Carnet de route 4 - Nouvelle-Zélande - L’île du Sud  - 981 km

ItineraireJour 24 : Wellington – Picton – 5 km – Holiday Park, des Vaudois !

Rencontre dès le p’tit déj de Jean, un français en route depuis 2 ans. Marcheur au long court, il arpente les tracks néo-zélandais, dont un en particulier, tout récent de deux ans, qui relie le nord au sud des deux îles. Intéressant de découvrir les impressions d’un voyageur à pied ! Parcourant jusqu’à 40 km par jour, il nous décrit ces sentiers de montagne. Les paysages défilent plus lentement, certes, mais l’imprégnation doit être encore plus grande.  Bien que levés tôt, on ne part que vers 11h… Juste assez de temps pour faire un saut dans la capitale afin de chercher un chargeur pour notre caméra. Hum, ça semble difficile ! C’est une batterie « intelligente » paraît-il et ça ne se trouve pas comme ça… (ben pas si intelligente on trouve du coup… :-/). Il est possible d’en commander un pour la modique somme de… 100 CHF ! Youpie… le budget de 3 jours… :-/ bon mais on n’a pas vraiment le choix ! J On le commandera et le fera peut-être envoyer vers Queenstown où un ami de Nick et Lynne pourrait nous héberger. Quelques courses plus tard, nous voilà installés avec notre réchaud et nos inexorables tortellini au bord de l’eau. Drôle d’équipe ceux-ci ! Les gens s’arrêtent pour demander d’où l’on vient et où l’on va. Notre réchaud suscite également quelques interrogations… On a même la chance de croiser deux suisse-allemands ! J 15h The Beast vogue vers l’île du Sud ! C’est parti pour d’autres paysages et aussi un autre climat semblerait-il. 3h plus tard, on arrive à Picton. Le trajet aura passé comme une fusée ! Le dernier quart d’heure nous fait traverser les Queen Charlotte Sounds, magnifique !!! On dort dans un petit camping tenu par… des vaudois ! De Sainte-Croix ! Le monde est petit…

Jour 25 : Picton – Havelock, 1er DOC campsite - 60 km – Nos premiers kilomètres sur l’île du sud

En Nouvelle-Zélande les campings foisonnent et leurs différents types aussi ! Cette fois, on a tout testé ! Les Holiday Parks (camping avec douches chaudes, cuisine, toilettes, parfois piscine, sèche-cheveux, bref tout confort mais pas donnés et beaucoup de camping-car…), les motor camps (beaucoup plus abordables, plus petits et plus cosy, avec cuisine, douches, etc…), les domain camps (tenus par des particuliers, 10 kiwi dollars/personne ou parfois par tente et où la douche peut être payante) et les DOC campsites (camping du département de la conservation, souvent dans des réserves naturelles, avec toilettes mais pas souvent des douches). Aujourd’hui on teste pour la première fois un DOC ! Il paraît qu’il y a moins de camping-car et marmaille, on verra. Avant d’attaquer les 60 km qui nous emmènent à Havelock, on fait un rapide saut en ville pour acheter à manger. Il est (déjà) 11h30 ! On rencontre Markus et Claire deux cyclos néo-zélandais du nord en vacances pour 3 semaines au sud. Il nous fait un peu penser à Jinji Sadan ;-) La route qui nous rapproche de Nelson nous offre de magnifiques points de vue sur les Queen Charlotte Sounds, un mélange entre la baie d’Ha Long au Vietnam et les fjords norvégiens. On s’émerveille  et on explose la carte mémoire de l’appareil photo J Prêts à tester notre premier DOC, on est un peu déçus… Il y a des douches chaudes et c’est rempli de camping-car ! ça grouille de monde… et de sandflies ! A mi-chemin entre la mouche et le moustique, on semble déjà avoir été confrontés à ces petites bestioles. Certains s’en souviennent plus que d’autres… qui se camouflent façon pirate nippone avec un assemblage chaussettes-tong et bandana… On évitera les photos au risque qu’elles ne ressortent un certain 20 septembre 2014… J C’est décidé… demain, on se lève ET on part TôT !!!

Jour 26 : Havelock – Nelson – 64 km et deux cols – 5ème warmshower et rencontre de lausannois

Dring dring dring… 6h! Mega forme, c’est parti! Paquetage accompagné et „drillé“ par les sandflies. Ça file et plie plus vite que l’éclair par ici (surtout que la coupe pirate nippone ne fait pas l’unanimité dans l’équipe, je comprends d’ailleurs pas trop pourquoi.. ?). Après notre « creamy & honey » porridge (on a laissé tomber l’idée de le faire totalement nous-mêmes et avons (r)acheté un « tout prêt » juste à rajouter l’eau), on file. A la sortie du camping, on rencontre deux français avec leurs enfants en route depuis de longues années en… voilier ! Très sympas ! Ils ont vécu à Tahiti pendant 7 ans. Et là, ils prennent la route en Nouvelle-Zélande pour éviter la saison des typhons puis vogueront vers les îles Fidji et/ou la Nouvelle-Calédonie. On les recroisera peut-être sur la route ! Le premier col qui nous attend est décrit comme raide sur les deux premiers km… C’est jamais très bon ça avec notre tandem… :-/ ben finalement ça va ! Peut-être qu’en étant préparés ça passe mieux J Une petite pluie fine nous accompagne jusqu’au sommet où bourrasques et bonne roille nous rafraîchissent juste ce qu’il faut. « Tu veux ton k-way ? »….  « Non, non, ça va je me la joue caïd aujourd’hui ! » J Mouais ben en plus de la douche, on aura fait notre lessive. Une pierre deux coups, parfait ! What else ? Le deuxième col commence LUI de manière plus raide… et ça roille sec ! C’est assez étonnant une pluie chaude qui par endroit semble s’évaporer, façon hammam ! Le top J En arrivant à Nelson, on rigole un peu moins et l’équipe de caïds en shorts, t-shirts et sur-chaussures est bien contente de mettre des habits secs et de s’enfiler un  méga burger avec une ginger beer (une des boissons locales, ça nous rappelle un peu les bionades berlinoises). On écrit à Wayne, notre hôte de ce soir, pour lui dire qu’on arrivera vers 17h. Le temps de trier les 600 photos de l’île du nord ! Il nous répond que c’est parfait et que la maison sera remplie de suisses. Une famille qu’il a hébergée hier restera encore 1 nuit à cause du mauvais temps. Cool des compatriotes !!!! J On rencontre donc Wayne et ses deux petites filles ainsi que Laurence, Jean-Luc et leur petit garçon, des… lausannois !!!! Mais non ? On n’y croit pas, le monde est tellement petit ! Certains se font toujours passer pour des allemands avec leurs accents anglais, mais non, on est bien romands et qui plus est lausannois aussi :-D Wayne nous explique que son amie joue ce soir dans un festival de musique de la ville. Ils ont prévus d’aller l’écouter. On se ferait un plaisir de les accompagner mais on avoue qu’une bonne douche chaude et une petite sieste seraient les bienvenues… On a la maison pour nous ! Le repas sera frugal bien qu’il y ait un supermarché pas très loin. On n’a pas trop envie de remonter sur notre tandem. La soirée passe vite. A leur retour, Wayne nous donne des conseils sur les routes à prendre pour la suite de notre périple sur l’île du sud. Il partira tôt demain matin pour amener ses filles chez leur mère, du coup, il nous laisse une clé ! Kiwi style ! On est cool par ici.  On se réjouit de discuter un peu plus avec nos lausannois demain au petit déj’!

