion gestuelle pour expliquer notre périple. Après 5 minutes, notre gaillard se lève les fesses à l’air et… ben il va raconter aux deux autres « trempeurs-baigneurs » ce qu’il vient d’entendre, pardi !

Faute de mieux, on imagine la version vaudoise…: « Hey deubleu t’as pas idée c’tte équipe ils sont en vélo pour 1 année ! ». On retiendra l’importance du partage au Japon. De nombreuses fois, nous avons été surpris de voir notre interlocuteur raconter et partager notre histoire avec le premier passant. Celui-ci se joignant alors volontiers pour saluer notre reprise de route. Etonnant ! Très individualistes par moment, on a de la peine à les imaginer parler à n’importe qui dans la rue. Et pourtant…. ! Mais revenons à notre histoire de bains….

Notre octogénaire revient les c… à l’air avec toute une liste de questions. Le mot « honeymoon » déclenche une série de sons gutturaux et d’applaudissements dans le bain. Il ne manquerait plus qu’un traducteur. Et voilà, aussitôt dit, aussitôt fait. Nous (enfin certains plus que d’autres qui barbotent du côté des femmes) rencontrons Yuji ! Cyclo, il se dirige vers Osaka et a son campement au camping justement ! Il a repéré The Beast trônant devant l’entrée :-) Super sympa ! Du côté des femmes c’est bien moins chouette, bassin plus petit, moins d’animation et c’est sans parler du linge qui a subitement disparu, emmené par la dame du nettoyage.

On se retrouve à la sortie et hop direction camping ! A peine 20 mètres plus loin, plusieurs coups de klaxons et de bonnes séries de frein, on tombe (littéralement) sur notre premier trouble-fête au Japon… un Suisse ! Puant l’alcool et légèrement, pour ne pas dire beaucoup illuminé, notre compatriote (et on en a honte) vit depuis 33 ans au Japon. Il semble bien connaître le coin, parle avec un ou deux passants en japonais et veut nous emmener au camping. Alors que certaines repèrent de loin ce « genre » de personne, d’autres, certainement plus curieux ou partisan de la maxime « l’homme est fondamentalement bon », se font systématiquement happer. Comment allons-nous nous défaire de cet hurluberlu ?!? Ouf, on voit Yuji de l’autre côté de la route ! Je lui fais de grands signes en lui disant de venir, en pensant que cela ferait décamper notre cher ami suisse. Que nenni !!!! Après nous avoir dit : « on va le tester le gaillard mais on la joue cool ! », c’est avec effroi que nous le voyons agresser verbalement et physiquement notre ami cyclo en essayant de monter sur sa selle ! Petit rappel, on est toujours au Japon, pays où l’espace interpersonnel est grand… C’est souvent dans ces cas-là que la langue de certaines se délient plus que jamais et apostrophant ce vieux « c.. », l’équipe décampe de plus belle. Ouf cette fois c’est bon….

Mais que nenni !!!! C’est qu’il est coriace celui-là ! On entend 2-3 coups de klaxons et qui voit-on dans un taxi à 10 mètre derrière nous ?? Notre cher ami ! Escortés jusqu’au camping, c’est avec une immense joie que nous nous faisons introduire en japonais à la réception. On vous passera les détails mais certains ont dû bien se contenir lorsque ce chic gaillard a donné 2-3 coups sur le casque de sa femme par franche sympathie patriotique. Il s’en est fallu de peu… très peu. Toujours est-il que les japonais de la réception semblaient le trouver sympa ou souriaient gentiment pour garder la face…. On a encore droit à un : « Vous partez à quelle heure demain matin ? Je vous amène le petit déj’ ! » Misère ! Une chose est sûre…demain, on va partir dès le point du jour !

Cela peut paraître étrange, mais après plusieurs semaines passées dans un pays si tranquille, un pays où si tu oublies un sac dans un café tu es sûr de le retrouver, un pays où tu peux dormir dans les parcs publics sans crainte aucune, en somme un peu un pays de « Bisounours », cette rencontre nous est difficile. On la compare volontiers à une irruption dans notre bulle de bonheur. Et en plus, il était suisse… Nous qui venions de dire avec fierté à Yuji que nous étions suisses… J’espère qu’il passera quand même par chez nous !

