Carnet de route 7 : La Chine ou le cenovis

Chine 2

Jour 44 : Binyang – Laibin – 98 km

Départ prévu à 10h. Li nous accompagne pour la sortie de la ville ! Etonnante sortie car ce n’est pas un bébé cul nu que l’on voit en chemin mais un grand tout nu ! Oui oui un homme marchant tranquillement à poil dans la rue :-D Je vous dis on voit de tout en Chine. Ah ça nous plaît bien ce Cenovis pour l’instant. La route jusqu’à Laibin est remplie de rizières et nous voyons beaucoup de gens dans les champs.

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L’entrée dans la ville est très « smooth ». On est face à une ville en voie d’agrandissement et de croissance à la chinoise. Des grandes étendues et ça construit, ça construit en hauteur et pourtant on ne trouve pas qu’il y ait beaucoup d’habitants ni un trafic monstre. Après quelques essais dans des hôtels plutôt de journée, pour rester polie, on trouve un endroit sympa tenu par une famille. La rue est qui plus est bien animée et remplie de bar à shakes ! Yummi ! On testera un mix entre gargote et resto où l’on déguste un bon pot-au-feu.

Jour 45 : Laibin – Gaotan (probablement) – la « vraie » aventure

Woooaw on appréhende un peu la sortie de la ville et finalement : easy Petzi ! Ça en devient presque trop facile…hum la suite de la journée nous apprendra à ne pas vendre la peau de l’ours trop vite… :-D Pour la Chine, nous avons opté pour l’option tandem de choc « boussole + Google map ». C’est nickel ! Impossible de se perdre…enfin presque !

C’est décidé : aujourd’hui, on teste un peu ces petites routes qui nous narguent en embranchement à notre voie royale. Après 15 km et quelques petits pains à la viande achetés en chemin, on prend à gauche sur une route en terre. C’est parti pour la « vraie aventure » cette fois-ci :-D Ahahahaha après seulement 20 km ça peste à l’arrière comme quoi : « ça va pas assez vite, ça « bump » dans tous les sens, en plus on a failli se faire croquer par un chien qui a vite reçu un coup de Dazzer (soit dit en passant ça marche super bien !), il pleut des cordes, les nids de poules se remplissent d’eau, ça devient boueux…à tel point que l’on s’enfonce parfois dans 5cm de boue ». Bon les paysages sont pas mal…et les sourires dans les villages rattrapent bien vite tout ronchonnement !

On réalise rapidement en voyant notre avancée sur la carte que notre objectif de la journée sera à revoir. Eh oui nous allons beaucoup plus lentement sur ce genre de route… On trouve sympa, mais à dire vrai, on n’est pas très fan. Peut-être le biais du cycliste de route ? Finalement les routes prises jusqu’à maintenant nous permettaient aussi de passer dans des petits villages. Pour couronner le tout, on va faire l’expérience du « comment ne pas perdre la face quand on est chinois ». Le cenovis a failli tourner au rance…. On avait vaguement lu sur certains blogs cyclos qu’en s’embarquant sur cette petite route il y avait, à un moment donné, une rivière à traverser… Ok mais comment ? A chacun son aventure, son récit, son bac, son bateau ou son radeau… :-D

Pour nous, tout commence avec une arrivée à Gao’anxiang vers 15h….et là on a le « malheur » de demander notre route pour Huangmaozhen en face de la rivière. Une première personne nous indique une direction, vient même jusqu’à nous escorter un bout. Après quelques kilomètres et deux villages (30 habitants), on redemande notre direction…et là : caramba c’est dans l’autre sens !!!!! « Whaaaaat ?! » Le plus impressionnant et que bien qu’on ne comprenne rien quand ils parlent, ils sont plus que persuadés que nous arrivons à lire !!!! Alors on a droit à tout un explicatif avec plan écrit en chinois et tout le tralalala. Voilà ce que nous en comprenons : il y a deux chemins qui mènent à « notre » Rome. Un semble difficilement praticable avec notre tandem : ils nous montrent que l’on risquerait de devoir pousser avec notre chargement ce qui serait impossible a priori. Le deuxième est donc plus approprié mais est plus long…. Dans tous les cas, là où on voulait aller ne va pas et est la mauvaise route !

Ok, alors on rebrousse chemin. Désirant reconfirmer ces infos toutes fraîches, ben on a la bonne et excellente idée de…redemander (on doit être un peu dur au mal l’équipe) ! Ahahahahah cette fois-ci, semblerait-il que notre direction mène à une autre ville. En regardant sur notre carte, cette ville nous ferait gagner 40 km ! Magique ! Ça nous plait bien ! Du coup on va cette fois demander « Shilongzhen ». L’heure avance et nous…on tourne en rond ! Je comprends mieux le « ne jamais demander sa route à un chinois »… c’est à en devenir fou ! On est passé 4 ou 5 fois dans le même village ! On a même tendu des stylos et du papier pour des ébauches de plan…peine perdue ! :-D La situation tend un peu l’équipe, enfin surtout certaines qui voient la nuit approcher….et qui commence à pester sec….J’ai bien pensé à Chris qui comparait la Chine au Cenovis…en disant : « la Chine on ne sait pas si on l’aime ou pas « ! Tellement vrai ! Et ceci on va l’expérimenter encore quelques fois.