Jour 27 : Nelson – Queenie’s Bush – 68 km – Holiday park - De belles rencontres !

Super sympa de discuter avec Laurence et Jean-Luc ! Ils sont en route pour 1 année ! Ils ont commencé leur périple en été 2013. Après avoir longé le Danube et parcouru la Thaïlande, les voici en Nouvelle-Zélande. Pour la suite, le Japon et le transsibérien ! Tiens, ça nous rappelle quelque chose ? :-D Ils voyagent avec leur petit garçon de deux ans et demi, Jérémy. On ne dira qu’une chose : bravo ! Quel bel exemple :-D On aime bien s’imaginer partir à l’aventure à plusieurs avec un tandem suivi d’une remorque J Quelle chance unique de pouvoir partager ces beaux moments pendant 1 année en famille ! Le petit Jérémy se souviendra (ou pas J) de tout ce qu’il découvre en ce moment mais une chose est sûre : rares sont les enfants qui ont la chance de passer autant de temps avec leurs parents ! Sans parler de l’éveil au monde, aux différentes cultures, langues etc… C’est riche et précieux comme expérience. En discutant avec eux, on se rend compte que les réactions de l’entourage sont parfois similaires à l’annonce d’un projet comme le nôtre. Partir ainsi pour une longue durée en vélo sort un peu des sentiers battus. On échange nos adresses et on partagera peut-être un bout de route nippone, qui sait ! C’est pas tout, mais avec ça on n’est pas en avance… On aimerait bien rejoindre la côte ouest ce soir. La sortie de la ville de Nelson est chargée de trafic :-/ On tente une piste cyclable mais avec notre chargement cela devient vite la galère ; route en gravier, passages étroits et j’en passe. On reprend la route principale après une dizaine de kilomètres. Il est déjà 14h et il nous reste bien 60 km… Une petite glace s’impose ! Ça tombe bien car on nous y conseille un camping sympa au bord de la rivière à quelques kilomètres. Juste incroyable cet endroit. Plein de place, des aires de jeux pour enfants dont un karting et une piscine dans la rivière où l’on peut même faire du kayak ! Les douches sont faites en bois, style scandinave. On nous dit à la réception qu’il y a un autre tandem avec un enfant ! Tiens, on se rappelle que Laurence et Jean-Luc nous ont parlé d’un couple de berlinois voyageant en tandem avec leur petite de 6 mois. Serait-ce eux ? Eh oui !!! On rencontre Connie, Tim et leur petite Ella. Ils sont en route pour 2 mois en Nouvelle-Zélande. Leur tandem est autant costaud que le nôtre ! Ils sont impressionnants avec leur chargement et la petite qui suit dans le trailer J Super sympas, on sent le « berlinois style » et ça nous rappelle nostalgiquement notre séjour de 4 mois là-bas fin 2012. On décide de faire un bout de route ensemble demain.

Jour 28 : Queenie’s Bush – Murchison – 73 km – Motor camp

Bon cette fois on se lève tôt ! Euh… ben c’est pas encore gagné. C’est pas tout de se lever tôt… faut-il encore partir tôt J Tout se passe plus ou moins bien jusqu’à ce que certains fassent cramer le porridge ET la casserole… Hum, on est juste prêts à 10h30 en même temps que Tim et Connie qui ont juste un petit bout de chou avec eux… On fera quelques mètres ensemble puis nos rythmes différents nous séparent mais ils ne resteront pas loin derrière. Impressionnante cette équipe ! Nous nous retrouvons au sommet du col du jour pour le dîner. On échange nos adresses et nous nous réjouissons déjà de faire un saut de tandem à Berlin lors de notre approche de la Suisse J Le repas de midi étant, peut-être ou assurément trop léger (tomate, avocats, un peu de fromage…), l’énergie nous manque assez vite dans l’après-midi. Juste à ce moment, nous rencontrons deux cyclos français d’Annecy, en route pour quelques mois. Partis d’Auckland, ils font les deux îles d’est en ouest. Les petits malins ! Du vent de face nous attend de pied ferme, nous qui faisons l’inverse. :-/ Ils nous confirment que nous allons en prendre plein la vue en parcourant les prochains kilomètres. En optimistes que nous sommes, nous pensions rejoindre Charleston voir même plus loin… On s’arrêtera à Murchison. Il est 15h et une petite rivière nous attend J wooooaw c’est glacial mais ça revigore bien ! Le soir, on fait la connaissance de… différentes sandflies ! C’est bien ça, des sortes de drosophiles qui piquent. Bon, elles n’ont pas l’air bien méchantes… et surtout aucun de l’équipe n’a l’air de réagir violemment. Il n’y a toujours qu’une nippone-pirate en tong-chaussettes à bord ! Nous visons demain les Pancakes Rocks.