Avant de filer sous  la « fausse couette », on passe dire bonsoir à Adam. On lui fait part de l’hypothétique venue matinale d’un sympathique « visage pâle ». Ahahaha, il semble bien content de le savoir pour éviter le phénomène en partant plus tôt lui aussi. Cela nous rappelle un peu « Richard et son canasson » en Nouvelle-Zélande. De drôles de rencontres mais dont le souvenir est vite balayé par toutes les autres magnifiques faites quotidiennement.

Jour 88 : Hamamatsu – Numazu – 151 km

5h debout ! Le campement est vite plié, les estomacs vite remplis et c’est avec plaisir qu’on discute, quelques minutes avant notre départ, avec Yuji. On découvre qu’il est en route pour une année et que c’est son 4ème jour. Dans un premier temps, il se rend à Osaka pour prendre le ferry pour Shanghai. Tiens, ça nous rappelle quelque chose ! :-) Il prendra ensuite la route de l’Asie centrale pour terminer son périple en Europe en faisant peut-être un crochet par chez nous. Belle rencontre !

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Il nous conseille d’éviter la route du bord de mer car elle est fermée pour travaux en certains endroits et de prendre plutôt la route numéro 1. Attention à ne pas confondre avec la « Bypass 1 », en gros une autoroute.

Fraichement réveillés Dupond et Dupont, commencent par éviter la gare au cas où ils croiseraient leur cher compatriote (oui on ne l’aime vraiment pas…). Dépourvu du coup de leur seul point de repère, ils se dirigent, à l’aide de la boussole, plein est.

-         Une heure plus tard, Dupont : « Ben c’est pas très sympa comme route »

-         Dupond «Ben je dirais même plus, c’est l’horreur ! Avec ces voitures et camions qui passent à 100 sans bordure et 2 pistes ! ».

Vous l’aurez deviné, nous nous trouvons bel et bien sur l’autoroute, la fameuse « Bypass 1 »! A notre décharge, la confusion est vite arrivée : entre « Tokyo route 1 » et « Tokyo route 1 ». Allez nous dire la différence ! Après les gesticulations d’un policier depuis l’autre côté de l’(auto)route, nous comprenons assez vite que nous ne sommes pas au bon endroit et c’est sans plus attendre que nous prenons la prochaine sortie. Ouf ! L’occasion de retester la « bypass » se présentera plusieurs fois dans la journée et c’est au propre comme au figuré que nous risquons de tomber dans le panneau « Tokyo route 1 ».

En fin de matinée, on se lance sur des routes plus petites et plus adaptées à notre engin. On a même droit à un col au milieu des plantations de thé de jasmin. C’est le nez plein de senteurs que nous arrivons à midi à Shizuoka après 90 kilomètres. On tente un premier restaurant dont la spécialité semble être les fondues (à la viande et pas au fromage, je vous rassure). Faute de notre petite bourse, elles nous passent sous le nez ! Mais par chance cela nous permet de rencontrer Akira, un cycliste que nous avions déjà repéré sur la route lors des kilomètres précédents.

On lui demande s’il y a un camping aux environs de Fuji-city en lui montrant notre guide camping en japonais. :-) Il y en a bien deux mais, à plus de 40CHF par nuit, ils sont hors budget. Ni une ni deux, il prend son téléphone et appelle… sa maman ! Il nous invite chez lui pour la nuit à 20 km après Fuji. Et c’est avec joie que nous acceptons ! « Des Sushis, ça vous va pour le souper ? » Comment dire…, c’est juste parfait ! Avant de reprendre la route pour les 60 km ralliant sa maison, nous filons manger un « udon » (soupe de nouilles larges fraîches avec un œuf cru et des légumes) avec notre nouvel ami.