Finalement, après 2h de « tournicoti-tournicoton », on découvre un chemin raide, un vrai raidillon de chez raidillon qui semble descendre vers la rivière où l’on entre-aperçoit des bateaux. Bingo ! On y est !

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Avant de nous lancer dans la descente, une petite dame nous arrête en nous disant on ne sait trop quoi mais on semble comprendre qu’il ne faille pas descendre… Que nenni ! Il y a des barques là en bas qui nous font traverser cette fichue rivière, on va y aller ! Les « tronchus » commencent à descendre et là elle vient vers moi pour me montrer comment bien tenir le tandem… Aaaaah ok ! C’est effectivement bien glissant…


La pluie a rendu le raidillon extrêmement boueux. Je comprends immédiatement sa crainte avec notre engin de guerre mais elle ne sait pas qu’il a de mega freins ! Et surtout que nous avons de super clips en métal sous les chaussures qui ne font pas une très bonne prise au contact de l’asphalte. Bref je fais mine de bien tenir là où elle m’a montré et c’est parti on descend ! Arrivés au bord de l’eau, on est accueillis par un chien les crocs dehors…. Sympa ! Le propriétaire du bateau n’a pas l’air de trop être intéressé par l’équipe qui désirerait traverser. Après quelques minutes d’attente, durant lesquelles on se dit que c’est vraiment galère, qu’on aurait mieux fait de prendre la route, et qu’en même temps maintenant nous sommes là et qu’on aurait de la peine à rebrousser chemin avec ce raidillon, une barque bouge et s’avance vers nous. Houraaaaa ! Hop The Beast embarque et les amarres sont larguées.
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En arrivant de l’autre côté sur la berge, on repense assez vite aux schémas écrits en chinois avec les deux alternatives de route… Woaw en effet ça va être chaud pour remonter !!! Impossible de tourner le tandem sur le bateau. Il pleut toujours des cordes, c’est toujours boueux, on a toujours les chaussures à clip et la rivière est toujours là, prête à nous accueillir à bras ouverts :-D Nous n’avons pas le choix, il va falloir y aller en reculant et le tourner dans la pente ! Ben sur ce coup-ci « pas easy Petzi » et si la femme du matelot ne nous avait pas aidé, on y serait encore. Une force titanesque la petite dame. Petite mais archi costaude ! Ouf une fois passé le coin délicat et abrupt, on décharge pour faire la suite en plusieurs fois.

La nuit est quasi là. Shilongzen devrait être tout prêt, à seulement quelques kilomètres, mais qui peut en être vraiment sûr ? En tous cas, on ne demande plus ! On préfère monter la tente. Le camping sauvage est « interdit » en Chine. Plus que par non envie de se faire réveiller au milieu de la nuit par la police que par crainte de l’interdiction, on décide de demander à quelqu’un pour camper dans sa cour ou son jardin. La première personne à qui l’on demande nous invite à manger mais nous fait comprendre que ça ne jouerait pas pour dormir. On tente notre chance dans la maison suivante. On s’apprête à tester pour la première fois pour certaines l’hospitalité chinoise ! Riche expérience haute en couleurs !

On est catapultés en moins de 5 minutes autour d’une table dans le hall de la maison d’une famille chinoise avec grands-parents, parents et petit enfant. L’application de la règle de l’enfant unique varie selon différents critères : ville vs campagne, l’ « ethnie », société matri ou patriarcale etc… Notre famille hôte est composée ainsi : les grands-parents, leur fils marié et sa femme avec un enfant : une petite fille. Ils vivent tous sous le même toit. Les grands-parents s’occupent des petits enfants et les enfants des parents :-D Il semblerait aussi qu’après le mariage la femme aille vivre dans sa belle-famille. Toujours est-il que 3 grands bols sont sur la table et que dans quelques minutes nos deux cyclos détrempés par la pluie vont devoir « jouer de la baguette » en faisant preuve de dextérité et ne pas s’emmêler les pinceaux avec  les codes chinois. Hum…cela va être une longue série de « pieds dans le plat » ! Heureusement, uniquement au sens figuré ! Il faut imaginer la scène : notre famille hôte va tout faire pour nous assurer le meilleur séjour sous leur toit selon leurs us et coutumes qui diffèrent totalement des nôtres…et nous, nous allons tout faire pour montrer notre reconnaissance et ne surtout ne pas trop les déranger. Les bons p’tits suisses !

On commence par refuser poliment le pain tout chaud qu’on nous offre en se disant qu’on ne veut pas les priver de ce met délicat. Finalement, on craque et on en prend quand même. Pour éviter la boulette qui roule sur le sol, certaines le mangera avec les mains. Ça n’a pas l’air de trop déranger. C’est une chose de manger dans une gargote, où tu fais un peu à ta sauce : os crachés par terre ou pas, stérilium ou pas, finir son assiette ou pas etc…là on a 4 paires de yeux rivés sur nous ! :-D Alors ben on fait comme on peut ! Ahahahaha les hommes (tous -1) ont l’air de mettre os et arrêtes par terre tandis que les femmes mettent l’affaire sur la table. Enfin ma voisine et maîtresse de maison a suivi mon mouvement. Ai-je fait faux et par politesse elle aurait fait comme moi ? On ne saura jamais ! Ensuite, ben les chinois, ils boivent paraît-il ! Ahahahaha certains ont vite compris leur malheur quand le fils est parti chercher le jerricane d’alcool fort à passé 50° ! Le vélo à bon dos ! Edgar décline l’offre en mimant la difficulté à prendre la route et à rouler demain s’il commence à boire. Ouf ce sera donc de la bière qui remplira nos verres toute la soirée. J’avais bien retenu les paroles de Chris : « Ne jamais commencer à boire avec des chinois ! ». Ce n’est que quelques heures plus tard que nous réalisons, enfin on n’est toujours pas certains de nos interprétations, qu’à chaque fois que l’invité prend son verre, les autres doivent également boire et faire santé ! Certaines s’amusent du coup à vérifier l’interprétation en approchant sa main du verre pour voir les réactions voisines ! :-D