Jour 29 : Murchison – Charleston – 113 km – Domain camp

La route risque d’être longue aujourd’hui… Il semble y avoir beaucoup de « up and down »… et on vise les 100 km. Objectif : avoir fait au moins la moitié à midi ! C’est fait ! J Par contre la route est longue et monotone… On s’invente de nouveaux jeux ! Après le très célèbre « Entre tel ou tel animal, tu serais lequel ? », on passe aux personnalités! Ça donne un peu ça…  « Tu préfèrerais être une chèvre ou un possum ? », « Être Genghis Khan ou Darius Rochebin ? » ou encore « Être Widmer-Schlumpf ou Leuthard » … « Adèle Thorens ou Géraldine Savary ? » J Avec tout ça et un sympathique vent de face pour les derniers 30 km, on arrive bien sec à Charleston. On tente une pizzeria-camping, « Chez Jack », où l’on nous accueille en allemand… :-/ 6 dollars/personne et… 5 dollars la douche qu’on ne peut pas prendre ou partager à deux… sympa cette équipe. Certains se coucheront plus propres que d’autres… Sans parler de la flopée de sandflies qui partagent notre aire de piquenique… Elles se régalent et nous un peu moins… Vite cuisiné, vite avalé, vite plié et toute l’équipe vite remisée!

Jour 30 : Charleston – Greymouth – 90 km – Kiwi holiday park

Aaaah on se réjouit de filer d’ici… Entre la sympathie du patron, le fait qu’ils n’acceptent pas les cartes de crédit et qu’ils nous narguent avec de bonnes pizzas, ça aurait bien pu mal finir hier J Le réveil ainsi que le déjeuner sont accompagnés par nos amies les sandflies… C’est pas mieux qu’hier soir, ça grouille ! L’horreur ! On engloutit nos toasts à la vitesse grand V. Ah, quel bonheur d’être sur notre tandem et de rouler plus vite que ces mouchettes J On s’arrête quelques kilomètres plus loin pour un bon café à l’abri de la faune volante un tantinet hostile. Cet endroit respire la gentillesse et ça nous fait du bien J Selon la tenancière, les kilomètres qui nous attendent ne sont pas des plus simples mais sont à couper le souffle ! On espère qu’elle parle de la vue… Requinqués, on reprend la route. Woooooooooaaaaw ! En effet, elle n’avait pas tort la madame, c’est juste magnifique ! Sinueux à souhait et débouchant sur des vues plongeantes sur la mer, on s’émerveille encore et encore. Les Pancakes Rocks, les voici enfin ! Pas autant impressionnant que les paysages vus juste avant. Ça sent le touriste par ici… On est bien contents d’avoir la chance de découvrir tous ces paysages à vélo plutôt qu’en voiture. Ça nous laisse le temps de bien les observer et de s’en imprégner J du coup les sites touristiques nous intéressent moins… On rencontre deux cyclos allemandes, la cinquantaine, qui remontent au Nord. C’est fou tous ces cyclos J Arrivée tardive à Greymouth. Il est 20h. La journée aura été longue avec de belles côtes et des dizaines d’arrêt photo. La tente et mouillée et une douce odeur de moisi embaume nos narines pour la nuit.

Jour 31 : Greymouth – Hokitika – 40 km – Kiwi Holiday park

L’équipe ne se refait pas ! Départ à 11h dans une tranquillité déconcertante… (on doit quitter les campings à 10h normalement). Aujourd’hui, c’est jour de pause ! 40 km pour faire tourner les jambes comme diraient certains ;-) On arrive à Hokitika en début d’après-midi. Sympathique petite ville qui semble regorger de petits cafés sympas J Vite vite, plantons la tente et filons en tester un J Pas mal aussi le farniente avec un capuccino. Hum en regardant le profil des jours à venir, en approche des glaciers de la côte ouest, on réalise qu’on ne croisera pas grand-chose en chemin et qu’on aurait tout intérêt à avoir nos sacoches bien remplies de victuailles. Direction New World (chaîne de supermarchés kiwis) ! 15 soupes chinoises (!), 1 kg de riz, 500g de pâtes, des sauces tomates et, quand même, quelques verdures ! ;-) Ah! Et des paquets de biscuits ! On croise presque plus d’asiatiques que de néo-zélandais dans ce supermarché. On a hâte d’être en Asie ! Quand on voit les réactions que suscite The Beast, on ne peut que se réjouir J Le soir, comme chaque soir d’ailleurs, on profite de la cuisine du camping à l’abri des sandflies (oui, oui elles sont toujours là…). C’est étonnant comme les habitudes alimentaires peuvent être représentatives du pays d’origine. Une vraie cuisine communautaire et internationale. Ça passe du sushi au bacon en passant presque par une paëlla. Un mélange d’odeurs (lorsque certains oublient d’allumer la hôte c’est moins chouette…) mais aussi de langues ! Ben voilà, on l’a fait notre tour du monde, mais en une heure !!

Jour 32 : Hokitika 8km – Jour de pause…:-)

Hum, le réveil sonne… On se regarde et parfois, même sans mots, les choses sont vites évidentes J Aujourd’hui, c’est jour de pause ! Une fine bruine nous accueille à la sortie de la tente. Ah, comme on a bien fait ! Hop direction… la bibliothèque ! Les petits cyclos français croisés entre Queenie’s Bush et Charleston nous ont signalé des zones wifi gratuites dans et aux alentours des bibliothèques. Parfait ! On pourra profiter de faire quelques mises à jour sur notre site internet et partager un peu ce qu’on vit par ici. Ni une ni deux, on book place et ordinateur. On redevient étudiants l’espace d’un instant et c’est bien sympa à dire vrai J Le temps file et surprise, à 13h, on nous dit que cela va fermer. Ça nous rappelle un peu le gong de la Riponne pour ceux qui connaissent. Ben mince, on était bien lancés. Les estomacs sont creux et on se laisse tenter par un burger et une ginger beer malgré notre budget serré. Et qui voit-on débouler ? Hermann et le hollandais, Flying Dutchman ! Ben toujours durs au mal les gaillards ! Ils ont roulé plus de 800 km sans pause… On fera peut-être un bout de notre route avec eux demain en direction des glaciers de la côte ouest. On profite une dernière fois du wifi devant la bibliothèque pour achever la mise en ligne de nos carnets et photos. C’est que l’équipe est un peu perfectionniste alors heureusement qu’on est attendus par Jean-Yves ce soir ! Pour ceux qui se perdent un peu, Jean-Yves est le cyclo valaisan croisé à New Plymouth qui a dû troquer son vélo contre une voiture J Woaw, ça fait plaisir, 31 janvier, première grillade de l’année accompagné d’une p’tite bouteille de rouge (il est pas valaisan pour rien le gaillard ! J). Merci Jean-Yves !