Etonnant de se retrouver à la même table à partager un plat de nouille alors qu’on ne se connait que depuis 10 minutes. On sent déjà une franche sympathie. On apprend que Akira est parti ce matin à 4h de chez lui pour se rendre à Yaizu à 90 kilomètres pour voir des amis. Mine de rien avec son jeans, il a quand même 120 km dans les pattes le gaillard. Respect. On fera donc les 60 derniers kilomètres en sa compagnie et à la mode japonaise. C’est-à-dire en prenant trottoirs et routes traverses afin d’éviter la circulation. Pas toujours évident avec notre chargement. Nous découvrons aussi que les pauses cyclistes se font… dans les parcs. « Ben ouais, tu vas pas t’arrêter au milieu de la route. Et encore moins manger ta barre assis par terre ». Bancs publics, calme et toilettes. Finalement c’est pas si mal. Dupond et Dupont devraient en prendre de la graine.

C’est vers 19h que nous arrivons enfin à Numazu. Notre gaillard a 180 km dans les jambes et est toujours à nos petits soins. En arrivant chez lui, on a un peu l’impression de faire irruption dans sa famille. Sa maman est toute affairée à préparer notre chambre et le repas. On sent l’envie de bien faire de tous. The Beast aura même le droit de dormir dedans séparé du tatami par un simple plastique. A notre plus grand étonnement, selon nos hôtes, il semble plus sûr de ne pas laisser vélo et bagages à l’extérieur. Et ils n’en démordent pas. La première chose que l’on nous indique en entrant dans la maison est les toilettes (ben c’est pas faux). Puis,Dupond et Dupont se retrouvent assis en tailleur (ou pas… ;-)) dans leur nouvelle chambre. Nous sommes surpris d’entendre notre hôte nous dire en fermant la porte « have a rest ».

Nous avons 20 minutes pour nous reposer avant de partir au onsen avant le repas. Comme en Chine, il semble important de prendre le temps de se relaxer ! Contrairement à chez nous où nous discuterions autour d’une table tous ensemble dès notre arrivée, ici, il est essentiel que nous ayons du temps pour nous. Chargés de bon sens et prévenants, c’est avec étonnement que j’ai envie de répondre à tout ce qu’ils proposent « Ben oui ! C’est justement ce qu’il me faut ». Ça en devient presque effrayant, à croire qu’ils lisent dans nos pensées. J

20 minutes plus tard, on part en taxi pour le meilleur onsen du voyage. Coup de théâtre, en chemin Akira nous informe qu’il ne viendra pas dans les bains avec nous mais par contre nous assure qu’il viendra nous rechercher avec le même taxi. L’équipe à l’arrière ne peut s’empêcher de sourire de surprise, d’étonnement et de bonheur tout en se disant que si nous étions au Pérou, nous souririons jaune… Vélo et bagages étant dans une maison dont nous ne connaissons pas l’adresse, n’ayant aucune idée d’où nous sommes et ayant pour seule valeur sur nous notre maillot de bain…Ah non ! On ne l’a même pas celui-là… ! Merci Akira de m’avoir fait découvrir que « l’homme est fondamentalement bon ».

Nous voilà dans un complexe de bains au pied du mont Fuji. Dès notre entrée (séparée ;-)) nous découvrons de nombreux bassins dont certains restent bien mystérieux encore à ce jour. Différentes températures, avec ou sans bulles, profonds ou peu profonds, de différentes couleurs ou naturels, petits ou grands, intérieurs ou extérieurs, on a pléthore de choix. Certains auront un penchant pour les 3 immenses sceaux en bois remplis respectivement d’une eau jaune, verte ou ocre. Sans parler du hammam brumisateur géant où allongé sur des pierres, de mini gouttelettes tombent sur ton corps.

Img 8052Mais il est déjà temps de rejoindre Akira. Nous nous retrouvons assis à une table remplie de sushis, d’onigiri et de yakitori (brochettes de viande). Surprise, à nouveau, bien que trois couverts soient mis, nous ne sommes que deux à manger ! On vous laisse deviner lesquels. Toute la table est à notre disposition, nous qui ne devons certainement pas avoir souvent l’occasion de manger des sushis. Akira mangera plus tard. A nouveau, très différent de ce que nous ferions « chez nous ». Nous sommes un peu gênés. Sans parler qu’en amateur confirmés, nous semblons extrêmement malhabiles avec nos baguettes et toutes ces tailles de sushis sous un regard avisé. Parmi nos discussions, se glisse le sujet des rêves et Akira nous confie le sien. Après de nombreuses heures à refaire le monde dans tous les sens en anglais et japonais, certains ont les yeux qui se ferment. Il est l’heure d’aller au lit ! Enfin, au futon !