Notre plus gros impair arrive lorsque l’on nous demande si ça nous va deux chambres. Il faut imaginer que l’on communique par gestes ou dessins. Ont-ils le même langage non verbal que nous ? On n’en sait rien ! Autant dire, qu’on n’est pas très loin de l’incompréhension. A nouveau, on veut bien faire et pour nous deux chambres c’est beaucoup trop ! Déjà avec une on est gêné, alors deux… On explique comme on peut qu’on est mariés, que l’on peut partager le même lit etc… dessins et gestuelle. Je fais alors un signe avec les pouces qui selon une source que nous aurions peut-être dû vérifier signifierait « être mariés ». Sachant que la source en question est une masseuse d’un salon à Nanning et compte tenu de la réaction de nos hôtes, on n’est pas certains d’avoir fait le bon signe… oups ! Le fils a beau détendre l’ambiance en nous faisant des santé à tout va, on a l’air de les avoir mis dans l’embarras. Nous qui voulions tout faire pour ne pas les déranger et eux tout faire pour nous faire plaisir, ça semble râpé.

S’en suit une série de coups de fil. Ils nous disent que l’on va trouver un arrangement. On pourra dormir ensemble. Et dire que la base de notre refus était de leur éviter de nous laisser deux chambres… :-D On propose même de mettre la tente dans le garage mais ça ne semble de loin pas une option. La maîtresse de maison nous fait des grands gestes en indiquant le passage du seuil en montrant bien la démarcation entre l’extérieur et l’intérieur de la maison. Puis on doit montrer, nos passeports. On n’y comprend vraiment plus rien ! On est toujours détrempés et bientôt souls ! :-D Finalement, on tend à Edgar un téléphone au bout duquel une personne parle anglais. Alléluia !!!! Tout devient clair et limpide !

On vous explique : on est dans la province du Guanxi et ici la tradition veut que lorsqu’on invite des hôtes à dormir, ils dorment dans des chambres séparées. Mariés ou pas. Une fois passé le pas de porte, c’est la tradition qui opère et on ne peut transgresser ses règles. Impossible donc d’imaginer mettre une tente dans le garage. Après ce que l’on ne sait pas (pas encore) c’est ce qu’il se  passe si la tradition n’est pas respectée. Est-ce une amende à la police ? Est-ce un mauvais augure pour la famille ? Est-ce que cette tradition n’est valable que pour les « laowais » (étrangers) ? Sachant que nous n’avions pas le droit de monter ensemble pour se doucher, est-ce que ce serait l’acte de consommation de l’amour qui porterait un mauvais augure ou d’être nus dans la même pièce ? Est-ce que notre signe des pouces voulait dire quelque chose de saugrenu ? Beaucoup de questions en suspens. Une chose est sûre, nous voilà assis à une tablée qui s’est bien agrandie ! Les oncles sont venus se joindre à nous, les cartes sont sorties et la bière coule à flot ! Attendez une seconde….les oncles ?! Mais il y en a une bonne dizaine ?! Et la loi de l’enfant unique ??? Vous en saurez plus en lisant le carnet de voyage ;-) Ici, ça se reconfirme, tous les cousins sont des frères ou plutôt tous les frères sont des cousins ! Bref…il est 23h, la fatigue commence à se faire sentir, les paupières pourraient se fermer assez rapidement. Heureusement, que l’épais nuage de fumée émanant des dizaines de cigarettes à la chaîne nous pique les yeux et ainsi les maintienne bien ouverts.

On rencontre alors Shanon (les chinois qui parlent anglais ont tous un prénom occidental). Elle parle anglais ! Cela fait quelques années qu’elle ne pratique plus et s’excuse de ne pas parler mieux. On est tellement contents de pouvoir expliquer ce que l’on fait là et surtout de pouvoir poser des questions !!!  Cela se rereconfirme, les jeunes garçons autour de la table sont bien ses frères, et leurs pères sont ses oncles ! :-D Elle nous invite à manger et dormir chez elle demain ! Le cenovis est bon, mais avec modération diront certaines… On aurait beaucoup de plaisir à rester plus longtemps mais la route qui nous mène jusqu’à Shanghai, où un ferry pour le Japon nous attend, est encore longue. On va volontiers déjeuner chez elle et on projette un départ vers midi. Entendu ! :-D Avant de partir, elle nous dit que nous ne sommes pas obligés de boire et que si nous voulons aller nous coucher nous pouvons y aller sans autre. Eux continueront à boire et jouer aux cartes. Ok alors on se lève et là on a l’impression de les libérer :-D Tout le monde finit son verre cul sec et se dit au revoir. Oui les chinois boivent la bière cul sec ! Une surprise ! On a dû vraiment passer pour des petits sirops. Et à nouveau, c’est l’invité qui donne le signal de fin de soirée. Ils étaient mal barrés avec cette équipe de bons p’tits suisses qui n’osaient pas se remiser…. Une chose est certaine, on est raides ! On ne demande pas nos restes pour nous diriger vers nos chambres respectives et on nous fait bien comprendre qu’il ne faut pas entrer dans la chambre de l’autre. On se partage donc les sacoches sur le seuil. Certains semblent pas très enchantés à dormir seul alors que d’autres se font expliquer comment fermer la porte à double verrou. Ouuuhhh ça ne rigole pas par-là ! On n’est pas prêts d’enfreindre la tradition :-)