Jour 33 : Hokitika – Franz Joseph Glacier – 138 km – Campement dans le jardin d’une auberge de jeunesse, YHA

La grande classe, nous voilà partis sans bagage pour 140 bornes ;-) On triche un peu… nos sacoches ont rempli le coffre de Jean-Yves. Pffff, on est tellement légers, ça file ! On ose même pas imaginer le tandem de route en rentrant J, grisant… Alors là, on peut dire : « c’est pas pareil de rouler avec 50 kg de bagages ! ». On passe toutes les bosses avec le deuxième plateau et à dire vrai, on ne les sent même pas ! Que du bonheur ! 36 km/h dans le plat et 26 km/h de moyenne ! Presque un son de roues profilées ! Bon allez, j’arrête J Il en faut peu pour rendre un cyclo aux anges. Faut voir les yeux de certaines quand on nous présente du Nutella… et les yeux de certains lorsqu’on rattrape Hermann et Flying Dutchman partis 1h30 avant nous J On croise aussi deux cyclos anglais sur la route qui sont partis depuis plusieurs mois. Fou car notre future hôte Warmshower à Christchurch nous disait justement hier de bien saluer deux anglais, John et James (noms fictifs car nos mémoires sont un peu comme celles des poissons rouges), qui font le trajet inverse. C’est fait ! Ils ont les salutations de Betty ! Plus loin, on rencontre Travis, un cyclo californien, en route aussi pour plusieurs mois. C’est assez marrant (surtout quand on n’a pas de bagages) parce qu’en arrivant près de notre but, Franz Joseph Glacier, ils sont tous secs les gaillards J Le village de Franz Joseph ressemble à Verbier en miniature. Juste avant d’y arriver, on recroise nos aventuriers français partis en voiliers il y a quelques années. Leurs francs sourires et leur joie de vivre font plaisir ! On ne peut refuser les glaces qu’ils nous offrent et on repart le cône à la main comme des petits. Ces rencontres éphémères sont étonnantes. On se dit à bientôt, sur la route. Hop, on file acheter une topine de rouge et des chips. Ce soir, c’est nous qui invitons Jean-Yves et nos bagages. Il n’y a pas de camping décent à Franz Joseph mais il nous a dégoté une place pour nos tentes dans l’auberge de jeunesse. Tiens, ce sera ma première auberge de jeunesse… C’est le moment ou jamais, demain je fête mes 34 ans ! Ben contrairement  à toute attente, c’est sympa ! Un mélange de jeunes et (beaucoup) moins jeunes, toutes nationalités confondues. L’espace commun est super grand, la cuisine aussi. On s’y plait bien. Dehors, les nuages ont remplacé les quelques rayons de soleil et la pluie commence à tomber. Il fait un temps de coton ! On est bien contents d’être au chaud et sur un canapé. On a toujours l’impression de connaître Jean-Yves depuis bien longtemps mais nous n’arrivons toujours pas à nous remettre J Fort sympa de partager des impressions et des expériences de vie de cyclos ! Après nos 138 km, bien que frais en arrivant, à cette heure-ci (0h15) on ne l’est plus du tout ! Vite au lit !

Jour 34 : Franz Joseph Glacier – Fox Glacier – 34 km – Anniversaire – Campement dans le jardin d’un backpacker

Euh… mais non ?! Nous sommes à notre 34ème jour néo-zélandais, nous avons parcourus 34 km aujourd’hui et, pour couronner le tout, certainE fête ses 34 ans ! Fou ! La journée débute assez bien… Pains au chocolat et vrai pain ! Jean-Yves (eh oui sacré gaillard celui-là, on ne le dira jamais assez !) est allé, guidé par ses narines, nous chercher de quoi déjeuner dans la boulangerie du coin. Ah, ça passe trop bien! On discute encore un peu et c’est l’heure des « à bientôt ! ». Des routes différentes nous attendent. On fera un crochet par le glacier Franz Joseph que nous n’avons malheureusement pas pu voir hier en raison du mauvais temps. Il y a justement une petite éclaircie et c’est juste magnifique ! C’est vrai qu’en bons p’tits suisses, les glaciers, on connaît. Mais là, la glace est d’un beau bleu et on s’émerveille ! Durant le profil qui suit et qui nous emmène à Fox, on s’émerveille un peu moins… :-/ 3 bosses mais des vraies cette fois. On dira un col partagé en trois ! Du vrai casse-pattes. On est bien contents d’arriver à Fox. Un peu moins de l’accueil à l’office du tourisme. A nouveau, on est en pleine zone touristique donc rien de surprenant. On retente une auberge de jeunesse pour la nuit. Ben, on mettra la nuit d’hier sur le dos de « la chance du débutant ». Mis à part un superbe jacuzzi qui relaxe merveilleusement bien nos muscles et la tranquillité de notre tente, c’est tout ce qu’on appréciera ici J Hey c’est jour de fête alors on file manger dehors !