Jour 89 : Numazu – Atami – 31 km

Ah ! Comme ça fait du bien de troquer pour une nuit tente et matelas contre tatami, futon et édredon. Autour du déjeuner, Akira nous donne un petit calepin avec un béaba de mots japonais fort utile pour nous. Dommage que notre voyage nippon touche déjà bientôt à sa fin. Avant notre départ, nous nous faisons recommander la route et il semble que les discussions animées autour de la carte ne convergent pas tout à fait. Nouvelle surprise, Akira sort son vélo. Il vient avec nous jusqu’à Atami, 30 km plus loin !

En route, notre guide fait une halte au temple shinto de Mishima (la ville pas l’écrivain…) où il nous explique les différents rituels. Puis notre matinée ira de surprises en surprises. Tout d’abord c’est un paquet de carte du Mont Fuji qui s’ajoute à nos sacoches, une série de petites babioles japonaises sans parler des nombreux thés froids ! Oui Akira est très observateur, prévenant et a bien remarqué que certaines carburent à la théine… :-D

Atami n’est plus qu’à quelques kilomètres…surprise (encore une) un petit col ! Notre ami toujours en jeans et avec un vélo à deux plateaux (!) continue de nous impressionner lorsqu’il nous dit en voyant passer deux cyclistes : « ça c’est des pros ! » On a envie de lui dire qu’on ne connait pas beaucoup de gaillard qui se dise « ah ben tiens ce matin je vais faire 180 km pour aller voir des amis! ». Hey Akira tu as le droit de porter des maillots cyclistes ! :-D

Une belle descente s’offre à nous 3km à 12-15%....pffff avec notre engin de guerre ça promet ! Dernière grosse surprise de la journée…..  « Baaaaammm !!! » notre pneu arrière explose littéralement !!!! Heureusement que nous étions en train de freiner pour nous arrêter en bord de route sinon….vaut mieux pas imaginer ! Voilà nous sommes à plat…. Atami n’est qu’à 3 km.

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Les super Dupont(d), seuls, arrêteraient un camion mais là… on est sous l’aile de notre hôte ! Pas évident de trouver une solution avec tous nos bagages, la longueur du vélo… Face à l’impasse et contre toute attente, Akira appelle… la police !!!! :-D On ne peut s’empêcher de se dire… qu’il  n’y a qu’au Japon où les policiers ont le temps de venir dépanner un tandem… :-DDD C’est donc en fourgonnette que l’on rejoint Atami ! On nous emmène direct devant un café/shop vélo. On est dimanche et c’est fermé mais avec un appel de la police tout devient possible :-D

Akira restera avec nous jusqu’à l’arrivée du vélociste ! Il est déjà 17h. La route de retour ne semble pas vraiment l’ennuyer mais on sent qu’il apprécie notre compagnie et les discussions sur nos différences culturelles. « Allez, je reste aussi ce soir ! ». The Beast restera au shop jusqu’à demain. Un pneu devrait arriver dans la nuit… Le vélociste nous conseille un parc où dormir… Ahahahah le camping urbain le moins caché du monde ! Merveilleux comme l’on se sent en sécurité dans ce pays. La tente est plantée au milieu d’un square en plein centre-ville. :-D Akira, quant à lui, part à la recherche d’un hôtel.

Plus tard, c’est dans un restaurant chinois qu’il nous emmène ! Une journée vraiment toute en surprise…. :-) Les saveurs n’ont rien à voir avec ce que nous avons goûté en Chine et nos estomacs réclament du japonais !