Jour 46 : Gaotan – Liuzhou – 60 km – la pollution

Douce nuit ! Il est 7h, la maison semble éveillée depuis un moment. Chacun vaque à ses occupations et tâches. Je me demande comment a dormi mon mari de l’autre côté et surtout comment il a fait pour se réveiller sans batterie à son natel. Surprise quand j’ouvre la porte, il est déjà debout ! Tout penaud, il me dit qu’il n’aime pas dormir loin de moi ! On a l’impression de ne s’être pas vu depuis un bail…7h ! Tout est relatif… Quand on passe 23h sur 24h l’un à côté, on s’habitue à la présence de l’autre :-D

Shanon vient nous chercher à 8h pour déjeuner chez elle mais à voir la table pleine de victuailles on se demande si nous avons bien compris. On comprend vite que l’on doit se servir. A nouveau, nous allons faire tout à l’envers ! N’osant refuser, on accepte. Deux minutes plus tard, Shanon arrive et nous demande pourquoi est-ce que l’on mange là alors que le déjeuner est près chez elle…. Oups ! On lui explique notre embarras et nous lui demandons comment faire : peut-on arrêter de manger et devons-nous la suivre ? Elle nous dit que nous pouvons continuer à manger car elle a déjà mangé. Dit-elle ceci pour ne pas manger ce que sa tante a préparé alors que sa maman a préparé un déjeuner pour nous dans sa maison ? On ne saura jamais. Toujours est-il que nous ne voulons décevoir personne alors nous écourtons le déjeuner et filons. On lui explique que les cyclos sont des estomacs sur pattes et que nous pouvons sans problème manger deux fois.

Img 5190Arrivés chez elle, on fait la connaissance de son mari, son père, sa mère et ses oncles et frères qui sont pour une bonne partie la même équipe que hier soir. Elle nous explique qu’aujourd’hui ils vont tous ensemble célébrer leurs ancêtres. C’est une semaine de culte et cérémonie dans la province du Guanxi. Les parents se recueillent sur la tombe de leurs ancêtres, y font brûler de l’encens et des pétards pour éloigner les mauvais esprits. On nous propose de les accompagner mais on sent qu’en acceptant, on signerait pour bien plus que quelques heures. On pourrait rester une semaine dans ce petit village. La route qui nous attend est encore longue…

Bien que la table soit remplie de bonnes choses à manger, après nous avoir offert un œuf cuit dur, Shanon nous propose de partir visiter le village et d’y faire des photos. A voir on ne déjeune pas là quand même. Certains disent : « C’est l’arnaque ! » et partent penaud un œuf dans la poche pour un tour de village le ventre quasi vide (on n’a pas osé le manger car on ne savait pas où mettre les coquilles….). C’est drôle cette confrontation entre nos cultures si différentes. Des deux côtés, nous essayons de faire de notre mieux, de donner notre meilleur à l’autre, lui montrer notre reconnaissance etc et il se passe tout l’inverse !

En chemin, Shanon nous avoue qu’elle « aimait » beaucoup voyager avant de se marier. Notre tour autour du monde l’a fait rêver. Si son mari aimait voyager, cela serait aussi son rêve. Elle a étudié à Guilin et a terminé ses études il y a deux ans. Maintenant qu’elle est mariée, elle se destine à son foyer….Ses mots me pincent le cœur et j’aimerais l’embarquer sur notre porte-bagage. Au sens propre, comme au figuré ! Dans le Guanxi, les mariages sont souvent arrangés et la femme ne semble pas pouvoir avoir d’autres rôles « que » celui de femme au foyer. Son petit village est charmant et nous trouvons très touchant sa façon de nous le présenter. Elle est très fière de ce petit bijou de verdure caché entre monts et rivière. C’est beau d’être ainsi fier d’où l’on vient ! Elle s’émerveille en nous faisant découvrir les champs et rizières alentours, les arbres nouvellement plantés d’il y a deux ans, l’école de son enfance. Nous allons d’ailleurs avoir la chance de pouvoir y entrer pour faire quelques photos avec les enfants lors de la récré. Inoubliable !
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En entendant la cloche sonné, on imagine tous ces petits bouts sortir en courant et courir vers nous avec de grands sourires ! Que nenni ! Les 4 premiers qui sortent, bien en courant, s’arrêtent net en nous voyant, se figent pétrifiés de peur et font demi-tour….Ahahahaha qui aurait cru que l’on faisait si peur !!! Ben quand on y pense, effectivement…on est grands, certains barbus, pas vraiment la même gueule que le voisin avec nos nez pointus… Pour beaucoup d’enfants c’étaient la première fois qu’ils voyaient des « laowais » ! Après quelques minutes, ils semblent s’être habitués à cette équipe un peu bizarre et se prêtent au jeu des photos :-D