Jour 35 : Fox Glacier – Haast – 122 km – en approche du col – Holiday park

Réveil sous la pluie… Ben c’est râpé pour voir le glacier Fox et encore plus pour voir le Mont Cook se refléter dans le lac Matheson… On imaginera simplement. Avant de partir, on remarque un vélo avec chargement juste derrière l’auberge. Tiens, c’est qui ? Travis, le californien ! C’est dingue comme on se croise et recroise tous ! Et tous les cyclos croisent les mêmes cyclos. Travis a croisé Tim, Connie et Ella à Pelorus Bridge - Havelock. Hermann avait roulé avec eux et avait parlé de nous. Du coup personne n’est vraiment étonné de se croiser. Même des warmshowers nous disent de saluer des gens sur la route J On nous a parlé d’un autre tandem, des français, qui doivent être devant nous. Ou peut-être même plus sur l’île, qui sait. Ce qui est sûr c’est qu’au départ, en ce 35ème jour pluvieux, certainEs ressemblent beaucoup plus à un cosmonaute que d’autres. Sans parler du californien qui semble prendre la vie d’une manière tellement légère avec sa peau tannée, son accent et sa chemise à carreaux. Bon, on s’encourage, allez hop hop hop. L’avantage de pédaler sous la pluie, c’est qu’au moins, on ne meurt pas de chaud, on fait peu de pauses, l’appareil photo reste bien dans sa petite cage, le nez est plutôt dans le guidon et du coup on aligne les kilomètres. J Enfin pour certains…, on rigole bien quand on voit passer un camper-van avec un petit gars en bleu tranquillement installé à l’arrière… notre californien ! Il a tout compris celui-ci. Si ça se trouve, ce soir, il sera à Wanaka (notre destination pour dans deux jours après avoir passé le col de Haast) J On ne se fait pas prier pour planter notre tente dans un Top 10 en arrivant au village de Haast. Un peu de confort pour finalement pas très cher ;-)

Jour 36 : Haast – Makarora – 83 km avec un col – Sandflies et ça grimpe – DuponT et DuponD en action


Profil
Mouche, mouchelette, moucheronette, moucherons… ça rappelle quelque chose ? Ben, ici c’est sandflies !!!! Elles vont rythmer notre journée ces coquines…. :-/ 27 piqûres dénombrées au réveil ce matin. ! Par contre, cette fois elles grattent ! Aïe aïe aïe, ça commence à joliment ressembler aux piqûres qu’on voyait sur les jambes de campeurs à Picton. Pour certains, bien que le  nombre de piqûres soit tellement grand qu’il ne vaut mieux pas essayer de les compter, ça ne gratte même pas… On se fait une triple ration de porridge pour bien commencer la journée et pour nous donner de l’énergie pour le col qui nous attend mais aussi pour les multiples bosses juste avant… Pffff, enfin au pied du col après 52 km tout en côtes (déjà près de 500m de dénivelé cumulé). Il est 14h30. Quelques encouragements de Catherine, une française de Strasbourg, sont plus que bienvenus ! On n’imagine pas ce qui nous attend… On hésite à manger avant, mais en bons Dupont et Dupond, on se dit : D : « hum, t’en penses quoi ? On risque d’être trop lourd après, hein ? » T : « Mouais t’as raison, on est déjà trop lourds. On risque le coup de fatigue juste après la digestion et j’ai besoin de toi car j’ai les jambes pétées… ». Bref on est mal ! Première grimpette à 15%... Ça commence bien! Les 4 premiers kilomètres, avec une moyenne de 12%, nous explosent littéralement les jambes… Obligés de s’arrêter au milieu pour manger une noodle soup car la fringale est très très proche. Ça flappe quand on pose pied à terre ;-) Heureusement, les 5 derniers sont moins raides. Quelle récompense en passant le col ! Une vue magnifique sur notre première vallée de l’Otago ! :-D On s’émerveille de plus belle. Stop à Makaroa au Tourist center pour la nuit. Après avoir utilisé des douches réservées pour les groupes à l’autres bout du camping, et inutilisées depuis Mathusalem, on profite de l’espace commun bien sympa pour cuisiner et écrire nos carnets de route. Oups, minuit sonne ! En sortant, nuit noire ! Evidemment, pas de lampe frontale J Ahahahahaha, on se dirigera vers notre tente à la lumière de l’ordi… et une fois dedans on arrivera encore à se faire un « coup de boule » en cherchant… ben la frontale justement ! Assommés par la journée et nos têtes dures, on s’endort comme des masses :-)

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Jour 37 : Makaroa – Wanaka – 67 km – Holiday park – Magnifiques paysages mais de sacrées côtes

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On rencontre des cyclos brésiliens au déjeuner. Partis de Queenstown il y a 4 jours, ils ont commencé par le col le plus haut de Nouvelle-Zélande pour rallier Queenstown à Wanaka ! Pas recommandable nous disent-ils ! Tu m’étonnes ! J Ils ont dû faire un jour de pause le 2ème jour. Hum, ce qui nous attend pour rejoindre Wanaka semble plus facile et les jambes ont l’air d’être plus en forme qu’hier. Que nenni ! Quand certains craquent, après avoir mangé 500 g de porridge et 6 ailerons de poulet cuisinés par une famille chinoise (longue histoire, mais c’est sûr, l’Asie nous attend de pied ferme!), ben les autres prennent la relève pour deux et soufflent comme des boucs à l’arrière. Ça grimpe, ça grimpe et ça regrimpe. Sur un tandem, on ne le dira jamais assez, on est plus rapide au plat, mais en montée par contre… ça peut vite devenir galère. Difficile sans bagage, la danseuse avec un tel chargement est tout simplement impossible ! Mais comment se plaindre devant un tel paysage ! Notre route longe dans un premier temps le lac de Wanaka puis celui d’Hawea où nous faisons notre pause lunch. Chinese noodle bien évidemment ! C’est tout simplement magnifique. On mettra ensuite 4h pour faire 40 km… Les pauses photos et émerveillement sont presque aussi nombreuses que les bosses J 18h nous voici à Wanaka ! On découvre une ville archi touristique. Difficile de décrire le gouffre qui nous sépare de ce flot de gens un brin « m’as-tu vu »… La beauté du paysage nous fait vite passer par-dessus. C’en est fini des chinese noodle ! On a faim… très faim… Après avoir joué, pendant de longues heures de pédalages à la frontière de l’Otago, à « Qu’est-ce que tu mangerais bien, là maintenant, tout de suite ? » (viande sèche, salade grecque, pain maison aux figues… tout y passe, excepté notre fondue... pour l’instant), on part dévaliser le supermarché. Oooooh, un panettone à 4 dollars, un melon, un concombre, tomate, oignon rouge (on oubliera la feta et les olives pour la dite salade grecque…), de belles viandes rouges à griller et… un assemblage Grenache-Shiraz. La bouteille dans le porte-gourde, on rejoint le camping où nous tombons nez à nez avec Hermann et Flying Dutchman ! Et quelques minutes plus tard, c’est Jean-Yves que l’on croise ! Plaisir de recroiser notre valaisan avec qui on partagera la soirée. On l’aime bien ce gaillard J On aura englouti toutes nos courses et le taboulé de Jean-Yves… 