Jour 90 : Atami – Tokyo – 105 km

C’est un peu la larme à l’œil que nous quittons Akira. Cette fois, nous en sommes certains.... « l’homme est fondamentalement bon ». The Beast a un beau pneu Schwalbe Marathon flambant neuf ! Un peu plus étroit mais il fera très bien l’affaire !

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On vise Tokyo pour la fin de journée ! 108 km ! Easy Petzi :-D Enfin si les feux sont aussi nombreux qu’entre Kyoto et Osaka, on va mettre 2 jours… Belle surprise il n’en est rien !!! Une voie royale ! Comme Shanghai, ces mégalopoles sont contre toute attente le rêve pour le cyclo ! Les voitures étant concentrées sur des routes ou ponts aériens, en dessous, ben c’est la fête ! On de la peine à croire qu’on entre aussi facilement dans Tokyo et tout aussi facilement DANS l’aéroport !!!!

A 500m de la zone aérienne, en demandant notre direction pour le terminal 1, un policier nous dit que cela va être difficile d’entrer dans la zone…  « les tandems sont interdits au Japon ! ». On ne peut s’empêcher de rire en lui disant d’où l’on vient… et que l’on va quand même essayer. C’est un « good luck » qu’il nous lance avec le sourire et peu de conviction. Et voilà-t-il pas que 10 minutes plus tard Dupont et Dupond prennent innocemment un ascenseur avec The Beast pour la zone Départ. Ben il n’y avait pas de panneaux indiquant que c’était interdit aux vélos ! On n’est pas toujours très fiers de jouer aux « foreigners ».

Ce n’est que deux heures plus tard qu’un agent de l’information vient nous dire que les vélos sont interdits dans l’aéroport. Après discussion, on comprend qu’on ne peut pas « rouler » le vélo dans l’aéroport… Ok on le met sur… un chariot !!! J L’aéroport d’Haneda sera notre stamm pour les 55 prochaines heures. On pose nos quartiers ! On a décidé de faire ainsi trouvant les hôtels hors budget à Tokyo et le camping urbain pas des plus pratiques pour nos trois jours tokyoïtes. Ce sera donc derrière les comptoirs check-in Emirates que nous passerons notre première nuit !

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Jour 91-92 : pause à Haneda Airport – 20 km

Première nuit « aéroportienne » nickel ! Dormi comme des bébés :-D C’est avec encore les yeux semi-collés, que nous rencontrons Piotr, un tchèque « coincé » dans cet aéroport. En moins de 2 minutes, on sent la détresse de cet homme. Alcoolique (encore un…), sortant de l’hôpital pour on ne sait pas trop quelle opération (il a un radio avec une espèce de broche dans la trachée…), et surtout pris de fort accès de paranoïa. C’est vrai on aurait pu ne pas faire de cas et lui dire gentiment de s’en aller… mais on a de la peine à agir ainsi tant nous avons reçu de gentillesse ces derniers temps au Japon. « L’homme est fondamentalement bon », on vous rappelle.

Edgar fera des pieds et des mains pendant 5h de temps pour l’aider à déplacer son vol. Téléphone à l’ambassade tchèque, police, Lufthansa et j’en passe. Son vol retour n’étant que… le 23 août ! Ça fait long pour poireauter dans Haneda Airport… Sans assurance maladie ou rapatriement, il est mal barré le gaillard. Lorsque finalement on lui trouve un billet à 600.- et qu’il le refuse en disant que c’est trop cher… On n’a pas le choix : on laisse tomber. On s’étonne tout de même que la police ne fasse rien. Enfin… espérons qu’il n’est pas toujours en train d’errer dans l’aéroport….

 Img 8151Il est 13h et de notre côté, nous devons trouver une box vélo pardi ! On embarque dans 36h en direction de Saint-Pétersbourg !  C’est parti ! On trouve un shop vélo pas trop loin de l’aéroport, une boîte pas trop petite mais pas trop grande non plus… et une manière pas trop mal de la ficeler sur le bike pour retourner à notre stamm. On commence à nous connaître dans la zone de départ…. :-D Soit dit en passant, l’aéroport d’Haneda est très agréable… Douches à dispo pour 10.-, calme et on peut y dormir sans problème !