Img 5279 001De retour chez Shanon, on partage encore beaucoup avec le reste de sa famille. Sa grand-maman ainsi que son arrière grande-tante de 85 ans se joignent à nous. On a même l’occasion de prendre un petit dernier sur nos genoux. Tout le monde est ravi de nous rencontrer et veut faire des photos avec nous. On communique avec certains, qui ne parlent pas du tout anglais, grâce à des applications de traducteurs, chargées à la va vite. C’est beau la technologie ! En même temps, on regrette presque les moments où l’on se mettait à dessiner dans le sable pour nous faire comprendre. L’heure passe, les minutes défilent. Les ancêtres n’attendent pas et la maison se vide à l’exception de Shanon et son frère (un vrai semblerait-il). Nous partageons le dîner. Enfin, certaines ont plus de peine car bien que délicieux une migraine s’est installée et les nausées sont de la partie. Il me faudra même m’éclipser à un moment donné pour aller saluer de très très près la vache à l’extérieur. Espérons que cela fût plus discret que le fait que je ne mange rien… Ils pensent d’abord à une gêne, en me disant que je peux me servir sans autre. Puis peut-être se sont-ils dit que j’étais végétarienne car ils ont rajouté des légumes en disant que c’était une variété de légumes sauvages. Rien n’y faisait, difficile d’avaler autre chose que du riz… Finalement, le frère de Shanon nous demande si par hasard ce type de nourriture ne fait pas partie de nos habitudes alimentaires. Bingo ! On acquiesce. Et là il nous dit qu’il existe plus de 100 recettes en Chine : ce plat en est 1 mais qu’il y en a encore 99 autres. On l’entend comme : « si vous n’avez pas aimé cette recette-ci, ne pensez pas que le Cenovis est mauvais ! ». Heureusement, que d’autres ont sauvé la donne en mangeant pour quatre !!!  Déconcertante la facilité avec laquelle l’aristochat de mari s’adapte à toutes les situations ! Ah il m’impressionne celui-là !  Et quelque chose me dit qu’il n’a pas fini de m’impressionner :-D Il est midi tapante lorsque nous quittons Gaotan, petit village, où on laissera une empreinte de « laowais ».

L’objectif du jour est Liuzhou à 60 km. Le taux de pollution y est extrêmement élevé… Le plan initial nous permettait de l’éviter en traversant la rivière plus à l’est par Huangmaozhen mais parfois le voyage change de route ! On arrive à Liuzhou en fin de journée. Woaaww, en effet, on confirme il y a un smog de malade ! Faut imaginer un méga brouillard… :-/ Dommage la ville pourrait être intéressante architecturalement : construite sur une presqu’île au centre d’un méandre d’une rivière et avec des ponts traversant de toutes parts !  Assez impressionnant ! On trouve un petit hôtel sympa duquel on ne sortira que pour aller manger quelque chose dans la soirée. On a nos petites habitudes chinoises. Les hôtels sont facilement reconnaissables avec leur enseigne lumineuse rouge, leurs clims extérieures et leurs horloges ornant la réception. Nous sommes même devenus adeptes de la chaîne d’hôtels « Home Inn » : pas chers et très propres. Question nourriture, à notre grande surprise ce sont des « fast food » chinois qui nous plaisent le plus. :-D Toujours des légumes, une soupe, de la viande et…du riz.

Jour 47 : Liuzhou – Toupaizhen – 99 km

Vite vite vite quittons cette ville polluée au maximum ! On prendra quand même le temps de faire quelques photos pour nos sponsors à la sortie de la ville. La matinée passe très vite et le nombre de kilomètres plutôt lentement. Comme bien souvent, notre halte de midi permet de belles rencontres et nous rebooste pour la deuxième partie de la journée. Cette fois-ci, ce sera un petit garçon et son grand-papa ! Les « visages pâles » font toujours peur aux tout petits. On essaie de donner un ballon… la peur semble diminuer un peu mais on est loin des grands sourires :-)

Il est 13h et il nous resterait bien 120 km pour rejoindre Yangshuo. Hum cela va être difficile surtout que le profil est loin d’être plat. En regardant plus attentivement la carte, certaines réalisent qu’on pourrait poursuivre sur une grande route pour arriver directement à Guilin. Tentant ! Rapide… L’appât de la vitesse ! Pour d’autres, il n’est pas question de manquer de beaux paysages et d’avoir l’occasion de sortir des sentiers battus (ou d’y entrer justement…).

Nous roulerons en direction de Yangshuo ! Quel bon choix !!! On avait presque oublié le bien que cela fait de rouler au milieu des rizières ! Et nouveauté : ici, l’air est pur et cela sent le thé de jasmin ! Cette odeur nous accompagnera encore pour plusieurs dizaines de kilomètres. Nous ferons notre halte du soir dans la petite ville de Toupaizhen.