Jour 38 : Wanaka – Wanaka – jour de pause – 0 km

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Hum…un jour de pause s’impose semblerait-il ! Après avoir rencontré deux canadiens, Colette et Yves, qui se feront un plaisir de nous raconter, ce soir, leur expérience de cyclo-voyageurs en Asie du sud-est, on part à la recherche d’un…café ! Ni une ni deux, nous voici face au lac de Wanaka avec une connexion wifi et gratuite de surcroit. Parfait pour mettre à jour le site internet, écrire les carnets de route et…trier les quelques 550 photos de l’île du Sud. 5 petites heures et on y est ! Reste à planifier la suite de notre voyage et à discuter de notre prochaine destination après notre stop over à Sydney. Ayant déjà fait la Thaïlande et le Laos en 2000 et 2011, on pense plutôt au Cambodge ou au Vietnam. On doit se décider avant d’entrer en Australie…car nous devons prouver notre sortie du territoire J On profite encore de ce beau soleil pour tester l’eau du lac et nos baskets, histoire de voir si on pourrait toujours être des triathlètes… Ben c’est pas gagné ! Certains ont une théorie (de sac à pain ou pas…) d’allongement des muscles en fonction du nombre d’heures passées sur le vélo ! J Après avoir tenté de cuisiner dans une cuisine remplie à craquer de jeunes israéliens, nous voici en train de discuter avec nos cyclos québécois. Ils nous déconseillent le nord du Vietnam et nous donnent un bon tip pour sortir de Ho Chi Minh ville : prendre le bateau ! Vendu, on fera comme ça ! Ça nous paraît encore bien loin… Ils regrettent de ne pas avoir pu faire le Cambodge. Les temples d’Angkor nous avaient déjà titillés en 2010….hum…et en plus en vélo ça doit juste être magnifique !!! Sur ces belles paroles, hop au lit !

Jour 39 : Wanaka – Cromwell – 63 km - Easy going et easy life - motor camp le plus pourri

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Aujourd’hui, on se lance sur l’Otago rail trail ! Une ancienne ligne de chemin de fer reconvertie en piste cyclable (mais vraiment piste justement). Ça semble prometteur….en tout cas pas de voiture à l’horizon. La question est : comment cela va-t-il se passer avec notre tandem plus que chargé…Direction Cromwell, après avoir fait nos adieux à Hermann. Cette fois nos routes se séparent bel et bien. On fera, peut-être, un saut de roue chez lui en rentrant en Suisse. Après 15 km de vent de face, on entend quelqu’un rouler derrière nous… Un groupe de vélos de route dont un casque profilé (bien que pas très utile car on n’est pas à 40 km/h diraient certains et certaines ;-) Ils prennent notre roue puis nous dépassent (noooon sans blague ?) en nous disant qu’on est en bonne forme….Hum…ben puisque c’est comme ça, on croche ! Et nous voilà, avec notre tandem chargé, dans la roue… Ahahahahah…ça rigole bien à l’avant comme à l’arrière. Ça filme aussi un peu. Plus de vent…wouhouhouhou… Oups….quelques coups de bouc dans les pédales lors d’une bosse auront suffi à…casser notre chaîne ! Ben, ils ne vont pas nous attendre l’équipe… :-) Heureusement,  qu’en as de la mécanique, le tout est réparé en moins de 30 minutes ! C’est reparti ! 5 km plus loin on croise une famille en tandem ! Jay et Katie, un couple anglo-australien, vivent à Sydney et sont en route pour plusieurs mois avec deux petites jumelles de 18 mois. Ça respire le « easy going » avec leurs lunettes aviateurs. On a l’impression d’être face à Ethan Hawke et Julie Delpy dans « Before Midnight » après « Before sunrise » et « Before sunset ». On repart en se disant qu’on devrait en prendre de la graine. Eaaaaasy….tranquille….rien ne sert de courir, il faut partir à point comme disait La Fontaine. Ben reste plus qu’à appliquer. Et là est tout le problème car en bons p’tits suisses c’est pas gagné. En se remémorant nos rythmes de vie avant notre départ on est obligé de sourire. Travaillant à Berne et habitant à Pully, avec plus de 4h de trajet / jour pour certains, on s’est dit que ce serait sympa de relever le défi d’être au four et au moulin. Un soir, autour de notre bar à Sainte-Beuve – février 2013 - (là on habitait encore au centre de Lausanne), on se regarde et on se dit : « Hey, t’es cap’ pour : chercher un appart, déménager, travailler à Berne tout en habitant à Pully, Faire 4h de trajet/jour et continuer à être performant au travail mais surtout continuer à s’aimer, faire ta demande en mariage, l’accepter J, décider de partir en voyage autour du monde en vélo, l’annoncer à notre entourage, camper notre décision et essuyer les doutes, t’entraîner pour un half-ironman en juin, définir notre philosophie de voyage et nos destinations, préparer un site internet assez béton pour trouver des sponsors, pondre un dossier de sponsoring, quitter ton job, accepter dans l’heure qui suit le suivant, acheter ta robe de mariée, créer une liste de sponsors et envoyer les dossiers, faire tous les préparatifs pour le mariage religieux en septembre 2014 de la réservation de l’église et du pasteur au traiteur, organiser un repas de soutien mais surtout repas de présentation du voyage pour que les personnes qui nous sont chères puissent avoir un aperçu de ce que nous allons vivre pendant 10 mois, t'inscrire pour septembre dans une formation post-grade de 4 ans, déguster les vins pour le mariage (y a pire on est d’accord :-), faire ton enterrement de vie de garçon, te marier au civil, écrire touuuuteees les adresses sur les faire-parts, trouver des sous-locataires, faire les démarches administratives concernant un départ de 10 mois à l’étranger, planifier un peu plus en détails les routes de notre itinéraire, médiatiser notre voyage en contactant des journalistes, faire les cartons et libérer l’appartement, ouf….on est prêts ! Septembre – 2014….alors t’es cap’ ? » Ben oui… ! On est en bonne voie de « easy going » J mais pas encore tout à fait… Ça lance différents débats sur notre tandem et ça discute de plus belle ! Quel est notre mode de vie en Suisse ? Quelle place y laissons-nous à la vie justement ? Quelles sont nos priorités, nos besoins ? Comme disait Fromm dans les années 70, avons-nous encore le temps d’ « être », simplement ? Et le rêve, est-ce un mot qui a encore un sens ? On a un peu l’impression, a contrario, que Saint-Exupéry n’est pas encore dans les starting blocks avec « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.» Ça batoille, ça batoille… On en oublie presque de regarder les paysages en même temps c’est pas bien grave parce qu’il pleut. Et à dire vrai, la forme n’est pas fantastique aujourd’hui. Sûrement le jour de pause qui nous  a plombé disent certains J (t’inquiètes pas maman, on va quand même en faire d’autres…). On décide, en bons utopistes, de s’arrêter vers 15h pour mieux repartir vers 18h avec des températures plus fraîches…Vous l’aurez deviné…Que nenni ! Après avoir planifié la suite du voyage, discuté avec un cyclo coréen qui nous déconseille d’aller rouler en Corée malgré les plus de 500 warmshowers et donc décidé de ne pas aller en Corée, l’équipe gloutonne un méga bon et gros muffin. Cette fois, c’en est fini J, on restera à Cromwell pour la nuit. On débarque dans un motor camp qui semble un peu désaffecté…mais non il y a bien quelqu’un à l’office. 30 kiwi dollars…on ne va pas s’étendre mais on le déconseille vraiment. La propreté de la cuisine donne envie de prendre ses jambes à son cou (et faut voir le poids des jambes, ça donne à réfléchir.. !). Les toilettes ne se ferment pas et les douches semblent dater de Mathusalem. Ces derniers faits s’expliqueront le lendemain lorsque Dupond et Dupont passeront devant la toute nouvelle cuisine au début du camp et d’autres douches/toilettes….On a le chic pour dénicher les sanitaires bien désaffectés :-) Ça a peut-être des points positifs qui sait… 