On consacre notre après-midi à dépiauter et emballer The Beast. A nouveau, nous devons enlever fourche et roue avant ! La cerise sur le gâteau est qu’en volant avec Emirates on s’est laissé avoir par une option alléchante mais qui finalement ne l’est pas du tout ! Le vélo est inclus  dans la franchise bagage MAIS celle-ci ne fait « que » 30 kg/personne. Chaque kilo supplémentaire est taxé 61.- (CHF)  Oups… un rapide calcul nous fait prendre conscience qu’avec tout notre matériel nous en aurions pour plus de… 600.- de surtaxe !!!!! Ça ne rigole plus trop dans Haneda airport…. On va passer les prochaines heures à trier, jeter et surtout échanger nos deux bagages à mains par deux grosses sacoches remplies de choses très lourdes et méga utiles pour dans l’avion… On espère qu’il ne nous les pèserons pas au check-in… A la dernière pesée : box vélo 29,9 kg (good !), « baluchon » composé de fourche, roue et sacoches 29,8 kg (very good !). On est bons ! Excepté nos bagages à main qui sont lourds….très lourds…. On a droit à 7kg/pers… On taira leur poids effectif :-D Dans le pire des cas on pourra toujours enfiler tous nos habits sur nous…

Il est 19h, le temps a filé. On décide de se lancer dans une nuit « tokyoïte » ! Après un rapide coup d’œil sur internet, nous réalisons que, à notre plus grand étonnement, « ça ferme » ! Oui toute la ville semble s’éteindre vers 23h… mince ! Ce sera donc pour demain… Nous déplaçons notre campement vers le dernier étage de l’aéroport, coin boutiques et terrasse avec vue sur le tarmac ! Plus calme (mis à part la voix de l’escalator qui susurrera toute la nuit… Oui les escalators parlent au Japon ! :-) mais surtout loin de « notre » Piotr….

Jour 93 : Tokyo – St-Pétersburg

A nous trois Tokyo la belle ! Mon souvenir de 2001 est encore assez fort…. Oui, elle m’avait marquée cette mégalopole du haut de mes 21 ans… Première surprise en prenant le métro… les stations sont aussi en anglais ?!?! « Whaaaaat ? » Ah ben c’est sûr comme ça c’est plus simple :-DDD On commence par le quartier de Shibuya (Hachikō est toujours là…). Puis Shinjuku et finalement le parc Ueno. On remarque une forte différence… On n’est pas dans le même Japon. Tokyo est unique en son genre ! On aime bien. On s’imagine même pouvoir y vivre ! Après une halte chez le coiffeur (il ne faut pas quitter le Japon sans avoir testé ! Merveilleux ! Mis à part la couleur tirant sur le roux… j’ai eu droit à un massage crâne et nuque de 20 minutes !), c’est dans un karaoké que Dupont et Dupond finissent leur journée tokyoïte. Contre toute attente, dès la première chanson….c’est avec une voix suave que certains se jettent à l’eau. Woaw ! Fifi brindacier et son Dupont repartent la tête dans les nuages en direction de l’aéroport pour prendre leur vol pour l’Europe.

Les événements qui vont suivre vont changer à jamais la vie de nos deux cyclos. Ils découvriront dans le vol Tokyo – St-Pétersbourg leur plus belle raison de rentrer à la maison. L’Europe… nous y voici… St.- Pétersbourg cette ville russe regorge de merveilles historiques, culturelles… on en a le souffle coupé ! 4 jours pour atterrir et descendre de notre nuage.



 



 

Commentaires (4)

1. Arlenevak 22/07/2017

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2. DorothyMoG 19/07/2017

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3. Zeller 26/07/2014

Vraiment magnifique, quel beau voyage et quelles belles rencontres, ça fait du bien, ça nous met le coeur en joie.

4. Christophe Schaad 29/06/2014

magnifique voyage, toutes ces rencontres, et cette bonté toute japonaise... l'homme est fondamentalement bon... oui mais vachement + dans certains pays que dans d'autres ;-)

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