Jour 48 : Toupaizhen – Yangshuo – 84 km

C’est parti pour nos presque derniers kilomètres chinois ! Déjà ? Oui le temps file ! Les choses changent, évoluent. Par chez nous, en Suisse, des bébés naissent, des personnes chères nous quittent. La vie suit son cours, somme toute. Ma grand-maman aura eu la chance de partager une partie de notre voyage chinois, sur notre porte-bagage, pour les derniers instants de sa vie. On pense bien à elle durant ces quelques jours. Yangshuo se promettait belle et elle l’est ! En tous cas les 2 km avant l’entrée dans la ville. Incroyable sensation que de rouler parmi ces pics karstiques. On se sent tout petit. La ville en soi se résume assez vite et en un seul mot : tourisme. Comme dirait Chris, on ne peut pas leur en vouloir car cet endroit est magnifique ! Ils ont bien raison. Oui c’est vrai mais quand même, on n’aime pas trop :-D Notre carnet de voyage développera un peu plus sur les différences entre tourisme et authenticité.
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Le Riverside retreat ? 1 jour de pause dans un petit hôtel familial en dehors du brouhaha semble parfait ! Et ça l’est ! Pour 25.- on a une chambre avec une vue magnifique sur les pains de sucre. On peut même les voir depuis les toilettes :-O  

Jour 49 : Yangshuo – Yangshuo

Comme déjà mentionné plusieurs fois, le plus dur finalement ce ne sont pas les jours où nous roulons mais bien les jours de pause !! Cela peut paraître étrange. Dorénavant, le vélo fait partie intégrante de notre quotidien. The Beast nous accompagne d’ailleurs bien souvent lors des visites en ville et nous râlons passablement lorsque nous devons le laisser en dehors de certains sites. On devient flémards dès qu’il faut marcher…. « Hein, on doit faire ça à pieds ?...Whaaaaat ?! ». Pour aujourd’hui ce sera « l’ascension » de la colline de la lune (Moon Hill) avec plus de 1000 marches. Intéressant ! Pas époustouflant, mais intéressant. Nos jambes flageolaient à la descente. Quelques tours dans les ruelles de Yangshuo et nous voici de retour dans notre coin de paradis. Cette fois c’est farniente ! :-D

Jour 50 : Yangshuo – Putao – 25 km

On a presque l’impression d’être un jour de grand départ après cette petite pause. Différentes routes s’offrent à nous pour rejoindre Guilin. Une question se pose, l’est ou l’ouest de la rivière ? On choisira l’est de la rivière ce qui nous permettra de passer par Xingpingzhen. Selon certains blogs cyclos, une chouette petite ville chinoise, de belles ruelles avec maisons de pierre et lampions rouges.  Et pas encore trop touristique. Hum… Nos blogs dataient de 2011… et les choses changent vites ! On se retrouve dans des ruelles en travaux et des hordes de touristes. Notre halte de midi ne fera que confirmer notre « mauvais choix » avec des prix exorbitants pour du « sans-saveur ».

On rencontre toutefois un américain qui vit au-dessus du restaurant et qui nous donne quelques conseils sur les routes menant à Guilin. Héhéhé ce sont des routes de montagne ! Nos cœurs de p’tits suisses sautent de joie ! Par contre nous devons prendre un bac pour traverser la rivière… cela semble mieux à l’ouest. Notre dernière expérience de bac nous a un peu refroidi… 6 km de route puis le bac. Ok, on file !

A peine, 500m plus loin on se fait arrêter par une horde de petites nanas qui crient « bamboo boat » « bamboo boat » « bamboo boat » !!!  « Euh…en bateau de bamboo ?? » The Beast n’a pas l’air de sauter de joie ! :-/ On voit d’autres bacs et bateaux. On décide de s’arrêter pour demander si c’est bien ici qu’il faut traverser pour rejoindre « Dapingcun ». Grave erreur !!!! Ahahahaha faut croire qu’on n’a toujours pas compris qu’il ne fallait rien demander à un chinois. On s’excuse d’avance si parfois notre ethnocentrisme sort du placard… Mais il faut le reconnaître parfois le Cenovis tourne au rance ! On finit donc sur un bac avec The Beast et 20 yuans en moins dans la poche. Nous sommes les seuls à avoir dû payer… Bon peut-être que les autres passagers ont des abonnements. Soyons naïfs pour préserver notre plaisir du voyage.

Arrivés de l’autre côté, après un débarquement un peu houleux où The Beast perdit son dernier pied, deux chemins, sans indications aucune, s’offrent à nous. Et là Dupont et Dupond dans toute leur splendeur : « Heuh… on prend à gauche ? » « Je dirais même plus et si nous testions la voie de droite ! ». On s’évertuera une énième fois à demander notre route ! Oui, on est tronchus. Mais on a la meilleure des excuses : on s’évertue à penser que ce n’est pas possible qu’ils ne puissent pas nous renseigner « juste ». On y croit, on y croit ! 2h plus tard on est toujours en train de tourner en ronds dans les potager et vergers du bled. Chemins de boue en veux- tu en voilà et avec la berge d’en face, d’où nous venons, toujours dans le collimateur. Arghhhhh ça tend ! « Non mais c’est pas possible ! Il nous indique à gauche, puis à droite ! Pour la même direction !!! Cette fois c’est fini. On reprend le bac et on se casse de ce bled moisi ! » Oui on s’énerve un peu… on avoue. Evidemment, 20 yuans pour retraverser ! Toujours personne d’autre qui ne paie… Dans un excès de sentiment d’injustice, je persiste à vouloir donner à notre cher batelier 10 yuans de plus pour le mettre dans une situation d’embarras. Ça ne marche pas… :-D

Une fois de retour sur notre berge de départ,  on file directement où on pensait aller initialement : à 6km pour prendre LE fameux bac dont nous avait parlé l’américain. Le « bamboo boat effect » nous aura fait perdre 2h. Vous me diriez qu’on a le temps ? La nuit tombe vers 18h30 et il est 16h… Vivement la Scandinavie où l’on pourra rouler jour ET nuit ! Rien ne nous arrêtera :-D ou presque rien. Les chemins qui vont suivre seront les plus beaux de Chine ! Amis cyclos on vous les recommande vivement !!!! Ça grimpe, c’est vrai, mais alors là on est en dehors des sentiers battus. Des petits villages de montagne. L’air est pur et, surprise, la route est bonne ! Moins de nids de poule que jamais ! En redescendant, une vue époustouflante sur les rizières environnantes nous conforte dans notre choix de passer par la montagne !