Jour 40 : Cromwell – Ranfurly - 122 km – 6h30 sur le vélo

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On ne se fait pas prier pour filer et se lancer donc sur le rail trail…Fantastique de rouler sans voiture ! Par contre, les paysages sont plus arides et monotones. L’objectif de la journée est à 130 km. Il est 13h, on en a fait 30…hum…ça va pas être simple. Vers 20h, on arrive à Ranfurly. Ville qui nous accueille avec un panneau disant : « To avoid fatigue, make a stop at Ranfurly » :-) On n’est pas prêts d’hésiter ! Un holiday park comme on les aime après une grosse journée de vélo, c’est-à-dire quasi vide :-) On a presque l’impression d’avoir notre propre salle de bain et de cuisiner à la maison. ;-) La météo annonce un bon vent de face demain dès la mi-journée, on se lèvera donc tôt.

Jour 41 : Ranfurly – Middelmarch - Dunedin – 143 km dont 67 km en vélo – Le shuttle de luxe…

Réveil tôt mais départ tardif ;-) L’objectif d’atteindre Dunedin aujourd’hui semble faire sourire et étonner les quelques personnes avec qui l’on parle… Hum…direction iSite. En effet, de belles côtes nous attendent…et il ne nous reste pas beaucoup de jours avant notre départ de Christchurch. On a le choix, rouler jusqu’à Palmerston en quittant le trail puis rouler plus au nord le lendemain et laisser tomber la ville de Dunedin OU rouler jusqu’à la fin du trail, Middelmarch, et prendre un bus jusqu’à Dunedin. Nous choisissons cette dernière option ! Le prix du billet nous étonne un peu pour la soixantaine de kilomètres….Ahahahaha Dupond et Dupont se retrouvent dans un shuttle (donc un taxi !), rien que pour eux et The Beast, roulant en direction de Dunedin. On ne mentionnera que brièvement le trajet un peu stressant entre Clyde et Middelmarch pour prendre le « bus » à 15h45. Si vous entendez parler d’un tandem roulant comme un bossu sur l’Otago rail trail, ben c’était nous :-) 30 km de piste avec une moyenne à 30 km/h ! On n’est pas très fiers en fait…c’est pas tout à fait l’endroit pour faire de la vitesse. On ne mentionnera pas du tout le moment où l’on a sorti le…téléphone satellite avec une batterie pas chargée pour appeler l’agence et décommander le billet….le retour de la famille Fenouillard ou les Bidochons :-) Dunedin nous promet de belles vues sur l’océan, des pingouins et des otaries à fourrure, de l’art néo-gothique…voilà le programme de demain !