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Guilin est encore un peu loin et ce sera pour demain. Nous dormons dans un petit bled à 30 km. Hôtel un brin moisi mais un chouette resto attenant où la cuisine chinoise ne cesse de ravir nos papilles !

Jour 51 : Putao – Guilin

Bon cette fois on y est ! Guilin ! Etape tant attendue surtout car destination « finale » avant de prendre le train pour Shanghai puis le Japon ! La ville semble ne pas être trop polluée. Après avoir déposé nos affaires, on file à la gare pour réserver notre billet. Certains connaisseurs en trains chinois depuis 2008, m’expliquent que souvent ils sont blindés et qu’il faille parfois attendre plusieurs jours avant de trouver des places disponibles… Chouette ! Parleront-ils anglais au guichet ? Dans le doute, on fait écrire en chinois ce que nous voulons : 2 billets pour Shanghai (jusque-là ça va…) avec un vélo tandem ! Hum… pour nous occidentaux (ben oui c’est ce que nous sommes. Parfois on se plait à l’oublier, ou pas) ce n’est jamais simple mais en Chine tout est toujours possible ! Au guichet, cela se confirme. Pas de problème pour prendre le vélo dans le train ! Elle nous l’écrit même en chinois. Etrange car on a lu et entend un nombre incalculable de récits de voyageurs en vélo disant que le vélo voyage séparément et en wagon marchandise! Dans le même train ou pas. En 2008, Koga était arrivé 3 jours après sain et sauf !

De retour à l’hôtel, on demande à la manager qui nous rassure en nous disant : « Pas de problème vous pouvez prendre le vélo dans le train et le mettre sur le porte-bagage au-dessus de votre siège. » « Whaaaaaaaaaaaaaaaat ?! » Euh alors soit les trains chinois sont gigantesques avec un espace de fou, ce qui ne serait pas pour nous déplaire, soit il y a un couac. Quelque chose me dit que cette dernière option semble la bonne ! On décide de nous rendre à la gare le jour J avec 2 bonnes heures d’avance pour enregistrer The Beast en wagon marchandise. 

Jour 52 : Guilin – Guilin

Notre train pour Shanghai part dans 3 jours. Nous profitons de ce temps « d’attente » pour écrire nos carnets, trier nos photos, vidéos et simplement se donner le temps d’être ! Cela fait le plus grand bien et nous faisons le plein d’énergie pour ce qui va suivre :-D

Jour 53 : Guilin – Shanghai – 1000 km de train

22h de train….en places assises dans un wagon rempli… de chinois pardi ! On est en Chine rien d’étonnant !

-         « Je te promets en 2008 ce n’était pas ainsi…le train était mieux qu’en Suisse ! »

-         « & !*ç% »ç&%ç !!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Expérience détonante ! L’erreur, si on peut parler d’erreur, aura été de ne pas voyager en train rapide T mais dans un train un poil plus lent (K). L’entrée dans le train est déjà à elle seule épique ! Surtout quand on a 8 sacoches…. Heureusement que The Beast n’était pas de la partie. Le pauvre il aurait dû rester à quais ! Donc pour entrer dans un train chinois déjà bondé, les gens se bousculent et foncent dans le tas ! C’est bien pour certaines qui ont un espace personnel assez grand. Même en Suisse, j’ai de la peine à partager mes 4 sièges :-D alors imaginez…

Hop, nous voici à bord ! Ahahahaha le couloir est plein ! Il existe des places « debout ». Bienvenue en Chine. C’est ça aussi le voyage pourrait me glisser certains à l’oreille. Heureusement pour lui qu’il ne le fait pas ! On arrive tant bien que mal à enjamber les cartons, valises et fatras et à se faufiler entre les gens pour rejoindre nos places. C’est marrant ce sont des sièges à trois ! Généralement partagés avec les personnes debout. 22h….pfffff ça va être long !

Il est 17h30 quand le train reliant Guilin à Shanghai démarre. On pense à notre SBB CFF et on se dit que nos différences culturelles sont frappantes. Voyager en train en Chine c’est tout un « show ». Tout le monde se parle sans se connaître. Ils jouent aux cartes. Imaginez en Suisse, vous êtes dans le train, une personne vient s’asseoir à côté de vous et discutaille ! Puis repart et c’est une autre qui vient avec un jeu de carte et c’est partit pour un yass avec l’équipe d’en face ! Ben à dire vrai c’est sympa, familial et convivial. Sauf que nous….pauvres petits suisses (surtout certaines)…ben on n’est pas trop habitués à tant de promiscuité surtout pour 22h….sans parler des pattes de poulet mangées à côté. Le cartilage de la patte craque bien sous la dent ! Impressionnant comme certains s’habituent facilement et rapidement à la situation. Edgar me raconte, comment déjà tout petit, il avait la chance d’expérimenter le « voyage » au sens « vrai ».