Jour 42 : Dunedin – Dunedin – 30 km - jour de pause

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Bon ben c’est nos derniers kilomètres kiwis…on vole dans 2 jours pour Sydney ! Petit tour en ville. Aaaah ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu de…cloches ! Une ville, une vrai J  Reste à réserver notre billet de sortie du territoire australien. Hum mais alors on va où ? Cambodge ? Vietnam ? Dans un premier temps, direction….la bibliothèque ! C’est un peu le stamm de certaines :-) Aaaah ça fait même du bien ! Faudra m’expliquer un jour pourquoi il y a toujours des gens « bizarres » qui errent dans ces bibliothèques…Celle de Dunedin bat à plat de couture celle de la Riponne ou la Banane… On a même trouvé le « doppelgänger » du viel homme au sac à dos et parapluie qui arpente les rues de Lausanne. Bref…on se plonge dans guides, images et blogs de cyclos en Asie du sud-est. On découvre même notre site en référence chez certains qui nous ont pris comme inspirateurs :-O ça fait plaisir ! Après 5h, notre choix est fait !!! On volera le 24 février pour….surprise ! Il est 17h30, l’après-midi a filé comme jamais. On profite des derniers rayons de soleil pour filer sur la péninsule et essayer de voir des otaries et/ou des pingouins. Ces derniers seront vraisemblablement plus difficiles à voir car ils ne rejoignent le rivage qu’à la tombée de la nuit… Pour nous qui sommes en tandem c’est pas vraiment idéal….On pensera donc otarie très fort et hop ! En voilà une sur le sable ! On a failli ne pas la voir tellement son mimétisme avec le sable est probant. Elle ressemble de loin à un ours polaire mais non, non, c’est bien une otarie J On s’en approche tranquillement. Et nous voici à 5 m d’une belle otarie à fourrure ! A vrai dire, on n’oserait pas franchement s’en approcher plus… :-D D’ailleurs, en ouvrant un petit guide quelques heures plus tard, nous découvrons qu’il est recommandé de rester à une distance de 10 m…

Jour 43 : Dunedin – Christchurch – dernier bout de côte néo-zélandaise en bus – 3km vélo, 361 km en bus

Ces derniers kilomètres, nous les ferons en bus (en vrai cette fois). 7h de bus pour rejoindre Christchurch. On débarque dans une ville dévastée par le tremblement de terre de 2011 et qui semble avoir de la peine à se relever. Assez tristounet. Nous rejoignons assez vite la maison de notre dernier hôte warmshower néo-zélandais. Super dernière impression ! Bettie nous accueille à bras ouverts. Après 16 années passées à l'étranger dont 5 à…Bâle (!), cette voyageuse est de retour en Nouvelle-Zélande. Elle confie, en rigolant, que la dernière fois qu’elle est rentrée au pays en décidant de s’y (r)établir, elle est partie 6 mois plus tard. Intéressant aussi de discuter de la Suisse avec elle et de découvrir une vision « étrangère » sur notre pays. Elle nous dit qu’en Suisse tout se passe bien à partir du moment où l’on connaît les règles à suivre ET qu’on les suit ! Tiens, il y a des règles chez nous ? J Par exemple, en Nouvelle-Zélande lorsqu’un nouvel habitant arrive dans le quartier, les voisins ont coutume d’aller se présenter et offrir un petit quelque chose pour souhaiter la bienvenue. Elle était assez étonnée que personne ne soit venu sonner à sa porte à Bâle. Ce n’est que bien des années plus tard qu’elle comprendra, qu’en Suisse, c’est exactement l’inverse ! Le nouvel arrivant « doit » aller se présenter auprès de ses voisins. Cela ne nous étonne pas beaucoup. Nous lui expliquons qu’une des différences que nous avons remarquées après 6 semaines en Nouvelle-Zélande est le contact facile des kiwis. En effet, ici, tout le monde parle à tout le monde. On t’approche très facilement dans la rue « Hey, waow, what an awsome bike ! Where are you from ? etc… » et la seconde suivante, pouf, la personne est repartie aussi vite qu’elle n’est arrivée ! Chez nous c’est plutôt l’inverse qui se produit. Le suisse n’a pas envie de déranger, est dans ses petits chaussons et n’entrera pas aussi facilement en contact. Par contre, quand il le fait, il « s’investit » un peu plus, si on peut dire ça comme ça. Notre dernière nuit kiwie est plus que parfaite ! L’équipe dormira dans des draps de soie :-) Merci Bettie !

Jour 44 : Christchurch – Christchurch Airport – 4 km – Bye bye New Zealand

On a du pain sur la planche ! Un tandem à packter paraît-il…Toujours assez stressant l’affaire…On va, dans un premier temps, à l’aéroport en repérage pour : voir si on peut acheter une box là-bas (Bettie habite à 2 km de l’aéroport et les magasins de vélo ne courent pas les rues), savoir si l’aéroport ferme ou non pendant la nuit et connaître nos limitations en kilos. Hum, le magasin qui emballe et vend les box ferme à 18h30. Ce sera notre heure limite. L’aéroport ferme entre 2h et 3h du matin. Vu que nous volons à 6h et devons enregistrer nos bagages à 3h, ben on doit passer la nuit quelque part. Des petites choses toutes simples peuvent vite devenir problématiques avec un vélo de 29 kg et des bagages d’un certain poids….Si nous packtons chez elle, comment nous rendons nous à l’aéroport à 2h du mat’ ? En taxi ? Oui mais il doit avoir un grand coffre…On décide d’y aller en tandem et de packter directement là-bas. On aura…1h top chrono ! Joli challenge… On va peser et repeser notre matos ! Objectif : 1 tandem dans une boîte pour 1 vélo, max 32 kg (le vélo sec pèse 29 kg et la box 3kg…), assembler nos sacoches pour arriver à deux assemblages de max 23 kg ! Et ben, 1h après, c’est fait ! On a dû enlever la fourche et le guidon avant que l’on mettra avec un sac et la tente en priant pour que tout arrive entier. Il est 18h39, 12h avant notre décollage…Une ginger beer plus tard et quelques chips, on rejoint l’espace lounge où nous pourrons essayer de dormir dans un sacco… Certains seront plus frais que d’autres à 3h quand il sera question du check-in… Les vidéos à l’appui le montreront aisément :-) Cette fois on y est : bye, bye New-Zealand ! Good morning…(pas encore Vietnam ;-) mais Sydney !

 

 

 

 



Commentaires (3)

1. Arlenevak 23/07/2017

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2. Julie & Edgar 13/02/2014

Merci a vous de nous suivre !!!

3. JACCAUD Daniel 12/02/2014

Super récit et belle aventure vécue par votre intermédiaire ! Pour tout cela, mille mercis et bonne continuation, sans les "moustiques" j'espère .... Amitiés.

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