En famille, à 6 dans une mini-Golf avec tout le matos camping roulant vers de beaux et improbables endroits.  Il n’aura aucun problème à s’endormir comme un bébé avec un vieux chinois sur l’épaule ! C’est beau de découvrir nos différences. Peut-être plus dans un sens que dans l’autre. Toujours est-il que de nuit comme de jour c’est la foire à la saucisse dans le wagon !!! Chariots de nouilles, chariots de fruits et légumes, vendeur de ceinture et vendeuse d’un objet encore non identifié faisant une série de lumières multicolores du tonnerre et un bruit assourdissant. On en redemanderait ! Certaines hésiteront quand même a en acheté un pour The Beast. On mettra ça sur le dos de la fatigue. :-D

Fatigue ? Oui c’est bel et bien fatigués que nous arriverons à Shanghai ! « Plus jamais ! » diront certaines tandis que d’autres ont trouvé l’expérience enrichissante. :-D Nous devons attendre notre vélo qui, lui, a voyagé en train rapide le coquin ! Shanghai a l’air d’être une ville assez folle architecturalement parlant. On a décidé de tester trois hôtels pour nous remettre d’aplomb avant la traversée non pas des apparences mais d’une partie de la mer de Chine pour rejoindre Osaka au Japon !

Première nuit dans un petit hôtel dont on taira le nom où piscine et spa nous attendent !

Jour 54 et 55 : Shanghai – Shanghai

Woaw ça fait du bien ! Requinqués on file à l’assaut de cette grande ville de 23,9 mio d’habitants ! On décide de poser nos sacoches cette nuit de l’autre côté de la rivière de Huangpu dans le quartier des affaires avec l’un des plus grands gratte-ciel du monde. Avant cela, petit tour dans les quartiers ouest. Incroyable cette ville nous surprend en bien ! On se sent tout petit à rouler au milieu des gratte-ciels. La circulation est « smooth », le trafic est fluide comme jamais. Et…c’est calme ! Les automobilistes ne klaxonnent plus à boulet ! L’air est de loin l’un des airs citadins des plus purs jamais rencontrés auparavant. Shanghai reçoit la palme des villes chinoises. On adore ! Un doux mélange entre orient et occident :-D ça me va très bien ! En plus The Beast fait des heureux ! A peine arrêtés, les badauds affluent autour de nous. C’est marrant, et assez systématique, mais dès que 1 chinois s’approche des dizaines d’autres accourent. Ils nous posent plein de questions. Parfois, une personne dans le lot parle un peu anglais et endosse le rôle de traducteur. Nous, on ne parle malheureusement toujours pas chinois…

Notre deuxième nuit se fera au 46ème étage d’un hôtel dont on taira également le nom. Vue sur Pudong de nuit ! Ça vaut le détour !
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Notre dernière journée shanghaienne passera très vite ! Après s’être empiffrés comme des gloutons au petit déjeuner buffet où il y avait même des glaces, on file du côté ouest pour poser nos sacoches proche du quartier du « Bund », là où partira notre bateau pour le Japon. S’en est presque fini de la Chine ! Cela aura passé très très vite. On a de la peine à croire tout ce que nous avons vécu en 3 semaines. Fou ! Alors on l’aime ce Cenovis ?

Jour 56 : Shanghai – Osaka

Bye bye China ! Direction le ferry ! Quelque chose me dit que cela ne va pas se passer comme une lettre à la poste….Que nenni…ou presque ! On a une vague impression d’aéroport : check bagage, douanes, porte d’embarquement etc… Le problème ou la difficulté dirons-nous c’est….The Beast ! Les réservations pour nous trois ont été faites via internet il y a plusieurs semaines. Les billets s’achètent sur place. Jusque-là tout va bien en théorie. Dans la pratique, comme souvent, la barrière de la langue n’arrange rien à nos différences culturelles. Lorsque le gars de la sécurité nous dit d’aller en direction du parking et dans le sens opposé de la file du check bagage cela ne peut nous sembler qu’étrange. Après divers échanges par-ci, par-là, il s’avère qu’il avait raison ! The Beast voyage en cale. Son billet et paiement s’effectue dans un autre endroit. Il faut imaginer que la langue n’est pas la même mais la gestuelle non plus….avec un langage non-verbal différent on se sent vraiment perdus ! Et c’est ça qui fait aussi de la Chine un magnifique pays où le dépaysement est plus qu’assuré !

Une fois passé tous les contrôles, le passeport est tamponné. C’est officiel on quitte le territoire chinois ! Notre ferry semble plutôt être une croisière ! Bonne surprise :-D On trouvait le prix du billet assez cher mais tout s’explique ! Dans les files d’attente, nous avons le temps d’observer les autres futurs passagers. On présent le clivage japonais-chinois à bord ! Là aussi les différences culturelles sont grandes !!! Autant un japonais peut être discret autant un chinois peut s’exclamer à grande voix :-D On verra de quel côté nos petits suisses se mettront. C’est parti pour « la croisière s’amuse » !!!!
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Commentaires (4)

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4. Zeller 21/07/2014

Ah. là. là, ça m'a fait bien rigolé et je comprend mieux tout ce qui nous a séparé de notre chère belle fille, la patience et l'amour sont de belles vertus pour faire fondre la glace. Super intéressant.

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